METÏERNICH ET L'ORGANISATION DE LA PRUSSE
renseignés pour pouvoir déterminer jusqu'à quel point un certain nombre de professeurs des universités de Prusse sont initiés à ce plan et travaillent à le réaliser, nous ne croyons cependant pas nous tromper en regardant le fait lui-même comme plus que probable.
Quant à V association des étudiants allemands [Burschenschaft), le Gouvernement du Roi de Prusse sait à quoi s'en tenir sur son compte : on ne saurait faire disparaître assez tôt cette cause de désordre, cela est incontestable. Ce qui n'est pas moins certain toutefois, c'est que ce but ne peut être atteint qu'à la condition d'agir de concert avec les Gouvernements allemands.
II. Sociétés gymnastiques. Cette institution dangereuse est intimement liée à la question des universités ; les inventeurs, l'invention et l'exécution appartiennent à la Prusse.
Le gymnase est, à proprement parler, l'école préparatoire des désordres universitaires. C est là que l'enfant doit devenir jeune homme , de même qu'à l'université ce dernier doit devenir homme par l'éducation.
Nous exprimons notre intime conviction en disant que c'est aujourd'hui pour le Roi un devoir gouvernemental d'extirper le mal. Les palliatifs ont cessé d'être suffisants pour cela. Il faut que toute 1 institution, telle qu'elle existe , soit supprimée ; il faut que tous les établissements soient fermés sous peine de répressions fixées d avance par la loi pour ceux qui l'enfreindraient.
Comme c'est à Berlin même que cette institution a pris naissance et qu elle existe aujourd'hui; comme, d'autre part, les succursales apparaissent comme des loges secondaires se rattachant à la loge mère, il faut, si l'on veut que le remède soit efficace, attaquer le mal dans sa racine. Dans le cas où l'on ne parviendrait pas à en détruire tous les rejetons , il faudrait aussi discuter la question avec les Gouvernements allemands qui manqueraient de clairvoyance et qui voudraient entretenir le mal.
\\\. Liberté de la presse. Ce pi'oblème, le plus difficile de tous, ne peut être résolu, si toutefois il peut l'être définitivement, qu'à une condition : c'est que l'entente soit parfaite entre lAutriche et la Prusse , et qu'on soit d'accord avec les autres Gouvernements allemands.
Toute mesure doit être basée sur les principes suivants :
1° Être aussi large que possible en ce qui concerne les œuvres sérieuses et véritables;
2" Faire une différence très-marquée entre des œuvres de ce genre, des pamphlets et des feuilles périodiques;
3" Tenir compte de lindépendance des membres de la Confédération et de la nécessité d obliger chaque Etat confédéré à avoir une loi réelle , soit préventive , soit répressive.
Ce rapide examen des trois questions conduit à la conclusion suivante :
1° Il faut que la Prusse prenne immédiatement des mesures relativement aux sociétés gymnastiques ;
2" Il faut aviser aux moyens d'ouvrir promptement des pourparlers entre la Prusse et l'Autriche;
3" Il faut enfin que tout ce qui se rattache à cette négociation soit préparé et entamé dans le plus grand secret.
SUR LA QUESTION DES JUIFS EN AUTRICHE. 307. Mémoire rédigé par Metternich en 1818 *.
507. Ledit de l'Empereur Joseph est en pleine vigueur dans tous les États allemands de l'Autriche. La constitution de
* Ce qui semble avoir donné lieu à la rédaction de cet exposé, c'est un « Mi'moire sur l'état des israciites, par un ministre du saint Evanf[iie », qui fut dédié et remis aux Souverains réunis au Conf;rès d'Aix-la-Gliapelle. Indépendamment de cet écrit, les représentants des israélltes de V'iennc avaient fait parvenir à l'Empereur une requête ayant ])Our objet d'obienir une enquête sur l'état de la Ié[|islali{>u relativement à la condition civile de leurs coreligionnaires. (Note de l'Éditeur.')