‹ Mémoires du baron de BesenvalChapitre 20 sur 34 · TOME I, 1 I · texte numérisé non relu

TOME I, 1 I

Aventure plaisante.

Écrit en 1781.

Ok a remarqué qu'au mbral^ ainsi qu'au physique, chaque chose a sa naissance^ son accroisseineui, son pévipde, son décroissement et sa fiOé II parait aussi que le système du monde est renfertiié dans un cercle dé |>roduît9 que les causés physiques et fnovrales ne peuvent outre-passer ; de là vient quô ^ dans la nature , ainsi que dans lea sociétés, on nt voit rien de stable que les lots primitives , et que les modifications se succèdent , ou insensiblement ou tout-à-coup, suivant les ctrconst£|nCeG^, et se fetoon^^ trent souvent à peu près semblables , et quelquefois les mêmes. "

Laissons le physique, et, ne nous attachant qu'au moral , considérons que les sociétés passent successivement du trouble au calme , du courage à la fai-^ blesse, de la dissolution à la retenue, du sérient à la gaieté. Sous la régence, et sous une partie du règne de Louis XV , les Français ne songeant qu'au plaisir, n'eicistaient que pour la gaieté. Cette façon d'être produisait sans cesse des aventures j plaisantes, qui se racontaient plus plaisamment en- ' core, ce qui remplissait la société de vers, de chansoos , de niches , de galanteries gaies , d'aventures

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ridicules dans tous les genres. Tout cela se renouvelât chaque jour y rendait Paris un séjour char«* mant y où Ton accourait de toutes parts y et que Toa ne quittait qu'avec le plus grand regret.

Le luxe , dans le temps dont je parle y était bien éloigné des progrès étonnans et rapides qu'il a faits depuis. Un jeune homme se serait alors autant ri«^ diculisé par des recherches de commodité y qu'il croirait te dégrader aujourd'hui €n ne se les pro<-^ curant pas. Il n'était reçu que pour des gens d^uUr certain âge y d'un certain rang, ou infirmes^ dWoir en propre des voitures à eux dans les voyages } la jeunesse allait ou à cheval^ ou dans lei vbitui>88 publiques.

M. de Sain t-Âudré, mort lieutenant-général^ employé à Strasboui^, s'étant embarqué dans un de ces carrosses publics pour revenir à Paris y j lia conpaissance et amitié avec un jeune homme y dont le nom n'est pas venu k ma connaissance, <)bi. faisait même route que lui. J'ai encore connu ce M. de Saint-André ; c'était un grand homme y d'une belle figure y qui avait l'air fort austère y ne riant jamais; extérieur qui ajoutait infiniment de piquant aux idées gaies , aux extravagances dont il était sans cesse occupé.

Compagnon de voyage d'un jeune homme k peu près de son âge, avec lequel il se lia conmie je viens de le dire, ils s'entretinrent mutuellement de leurs familles et de ce qui pouvait les intéresser. M. de Saint-André apprit de son nouvel ami , qu'il

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