METTEHNICH ET L'ORGANISATION DE LA PRUSSE
comme Test aujourd'hui le Conseil d'Etat prussien, et une représentation centrale composée de délégués des états? Quelques membres du Conseil d'Etat ne pourraient-ils pas, en cette qualité, devenir membres de la représentation centrale?
SUR LES QUESTIONS d'ÉDUCATION, DE SOCIÉTÉS GTMNASTIQUES ET DE LIBERTÉ DE LA PRESSE.
(Annexe du n" 304.)
506. Le Gouvernement prussien pourrait avoir à se prononcer sur d'autres objets peut-être non moins importants par leur conséquences journalières, je veux parler des menées des partis qui troublent l'ordre en Prusse aussi bien qu'en Allemagne.
Les moyens d'enrayer le mal sont de deux sortes. Les premiers et les meilleurs, le Koi les trouvera dans sa propre volonté; quant aux autres, une entente aussi complète que possible entre lui et l'Autriche les lui fournira. Les premiers se rapportent à l'Etat prussien lui-même, les seconds, à une marche commune à suivre dans les discussions de la Diète. Toutefois , par suite de l'entente établie entre les deux premiers États de l'Allemagne, ces dernières donneraient peutêtre des résultats plus certains si l'on engageait des pourparlers contldentiels avec les principales Cours allemandes, avant de porter les questions devant la Diète.
Les objets que nous croyons devoir désigner ici de préférence sont :
L La question d'éducation ,
IL Les sociétés gynuiastiques ,
IIL La liberté de la presse.
L Éducation. Pour tout observateur impartial, il est évident aujourd'hui que les novateurs d'Allemagne, — et c'est dans la classe instruite qu'il y en a le plus, — ont renoncé à l'espérance d'exercer, à leur point de vue révolutionnaire, une influence effective sur la génération active an moment, et particulièrement d'entraîner celte génération à l'action, he succès
d'une pareille entreprise rencontrera toujours des osbtacles dans quelques-uns des principaux traits du caractère germanique. — L'Allemand est flegmatique, réfléchi et fidèle. Il spécule plus qu'il n'agit, surtout quand l'action est inséparable de la dissolution de la famille et de la rupture des liens civils ; de plus, le patriotisme des Allemands porte sur différents objets : dans la patrie commune il y a, depuis qu'elle est constituée, des vœux populaires distincts entre eux; le patriotisme provincial est celui auquel le citoyen allemand est le plus accessible; il s'empare de kii au sortir du berceau, et trente générations se sont succédé sans qu'il y eût une raison de ne pas l'honorer comme le patriotisme le plus immédiat et le plus naturel : car le Brandebourgeois comme l'Autrichien, le Bavarois comme le Hessois, étaient en même temps Allemands. Souvent l'organisation politique des Etats influe encore pendant des siècles sur le caractère des peuples, alors que les institutions elles-mêmes ont disparu; du reste, le souvenir du Saint-Empire est encore récent, et c'est surtout dans les classes inférieures qu'il est encore très-vif. Bien qu'il n'y ait plus d'Empire aujourd'hui , il reste encore une Allemagne , et le noyau des anciennes provinces subsiste encore sous l'autorité des anciens Souverains.
Les novateurs ont compris l'inanité de leur entreprise ; aussi leur plan, depuis qu'ils en ont un, a pris un caractère tout dilférent, et ce caractère lui-même répond à l'esprit et à la situation personnelle des chefs : ce que n'a pu faire la génération actuelle doit rester résert)é à la génération prochaine; toutefois, afin que celle-ci ne marche pas sur les traces de ses devancières , il faut s'emparer du jeune homme aussitôt qu il est sorti de l'enfance et soumettre son esprit à une discipline révolutionnaire.
Là où la révolution, dans l acception la plus brutale du mot, ne peut plus fausser l'esprit des jeunes gens déjà élevés et les pousser à l'insurrection, il faut élever un peuple pour la révolution.
Ce plan est celui que poursuivent quelques-unes des universités allemandes , et si nous ne sommes pas suffisamment