MISSION DE HUMMELAUER A LONDRES
Wessenberg et Dobblhoff, ainsi que le prince de Scbwarzenberf^, allèrent à Vienne, où Ton prit la résolution d'accorder au feld-marécbal les renibrts qu'il demandait, de poursuivre la solution des questions pendantes sur le terrain militaire, et de re|)ousser la proposition du Gouvernement anglais. La prise de cette résolution fut favorisée par une circonstance inattendue : juste à ce moment, la presse révolutionnaire, qui jusqu'alors s'était prononcée catégoriquement pour l'abandon de l'Italie et contre tout envoi de troupes dans ce pays, préféra tout d'un coup voir partir les troupes pour l'Italie, afin de les éloigner des provinces héréditaires allemandes.
Les événements ont prouvé que cette résolution n'était pas suffisante pour en finir. Ce n'est qu'au mérite des généraux et à l'abnégation sans pareille de l'armée qu'on a dû de voir les résultats de deux campagnes trancher la question de manière à écarter toute influence étrangère. Mais on ne pouvait pas admettre cela d'avance comme absolument certain, et, au point de vue politique, il fallait donc aussi regarder comme possible un résultat moins décisif. Si la justesse de cette réflexion ne peut pas être contestée, elle devait avoir une valeur encore bien plus positive au moment de ma présence à Londres. Si le succès de nos armes avait été moins complet, nous n'aurions peut-être pas pu garder indéfiniment notre position d.ms la Lombardie, et dans ce cas il eût été dans l'intérêt de l'Autriche d'avoir les moyens de mettre fin à la complication par l'intervention de tierces puissances, de manière à ne pas sacrifier en pure perle une vaillante armée et à sauvegarder autant que possible nos intérêts financiers.
C'est dans ce sens que j'ai agi à Londres. J'ai trouvé le Cabinet anglais en{jagé dans une politique dirigée contre l'ensemble des possessio'.js de l'Autriche ; j ai profité des sentiments personnels du ministre des affaires étrangères, qui nous étaient moins défavorables, et des dispositions franchement a-nicales de Sa Majesté la Reine et du [)rince son é[)Oux, pour restreindre l'hostilité du Conseil des ministres h la base de la conservation de la ligne de l'Adige ou du Mincio et de l'acceptation par la Lombardie d'une part proportionnelle de notre dette publique.
J'ai reçu une offre éventuelle et formelle de l'Angleterre, accompajjnée de la promesse de respecter absolument la liberté des résolutions de la Cour impériale; de toute manière, on a gafjiië ainsi du temps et permis au Gouvernement impérial de réfléchir et de régler ses résolutions finales sur les succès de son armée *.