‹ Mémoires. Documents inédits concernant la provinceChapitre 22 sur 70 · LISTE DES ABBESSES · texte numérisé non relu

LISTE DES ABBESSES

1156. Ade.

1246. Mathilde et Adèle.

1285. Agnès.

1303. Jeanne.

1312. Anne de Saleu.

1370. Marguerite I. N.

1443. Marguerite IL N.

1449. Jeanne Prévôt.

1500. Anne de Roques.

1512. Jeanne Le Ver. Famille d'Abbeville.

1515. Marguerite III de Roques.

1548. Françoise de Boffles.

1566. Antoinette de Héricourt. Famille alliée à celle de Boffles.

1580. Jacqueline Levasseur. Famille d'Abbeville.

1589. Anne de Bourdin. Famille alliée aux Tiercelin de Saveuse, qui ont fourni des gouverneurs à Doullens.

1638. Gabrielle de Forceville. Cette famille eut dans Adrien de Forceville un lieutenant de roi à Doullens, en 1616.

1685. Elisabeth de Séricourt d'Esclainvillers.

1712. Jeanne de Séricourt, nièce de la précédente, élève du lieu.

1723. Marie-Rénée de Boufllers de Rémiencourt. Le Nobiliaire de Picardie dit que Henri, seigneur de Boufllers, est mentionné dans les titres de l'abbaye de Saint-André de Dourlens, dès Tan 1248, avec Elisabeth de Brimeu, sa femme. Nous n'avons pas trouvé trace de cette abbaye de Saint-André. 11 y a sans doute erreur dans ce renseignement qui s'applique probablement à l'abbaye de Saint-André-les-Beaurain.

1727. Marie-Anne Le Boucher d'Orsay-de Marolles. Ancienne f;»mille connue depuis

1776. Angélique-Charlotte de Mascrani. Famille originaire du pays des Grisons, anoblie par Louis XIII, qui lui permit de porter dans ses armes un écusson d'azur chargé d'une fleur de lis d'or.

1789. Madeleine-Françoise Momonnier.

Prieuré de Saint-Pierre.

iSa situation. — Sa fondation. — Litige à son sujet. — Son incorporation au prieuré d'ÀbbeviUe. —

La ville en achète le manoir.

Outre le prieuré de Saint-Sulpice, Doullens compta encore celui de Saint-Pierre-la-hors, ainsi nommé, de sa situation hors et près de la porte Saint-Ladre. Il parait avoir été conventuel et de l'ordre des Bénédictins de Cluny. Sa fondation, œuvre d'un comte de Ponthieu, est restée un fait d'assez peu d'importance ; et le silence presque complet des archives de la ville et de la tradition locale, laisse croire que cet établissement n'eut guère de prospérité. Un peu de bruit seulement a été fait à son sujet, en 1367, à l'occasion de redevances féodales que les prieurs de Saint-Pierre de Doullens et de Saint-Pierre d'Abbeville revendiquaient à l'encontre de celui de Saint-Sulpice. Le différend fut terminé par une transaction dont l'original existe encore aux archives de la ville. Cet acte sur parchemin porte les restes des sceaux des trois prieurs.

Mais cet arrangement ne rendit pas la maison plus prospère. Son peu de vitalité, joint

aux calamités que les guerres entre la France et l'Angleterre amassèrent sur le Ponthieu, décida son extinction et son incorporation au prieuré de Saint-Pierre d'Abbcville, qui possédait déjà une propriété foncière à Barly.

Après ce transport du prieuré de Saint-Pierre de Doullcns, la ville en acheta le manoir, en 1367, moyennant 60 livres parisis de renie annuelle. Le prieur d'Abbcville en avait conservé les droits seigneuriaux, selon l'usage, mais le corps de ville en lit encore l'acquisition, bientôt après, à \h condition que la renie à payer serait de 75 livres, au lieu de 60 (1). Le contrat reçut une nouvelle ratification le 15 février 1615.

Ainsi disparut pour ne plus laisser de traces, après une existence d'emiron deux siècles et demi, le prieuré de Saint-Picrre-la-hors ; et le lieu de son berceau, à deux pas de la maladtfcrie , de l'autre cAtéde la route de Doullcns à Auvi-le-Chiileau, ne fut plus qu'un fief de la commune, fière d'y exercer, comme sur ses autres dépendance», les droits de seigneurie, avec toute justice, haute, moyenne et basse.

S- iv.

Filles pénitentes.

Leurs bienfaiteurs. — Lettres d'amortissement de Philippc-lc-Bcl ni leur faveur.

Une charte de 1312 nous révèle l'existence de filles réunies en société à Doullcns sous le nom de filles repenties. Elles trouvèrent des bienfaiteurs dans Renaut (ou Regnard), abbesse, Jean Grinchon, Michel Engelard (2) et autres. Mais elles puisèrent leurs principales ressources clans les cens et revenus dont étaient dotées certaines confréries ou charités de la ville auxquelles elles paraissent avoir succédé. En effet, outre la maladrerie et l'hôpital, Doullens comptait alors encore plusieurs petites léproseries ou confréries instituées dans le but de soulager les indigents, et qu'on désignait sous le nom de charités, nom qui était même donné à la rue dans laquelle elles se trouvaient en partie situées. Ainsi les titres nous parlent des charités du Saint-Esprit, de la Sainte-Vierge, de Saint- Jacques, de Saint-Eloi, de Saint-Gilles, de Saint-Nicaïse, de Saint-Nicolas, etc. Or les ressources de ces petites associations furent abandonnées aux femmes pénitentes, sans doute à la condition de s'occuper des pauvres.

Le 12 novembre 1312, le roi Philippe-le-Bel amortit ces diverses possessions. Ses lettrespatentes commencent ainsi : Philippus Dei gratta rex.... quum ex parte tnulierum peniten-

(1) Dans le siècle dernier, il n'était plus payé que (2) Une charte de 1318 parle de monseigneur Jac-

trois setters de blé, 15 livres. quemon Engelard. (Inv. de l'abbaye du Gard.)

liutn vulgariter vocatarum repenties de Dolentio nobis fuit humiliter supplicatum quod eisdem concedere dignaremur ut quosdatn redditus minutos duduw quibusdam caritatibus seu confrariis quœ in dicta villa fiebant debitos, et supra certis possessionibus assignatos..f. tenere possint et perpetuo possidere. Le monarque dit ensuite qu'afin d'agir avec plus de sûreté, il a voulu s'en rapporter à la décision du bailli d'Amiens, renseigné par le maieur et les jurés de la ville de Doullens, et il énumère les divers cens dont on lui demande l'amortissement. Cette pièce contient des noms et des désignations précieux à recueillir pour se rendre compte de l'état topographique de la cité à cette époque. Nous en avons fait usage au premier chapitre de la première partie de cette histoire.

Les lettres patentes de Philippe-le-Bel se terminent par une phrase que nous citerons encore dans le texte latin, parce que l'élégance du style y fait un contraste remarquable avec la teneur ordinaire des chartes de cette époque : Nos igitur atlendentes quod mulieres prœdictœ, mundanœ lubricitatis flagitio et luxuriœ fœditate reliclis , eJegerunt Deo famulari in fructu continentiœ et munditiœ castitalis quas noslris temporibus in regno nostro prœcipue augeri aipimus y prœdictas possessions confirmamus, ratas et gratas habentes, etc.. Actum apud régalent locum prope Compendium (Compiègne) anno Domini ecc duodecimo mense novembri(l).

C'est la seule mention que fassent les titres des femmes repenties de Doullens. Le P. Daire, qui ne donne pas non plus sur elles d'autres détails, ne nous dit même pas la rue qu'elles habitaient, bien loin de nous apprendre l'in>portance de leur maison, leur genre de vie, la durée de leur existence comme association.

Cordeliers.

Leur fondation. — Leurs bienfaiteurs principaux. — Situation de leur maison. — Louis XIV les transfère dans nouveau monastère qu'il leur fait construire. — Un mot de critique. — Suppression du couvent.

Le couvent des religieux de Saint-François, à Doullens, était moins ancien que les deux qui appartenaient à l'ordre de Saint-Benoit. Sa fondation ne date que de l'année 1459. « Comme d'après les bulles pontificales, les Bénédictins avaient seuls le privilège d'auto- » riser la construction de toute église ou chapelle dans l'intérieur de la cité, il en résultait » qu'aucune congrégation ne pouvait y prendre racine sans leur assentiment ; et l'on coçoh- » prend qu'ils étaient intéressés à empêcher l'établissement d'un ordre rival, qui aurait » amoindri la prépondérance dont ils jouissaient (2). »

(!) Areh. imp. Sect. hist. J. Reg. 48. n° 126. (*) M. de BeauviUé. Histoire de Mmtdidier.

Ce fut aux libéralités de Charles d'Artois, comte d'Eu, seigneur de Saint-Valéry, ainsi qu'aux bienfaits de la maison de Saveuse et de Jean de Belloy, seigneur de Candas et de Belloy-sur-Somme, marié à Blanche de Saveuse, et capitaine d'Amiens, que les Cordeliers de Doullens durent leur fondation. Le premier de ces bienfaiteurs avait épousé en premières noces, en 1448, Jeanne de Saveuse, morte six mois après, sans enfants. Sa seconde femme, Hélène de Mclun (1), ne lui ayant pas non plus donné de postérité, il mit fin à la branche masculine de ce nom ; et, par son décès, le comté d'Artois fit retour à la couronne de France. C'était donc dans un but propitiatoire, et en mémoire de :-a femme, que la piété de Charles aidait à l'établissement des nouveaux religieux.

La famille de Saveuse tient une belle place dans l'histoire de Doullens ;2). La Chronique de Pierre Le Prêtre, abbé de Saint-Riquier, fait l'éloge du membre de cette famille dont il est ici question. Il était, nous dit-elle, « moult renommé en faits de guerre, » et se voyant sans enfants, il fonda trois couvents de Saint-François et de Sainte-Claire, auxquels il avait une particulière dévotion ; l'un, à Arras ; l'autre, à Amiens, « où sont frères et >œurs, et » ung aultre à Dorlens, auquel ne sont que frères. » Il mourut à Amiens, en 1467. Cette famille était alliée à la maison de Sailly, dont l'un des membres, François de Sailly, fut religieux cordelier à Doullens, dès l'origine de rétablissement, et est donné par le JVb&t- Uaire de Picardie comme un homme de sainte vie et de haute vertu. Elle fournit une femme au brave Antoine de Créquy-Pont-Dormy, qui défendit Doullens, et en construisit le premier château. Plus tard, elle donna lejour à plusieurs gouverneurs de la ville et de la citadelle. Il était donc naturel qu'elle laissât à Doullens, et en particulier au couvent des Cordeliers, des marques de sa munificence.

Quant à la famille de Belloy, nous avons dit que depuis longtemps elle possédait un hôtel à Doullens, sur la rivière, au lieu où fut assis le moulin du roi. Dès le \ine siècle, ce nom est connu dans les chartes, et Guy de Candas, seigneur de Belloy-sur-Somme, jouissait, avant 1287, du droit de travers dans la ville.

Ce fut sur les bords de la rivière d'Authie, au lieu occupé aujourd'hui par l'esplanade de la citadelle, que les Cordeliers placèrent leur berceau à Doullens. Ils y restèrent l'espace d'environ deux siècles, et leur maison, par une heureuse exception, échappa à t'incendie allumé par la main des Impériaux, qui fit de la ville, en 1522, un monceau de débris fumants. Environ cent ans après, le roi ayant résolu d'achever l'esplanade de la citadelle, les fit transporter au lieu qu'il* occupèrent dans les derniers temps, et leur construisit, à ses dépens, un nouvel établissement, vers Tan 1637. Le P. Daire nous apprend qu'on voyait dans leur ancienne église le tombeau du sieur Destufayc, grand chambellan d'un duc de Bourgogne, et celui de Jean de Belloy, fils du fondateur du même nom ; il a omis de men-

(1) C'est par la mère de cette Hélène, qu'une (3) Dans une charte de 1151, relative au chapitre

branche de la famille de Boubera, qui possède au- d'Amiens, on lit parmi les noms des témoins, ceux

jourd'hui le château de Long, est allée se perdre dans ri'Ibert de Dourlens et d'Enguerrand de Saveuse. la maison de Meluu.

L'hôpital de Doullens ayant été converti en hôpital militaire sédentaire pour recevoir lest nombreuses évacuations de malades et de blessés de l'armée du Nord, en 1794*0 a trao** porta les infirmes de cet établissement dans les bâtiments des anciens Cordelière, jusqu'en 1796. Puis le couvent disparut, emporté par la tempête révolutionnaire. Vendu comme propriété nationale, il fut démoli et remplacé par Y Hôtel de Londres, puis par une ivaisont particulière qui jouit aujourd'hui de toutes les conditions d'utilité et d'agrément que le* anciens religieux savaient si bien réunir dans le choix du terrain et dans l'ordonnance des lieux où ils devaient asseoir leur établissement (1).

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