‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 30 sur 62 · SLIR LA QUESTION D UNE MÉDIATION FRANCO-ANGLAISE EN ITALIE · texte numérisé non relu

SLIR LA QUESTION D UNE MÉDIATION FRANCO-ANGLAISE EN ITALIE

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1946. Notes autograplies de MettPinich (sans date). — 1947. Metternich à lord Beanvale (Lettre). Londres, le 12 août 1848. — 1948. Metternich au baron de W essenljerg, ministre des affaires étrangères à Vienne (Lettre). Londres, le 18 août 1848.

1946. La paix intérieure de la Péninsule italienne est troublée :

1" Par la guerre sardo-au(ricliienne;

2° Par la révolte dans l'État de TÉglise, par celle de la Sicile et de la ville de Venise;

3° Par le produit des œuvres de la propagande révolutionnaire italienne et européenne.

Deux éléments contril)uent à celte déplorable situation, l'élément politique et Télément social.

La guerre que le Roi Cbarles-Albert fait à rAutriche est une entreprise politique.

Cette guerre est une entreprise politique, vu son objet, qui n'est autre que l'agrandissement de la puissance sarde. Elle est politique parce que le Hoi cbercbe à masquer sous le voile du secours à prêter à ï indépendance de la nationalité italienne, l'atteinte qu'il porte au respect dû à la sainteté des truites et la manière dont il attaque ainsi dans ses bases le maintien de la paix générale et de toutes les relations internationales. Les révoltes dans l'État de l'Église, en Sicile, et celle de la ville de Venise, n'offrent avec la guerre sardo-autricbienne une différence que par le fait que si dans cette guerre l'élément politique figure en première ligne , c'est l'élément social qui, dans les perturbations intérieures, occupe cette place.

à la conscience de V Archiduc - administrateur de l'Empire, douh\f qualité que sans doute il n'oubli ra jnmais. Si je remets ce travail en vos mains, c'est (|ue je sais apprécier la valeur des mains qui le reçoivent. » Nous ignorons si le baron de Wessenberg a fait parvenir ce Mémoire à son adresse.

(^Nole de l'Éditeur.)

MÉDIATION FRANCO-ANGLAISE EN ITALIE (l848). 471

Abstraction même faite de la question confessionnelle, serait-il possible que les puissances ne tinssent pas compte des conséquences qu'aurait inévitablement, non- seulement pour la catbolicité, mais aussi au point de vue politique, la suppression de Tindépendance du Souverain Pontife par suite de la suppression de la souveraineté temporelle?

Une médiation dans un état de choses où les éléments politiques et sociaux se trouvent mêlés dans toutes les directions, sur quelle base pourra-t-elle reposer?

La seule admissible serait le retour au repos; mais le moyen serait-il approprié à l'objet? Il est clair que de tou? les moyens d'assurer ce résultat, une médiation se présente, d'une part, comme le moins rationnel, et d'autre part, comme celui on les intervenants peuvent le plus facilement se compromettre. Si tel est le cas, et même s'il ne s'agissait que d'un médiateur unique, combien les mêmes considérations ne gagjnent-elles pas en force et en valeur, si on les applique à des puissances qui, dans une pareille entreprise en apparence commune, ne peuvent point, si même elles le désiraient, ne pas apporter les différences qui existent entre leurs intérêts et dès lors également entre leurs vues politiques au sujet de l'objet de leur médiation !

Nous nous contenterons des indications sommaires suivantes, qui devront justifier notre manque de confiance dans une entreprise commune.

Le nouveau Gouvernement français a publié son manifeste politique. Ce manifeste se résume dans l'appui qu'il entend prêter à tout bouleversement qui a pour objet la diffusion et le triomphe des principes sur lesquels repose la république démocratique. Il renfermede plus la déclaration que les transactions des années I8I4 et 1815 ont perdu toute leur valeur en ce qui concerne la France.

Le Gouvernement britannique peut-il entendre sanctionner et soutenir ces principes? Rn s'y refusant (et le refus ne saurait être douteux de sa part), comment la médiation j»ourra-t-elle avancer dans une direction commune, entre des partis qui ne se rencontrent ni dans le point de départ, ni dans le point

lli RECUEIL DE DOCUMENTS (1848-1853J. — APPENDICE.

d'arrivée? Le mal que fait la simple apparence d'une uniformité d'action entre les deux Cabinets n'est pas moins réel, parce qu'elle prête à la faction désorganisatrice des armes qu'elle fait tourner contre le seul objet que le Cabinet britannique puisse avoir en vue, celui de la pacification de l'Italie, et en n)éme temps le seul qui soit conforme à l'intérêt des pays soulevés et du corps social tout entier.

Les vues politiques de la France ont dans tous les temps été dirigées contre l'influence que l'état de possession de l'Autriche au delà des Alpes assure à cette puissance dans la Pfîninsule, à cause de l'obstacle que cette influence oppose aux desseins que nourrit la France en faveur de sa propre prépondérance. Entre-t-il dans les intentions du Cabinet britannique de servir les vues de la France?

La Monarchie sarde a reçu lors de la pacification générale un accroissement de forces dans le but conçu par les puissances d'interposer entre la France et les autres Etats italiens, ainsi qu'entre la France et l'Autriche, un corps politique suffisamment fort pour répondre à ces intéiêts de paix et de conservation. Tout agrandissement de la Sardaigne aux dépens de l'état de possession de l'Autriche, loin de servir ses intéréls ou d'assurer 1 indépendance de la puissance sarde, aurait pour résultat de la confier aux bras protecteurs de la puissance aux dépens de laquelle elle ne se serait point agrandie. L'Angleterre pourrait-elle le vouloir?

Les divergences qui existent, à l'égard du sort de la Sicile, entre les deux puissances médiatrices sont d'une évidence telle que nous regarderions comme inutile toute réflexion sur cette brûlante question.

Est-il nécessaire de prendre en considération la perturbation que le mot « nationalité » et ceux d' « égards dus aux nationalités » jettent aujourd'hui dans la situation sociale et politique? Appliqué à la Péninsule italienne, ce qui se trouve être au fond de l'idée que des mots vides de sens pratique sont appelés à définir, couvre le protectorat de la France sur cette partie du continent.

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