‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 20 sur 62 · MISSION DE HUMMF.LAL'ER A LONDRES, AU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

MISSION DE HUMMF.LAL'ER A LONDRES, AU PRINTEMPS

DE l'anni.e 1848.

(Page 23.)

1943. Mémoire de Ilummelauer pour le prince de Metternich (sans date*).

1943. Le surlendemain de la retraite imposée par la violence au comte de Ficquelmont, je reçus du conseiller d'Etat baron de Lebzeltern l'ordre d'aller immédiatement à Londres. Je lui demandai si, en l'absence d'un ministre des affaires étrangères, il me donnerait des instructions; il s'y refusa et m'invita à parler au comte de Ficquelmont, qui me donna connaissance d'une dépêche n" 1 dont la date était en blanc et qui avait été préparée plusieurs jours avant sa retraite. Je devais porter à la connaissance du Gouvernement anglais les suggestions qui y étaient contenues, et voir si l'on serait disposé à les accueillir.

Comme le comte de Ficquelmont n'était plus ministre et que le baron de Lebzeltern déclinait la responsabilité d'instructions à donner; comme, d'autre part, je ne pouvais pas accepter une mission à l'étranger à moins de l'avoir reçue d'un ministre responsable, le baron de Lebzeltern parla de cette question au président du conseil des ministres, et le baron de Pillersdorf me fit venir chez lui.

11 me dit : « Nous sommes dans l'impossibilité de vous donner des instructions positives. Il est ur^jent pour nous de liàler la fin des complications italiennes. Voyez quel appui il y aurait à obtenir du côté du Cabinet anglais. La considération la plus importante pour nous, c'est le transfert d'inie partie de la dette publique à ces pays. Les moyens de faire la guerre de manière à en finir {)romptement nous font défaut, et même une victoire ne mettrait pas fin à la complication. Vous ferez un rapport sur la situation telle que vous la trouverez. »

Telles sont donc les seules instructiotis véritables que j'ai

• Nous n'Iiôsitons pas à reiirodiiire ici ce dociiiTKMit d'une iiiiporlancc si (;onsidi'ral)le pour l'Iiisloircî de celte épo^pic, d'autant plus rpi'il est accou)pa- >ju('- d'une note ciitirpie dont Meliernicl» est l'auteur. (J\ole de l' lùltteur.) VIII. 29

reçues, et cela concorde avec ce que le comte de Ficquelmont dit, dans ses Éclaircissements, pa(>e 27*, sur le but de ma mission :

« Vu sa nouvelle organisation, l'Autriche avait un intérêt capital à savoir quel était le véritable but de l'Angleterre en persévérant dans une conduite ambiguë qui n'avait plus de raison d'être actuellement, et jusqu'où, elle comptait pousser son hostilité à notre égard. «

Le point de départ de ma mission et le caractère qui la distingue sont ainsi parfaitement définis.

A mon arrivée en Angleterre, je trouvai ce pays bien plus défavorablement disposé pour l'Auttiche qu'on ne se l'était figuré à Vienne. Depuis plusieurs années, l'idée que l'Autriche fût capable d'un acte de vigueur avait de plus en plus perdu du terrain. On connaissait notre situation en Italie, où nos troupes, réduites à la possession de Vérone et à l'occupation de Mantoue et de Peschiera, étaient diminuées par suite des pertes éprouvées lors de l'évacuation de la Lombardie, et manquaient de tout. Si les événements de Vienne avaient à eux seuls surpris le public anglais, la dépêche du 5 avril, adressée au comte de Dietrichstein, nous avait donné le coup de grâce et nous avait perdus dans l'opinion de l'Angleterre, parce que nous n'avions pas le courage de reconnaître à ces événements leur véritable caractère; en même temps, la précipitatiot) avec laquelle les troupes impériales et royales avaient été obligées de quitter la Lomliardie avait détruit la croyance à la possibilité de sauver la Monarchie, même dans les sphères où l'on avait toujours soutenu l'alliance avec l'Autriche. Le Cabinet anglais en masse était entré dans les vues de la révolution italienne, et voulait assurer à l'Angleterre une influence directe en Italie au moyen de la création d'un grand royaume au nord de l'Italie, royaume à former du Piémont, de la Lombardie, de Venise, de Parme et de INIodène, sous la domination du Roi Charles-Albert; aussi les insinuations contenues dans la dépêche n* 1 du... furent-elles

* C'est la |)ublIcation de Ficqiiplmont, mentionnée dans les lettres de Metternich à Léonline, n"' 1787-1788. {Note de l'Éditeur.)

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