LA QUESTION ALLEMANDE
États, on ne peut concevoir VÉtat fédéré allemand; cela est vrai de la souveraineté des princes comme de la souveraineté du peuple. S'il y a, relativement à la question dont il s'agit, une différence entre ces idées de souveraineté, elle ne peut se trouver que dans la proportion de la résistance, que la réunion des parties en un seul tout provoquerait chez les peuples à un plus haut degré encore que chez les Souverains effrayés. Des intérêts qui ont mille ans d'existence ont par cela même leur raison d'être bien évidente; or, les peuples entendent la défense de pareils intérêts mieux que les Gouvernements, et cela surtout à une époque comme la nôtre. Le Bavarois ne se laissera imposer ni par Vienne ni par Berlin une loi troublant sa vie intérieure, de même que l'habitant de la basse Saxe ne consentira pas à ce que Munich modifie son existence et son droit local. Le problème tel qu'il est posé est chimérique; en voulant le résoudre, on poursuit un but que la Confédération d'Étals est appelée à atteindre sans obstacle. Quand la tâche pratique consiste à faire la part de V état d'union et de Vélat de séparation, on commet une faute en versant d'un coté comme de l'autre.
Le seul Etat allemand qui pouvait accepter le passage de la situation de Confédération d'Etats à celle cVÉtat fédéré, c'était la Prusse, en supposant qu'elle hériterait du tout en gardant sa part. Or, comme les chances d'arriver à ce résultat ne répondent pas aux vœux de 1 Etat prussien, la réaction commence à se produire, et s'il n'a pas été possible au Gouvernement prussien d'exécuter son projet de conquête, la force de résistance du prussianisme peut suffire à elle seule pour opposer des obstacles insurmontables au principe de l'unité.
L'Etat qui court lo plus de dangers dans la solution finale de la question, c'est l'Autriche *.
* Le prince de Metternich envoya le Mémoire ci-dessus au baron de Wessenherg, avec une lettre où il dit : • Je vouhiis envoyer cet opuscule directement à \r(;r l'Archiduc Jean, en l'accompagnant d'une lettre. Je renonce aujourd'hui (12 août) à cette idée, et c'est à vous que j'adresse mon travail. Lisez-le, il ne vous ajiprendra rien à vous. Si vous voulez le |)orter a la connaissante de l'Archiduc, vous êtes entièrement libre de le faire, comme aussi de laire le contraire. Il n'est pas adressé au ministère de l'Empire, mais
i-IO RECUEIL DE DOCUMENTS (1848-1853). — APPENDICE.