‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 37 sur 47 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Mon séjour à Rome.

A la Secrétairerie des Afiaires Ecclésiastiques Extraordinaires. — Mes rapports avec le souverain Pontife et confiance particulière qu'il me témoigna. — L'Encyclique sur la dondition des ouvriers.

Dès mon arrivée à Rome, je rendis visite au cardinal Secrétaire d'Etat, le cardinal Rampolla, qui m'accueillit avec la plus grande courtoisie et la plus entière cordialité.

Le cardinal m'exposa plus en détail les raisons de confitiice et d'estime qui avaient décidé le Saint-Père à me rappeler de Belgique, et m'exprima son plaisir personnel de m'avoir à ses côtés dans la direction de la politique du Saint-Siège. Il ne me dissimula point qu'il m'imposait un sacrifice, mais il ajouta qu'il connaissait trop mon dévouement -et mon attachement pour douter un seul instant de ma soumission. Il m'indiqua ensuite, autant qu'on peut le faire dans un premier entretien, les principales affaires en cours.

Je fus i;eçu le lendemain par le Saint-Père. Il m'accueillit avec une bonté et une bienveillance toutes paternelles ; il me dit nettement que la situation religieuse en Belgique ne présentant plus désormais aucune ditiâculté ni aucun danger, il n'avait pas cru nécessaire de m'y maintenir plus longtemps, et avait voulu m'appeler près de lui; puis il ajouta des paroles d'estime et de bienveillance bien supérieures à mes mérites. Il m'indiqua ensuite quelques projets qu'il méditait en ce temps, me faisant connaître par le détail, après avoir touché à certains points particuliers très délicats, ce qu'il attendait

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de moi. A la fin de l'audience il ajouta ces paroles : « Quant à votre carrière, Monseigneur, ayez confiance en moi; loin de vous nuire en quelque manière, ceci vous aidera » .

Les employés de la Secrétairerie des Affaires Ecclésiastiques Extraordinaires et ceux de la Secrétairerie d'Etat m'accueillirent avec joie et satisfaction, comme leur ancien collègue et ami de longue date. Je conservai toujours avec eux d'excellents rapports, car aux devoirs de supérieur je m'.efforçais de joindre l'affabilité et l'intimité de notre ancienne amitié. Donnant moi-même le premier l'exemple du travail, je me rendais tous les jours exactement à la Secrétairerie, ne voulant aucunement laisser les affaires en souffrance. En vue d'aider les employés, j'établis pour les débutante un règlement intérieur qui fut observé avec soin et exactitude.

Il me serait difficile de donner un aperçu des questions et des affaires importantes qui furent traitées durant ma gestion. Le secret professionnel ne me permet pas d'en parler, et il me faudrait de plus de longues pages pour en traiter de façon suffisante. A cette époque furent conclues les négociations avec la Russie, qui donnèrent à ce pays différents sièges épiscopaux ; on résolut avec le Portugal les questions qu'avait soulevées l'application récente d'un concordat pour les Indes orientales; on termina la longue controverse sur les dîmes à l'Equateur; on régla avec le gouvernement anglais plusieurs questions concernant l'île de Malte, etc.

Outre les affaires de la Secrétairerie, j'eus à m'occuper aussi de certains travaux assez délicats que me confia le Saint-Père. J'écrivis différentes lettres à des souverains d'après les indications de Sa Sainteté, et à sa grande satisfaction. Les longues audiences qu'il avait coutume de m'accorder indiquent suffisamment la bienveillance et l'estime dont il

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