‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 89 sur 121 · L'EMPRUNT AUTRICHIEN A PARIS (1810). ;J8I · texte numérisé non relu

L'EMPRUNT AUTRICHIEN A PARIS (1810). ;J8I

nople et envoyer aussi tout de suite un négociateur à la frontière serbe

Toute tentative d'établir notre influence exclusive sur la Serbie fera certainement grand bruit en Russie

Quant à conseiller à Gonstantinople la cession des deux Principautés , point auquel l'Empereur Napoléon a fait allusion dans son entretien avec moi, cela me paraît d'autant moins conforme à notre intérêt que nous trouvons dans la promesse de ce Souverain un motif bien fondé de douter que la Russie fasse désormais de nouvelles conquêtes.

Dans ma conduite à l'égard de l'Empereur des Français et de son ministre, Votre Majesté voudra bien ne voir que l'intention de nous tenir à l'abri de toute complication inutile avec la Russie; Elle daignera reconnaître qu'une attitude moins prudente aurait donné beau jeu au Cabinet français pour nous brouiller avec cette puissance. Notre but principal devait être de nous éclairer le mieux possible sur les intentions de la France; or je me flatte d avoir atteint ce but.

L'explication de la longanimité dont Napoléon a fait preuve à l'égard de la Russie ainsi qu'envers nous se trouve dans la manière déplorable dont marclient les affaires d'Espagne. Sans les embarras qu'il éprouve de ce côté, sa conduite aurait été toute différente de celle qu'il tient actuellement.

l'emprunt autrichien a paris *.

(Note 52, p. 235, t. I.)

171. Metternich à l'Empereur François (Rapport), Paris, le; 23 août 1810.

171. Un rapport circonstancié adressé par le banquier Eskeles à la Chambre des finances mettra Votre Majesté par-

* L'emprunt autrichien de 35 à 40 millions de florins (sur le pied de vingt florins) devait s'ouvrir à Paris, à Genève et à Amsti-rd.im. Lorsque Napoléon, dans son voynge dans les Pays-Bas, où il conduisait l'iuipératrice Marie-

382 RECUEIL DE DOCUMENTS (n73-1815).

foitement au courant des négociations qu'il a entamées depuis son arrivée à Paris.

J'ai pris à tâche, depuis le premier jour de sa présence ici, de l'assister de mes conseils et de lui prêter un concours effectif; aussi ai-je été assez heureux pour obtenir un délai pour le payement des trois derniers termes de la contribution de guerre ainsi qu'une autre répartition des sommes à verser : le délai est porté à huit mois, et la répartition est tout à fait conforme à la proposition d'Eskeles.

Relativement à la question de l'emprunt, j'ai eu plusieurs entretiens avec Eskeles avant de me croire en mesure de faire ici quelque démarche formelle.

A mon avis, 1 emprunt est subordonné à deux conditions séparées, également essentielles:

1° Au consentement effectif de l'Empereur des Français;

2° A notre crédit plus ou moins grand.

D'après toutes les assurances réitérées de bon vouloir, d'après les témoignages de bienveillance que le Gouvernement français nous donne tous les jours dans une affaire qui est bien plus contraire que favorable à l'intérêt particulier, exclusif de la France, la première de ces conditions se réalisera certainement, et je regarde ce point comme réglé dès maintenant.

Malheureusement le crédit de l'Autriche est tombé bien bas. On nous reproche l'inexécution de conventions antérieures : ce reproche nous fait surtout du tort en Hollande. On se défie beaucoup des mesures financières que nous prendrons pour l'avenir; cette méfiance est générale.

J'ai cru devoir faire faire à Eskeles la connaissance du chef actuel de la maison Perregaux. Le banquier Lafitte jouit de la pleine confiance du Gouvernement ainsi que de celle du public; il est un des directeurs de la Banque de France, de plus, le chef de la maison la plus considérée du pays; il est

Louise, passa par Bruxelles, il annonça lui-même aux autorités de celte ville la résolution qu'il avait prise de consentir à ce que l'Empereur d'Autriche fît un emprunt en France. (^Note de VEdilenr.)

Page 1