‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunisChapitre 92 sur 118 · L'AUTRICHE ET LA RÉVOLUTION DE NAPLES · texte numérisé non relu

L'AUTRICHE ET LA RÉVOLUTION DE NAPLES

Par contre, il est à coup sûr important, il est désirable que l'Autriche puisse compter fermement sur le repos absolu en Allemagne pendant qu'elle consacrera ses soins et ses forces à une entreprise qui intéresse la sécurité de tous. Quelques vives préoccupations que le sort de l'Italie puisse causer à lEmpereur dans le présent ou dans l'avenir, Sa Majesté n'en continuera pas moins de prendre aussi vivement à cœur les questions qui intéressent l'Allemagne, et de remplir dans toute leur étendue ses devoirs de membre de la Confédération. Mais ce qui procure à Sa Majesté une satisfaction inexprimable, ce qui la tranquillise par-dessus tout, c'est qu'Elle peut se dire que notre patrie commune n'aura rien à craindre aussi longtemps que les Cours d'Allemagne seront guidées par ce vif sentiment du devoir queleur impose la gravité delà situation politique actuelle, et par cet esprit de concorde, de fermeté et de sagesse qui s'est révélé avec tant d'éclat aux dernières conférences de Alenne et qui, même depuis la clôture de cette réunion, s est afllrmé de la manière la plus digne par la conduite et par l'attitude de quelques-uns des premiers Gouvernements confédérés. L'Allemagne recueillera une gloire signalée si elle trouve dans la sagesse et dans la résolution de ses Souverains, dans le maintien fidèle des constitutions existantes, dans la loyauté de ses peuples et dans la puissante garantie du lien fédéral , les moyens et les forces dont elle a besoin pour conserver, au milieu des tourmentes qui menacent l'existence même de la société, sa paix intérieure, ses institutions légales, son indépendance, sa dignité et son caractère traditionnel. Sa Majesté est convaincue qu'aucun de ses nobles confédérés allemands ne sera indifférent à une telle gloire, et Elle-même s'estimera heureuse de pouvoir espérer d'en recueillir un jour sa part, et de trouver sa récompense dans la conscience de n avoir reculé devant aucun effort, devant aucun sacrifice pour atteindre ce grand, ce noble but.

Dans un moment où les événements dont l'Italie vient d'étie le théâtre ne réclament que trop l'attention des Cours d'Allemagne, Sa Majesté Impériale et Ilovale a pensé que ce serait agir dans l'intérêt commun de ses confédérés que d'instruire

confidentiellement Sa Majesté le Roi de ses vues personnelles, ainsi que de sa ferme résolution.

Dans ce but, j'adresse à Votre Excellence la présente lettre confidentielle.

Je saisis cette occasion pour assurer Votre Excellence des sentiments de haute considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc., etc. *.

Gentz à Metternich (Rapport), Salzbourg, le l*^"" août 1820.

479. ...Dimanche, à onze heures, je me rendis à Nymphenhur^j. Le Roi me reçut avec sa bienveillance et son affabilité habituelles. Il venait de recevoir du comte de Rechberjj la <lécIaration de Votre Altesse (ii" 478); il promit de la lire trèsattentivement. Je me trouvai donc aussitôt amené à parler du contenu de ce document, qu'il approuva franchement et sans restriction. Voici comment il s'exprima à cet égard: « Les sentiments de Sa Majesté l'Empereur, dit-il, l'invariable fermeté qu'Elle montre dans les bons comme dans les mauvais jours lui sont connus depuis longtemps; il peut facilement se représenter ce que doit penser l'Empereur de scandales tels que la révolution de Naplcs. Il faut que tous nous remerciions Dieu d'avoir donné aux Princes allemands un chef de file comme l'Empereur. Quant à lui, le Roi, il n'était pas plus partisan du

régime constitutionnel que l'Empereur, et si le Congrès de

1815 n'avait pas gâté tout son jeu, il ne se serait certainement jamais engagé à ce point. Quoi qu'il en soit, il s'en était tiré,

Dieu merci, à bon marché ; à présent, le d lui-même ne lui

ferait pas faire un pas de plus, n Pendant celte tirade, il lança, mais seulement en passant, (pielques récriminations relativement au passé et aux incidents survenus entre la Cour impériale et la Cour de Bavière, et l'entrevue se termina d'une manière vraiment cordiale : le Roi finit par me dire quelques

* De semblables déclarations ont été adressées aussi aux autres Cours d'Allemagne. (Note de V Editeur.)

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