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était actuellement eu chemin pour épouser y en arrivant à Paris |. une riche héritière, fille unique d'un ami intime de son père. Moins les jeunes gens s'aiTétent sur le même point dé vue , par la légèreté de leur âge et le peu d'objets importans qui sont à leur portée y plus ils détaillent lorsque le hasard leur procure quelque chose de sérieux qui ks intéresse. Aussi M. de Saint- André, fut-il parfaitement mis au fait , et de la famille de son nouvel ami 9 et de celle de sa prétendue; Ce jeuine homme n'étant occupé que de son objet, en parlait incessamment et n'omettait aucuii des détails qui avaient rapport à lui, tant pour le passé que pour le présent et l'avenir.
Ce genre de conversation, conduisit les deux amis jusqu'à Paris. Étant arrivés , ils furent chercher un logement commun à l'hôtel d'Angleterre , dans la rue de Richelieu. A peine s y établissaient-ib , qu'il prit à l'ami de M. de Saint-André une colique de miserere^ qui toujours augmentant, malgré tous les. secours qu'on s empressait à lui donner, le mit au* tombeau eh moins de deux heures de temps4
M. de Saint-André, attendri du sQrt de ce malheureux jeune homme, n'ayant pu le sauver, crut qu il fallait s'acquitter des devoirs qu'exigeait de lui la circonstance. £n conséquence, sachant que le défunt était atteqdu le même ipatin chejs son futur beau-père, il se munit de tous les papiers qu'il trouva dans ses poches , de son portefeuille , et s'adxemina pour se rendre -chez le beau-père^' afin
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de lui remettre sies papiers et l'instruire du malheur qui était arrivé.
Jusque-là tout allait fort bien. Tout était dans' Tordre des procédés qui se seraient vraisemblable-' ment soutenus jusqu'à la fin, sans une circonstance qui fit perdre à M. de Saint-André les bonnes résolutions qu'il avait prises. Arrivé à la porte du beau-père de son ami, les domestiques, instruits de Faltente d'un gendre , et voyant un jeune homme inconnu se présenter , ne doutèrent point que ce ne fut celui qu'on attendait, et coururent l'annoncer comme tel au maître de la maison qui, de son côté, accourut au-devant de M. de Saint-André,' le serra dans ses bras, et, sans lui donner le temps dé lui parler , l'entraîna dans la chambre de sa femme , et le lui présenta comme gendre , et à sa fifle comme mari.
M. de Saint-André ne résista point à l'idée d*êlre tout cela et d'en tirer. parti, pour son amusement. Il joua parfaitement son personnage. Il remit au beau-père et à la belle-mère les lettres dont le défunt était chargé pour eux; et étant instruit à fond , il répondit parfaitemenbt à toutes les questions qu'on lui fit. Il réussit principalement auprès de la jeune demoiselle qui , du coin- de l'œil , détaillait avec complaisance la belle figuré que^ la nature iuî avait donnée. On vint avertir que le dlaer était servi. M. de Saînt-Andèé^fut placé auprès de sa prétendue ; le père et la mère ty ansportés se livrèlrent à cette joie pûrequQ donn^ lô-Y>2£tfeftL
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contentement. La jeune personne se tenait dans la réserve^ ne parlait point ^ répondait à peine ^ et roagissâît souvent. M. de Saint- André était galant et empressé avec elle^ attentif et prévenant avec le père et la mère ^ toujours sérieux dans le maintien ^ aimable tet gai dans le propos.
Le dîner fini et le café pris, la conversation devint ^lus fiérieuse. On parla d arrangement ^ et Ton entra dans tous les détails qui regardent un nouveau ménage qui s'établit. Au plus fort de la conversation^ M. de Saint- André se leta^ et prenant wn chapeau, fit mine de s'en aller. Où cdlezrvous donc y lui dit le beau-père ? « J'ai, répondith il, une affaire qui m'oblige de vous quitter. — )» Cobiment? qudle affaire pouvez-vôus avoir dans » une ville où vous venez pour la première fois, » et où vous ne connaissez personne? — Tout » cela est vrai; mais il n'en est pas moins vrai qu'il >i fa^tabsdiiunentque jem'en aiUe.-^Ah! je vois >) ce que c'est : vous voulez aHer chercher de Far- >) gqnt dbfez un banquier. Premièrement, vous il <:rùyez bien que je ue vous' en kMtterai pas » mauqufur, et q^e j'efi ai. fort à votre service» » D'ailleurs, m vou$ voulez absoloianent en avoir » 4e votre banquier ., je puis tous donner qoel- ^ M qu'un qui fera vôS;affaires , et vous ne nous pri- » veire^z |MS du pl^ûsir de vous posséder. *—I^aa, n ce u'^sX ipoint'ceta du tout* C'est quelque chose » .oiiir<fn« présence ^(/absolument nécessaire.» T^L .ei>! parlant, M. de Saînt^-Andre m^dlait
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toujours 4u côté de la porte. Il se trouva dans l^aLBÙçksunhre^ où le beainpère 1 avait suivi . « Maiu- » teuaat que nous sommes seuls, continua M. de » Saiat- André » ei que cfes dames ne peuvent nous » eatendr^, je vous dirai que ce matin, fort peu » de temps après être arrivé , il m'est survenu » un accident. J*ai été attaqué d'une colique dont je M ^^ notorté J ai donné parole pour être enterré à » m benr^s; vous uetdet que je ne puis me dispen^ J9 Sfsr dufeodes'-voufi; et que n'étant point connu A) dans çg payé où je débute , si je manquais d'exac- » tiUiâ§$ ce fierait me donner un veiuis de légè- » r^té qn» pourrait me faire du tort, p)
Q» se représentera £acilemecit l'étonnement ^vec leqijiel h beau-^re écoutait M. de Saint- André. Pe»*-éère oe tconva-t-^îl pas l'image d un enterr^m^pt d'un «exisetkat goût. Cependant Tidée en géoi^Kal bu pariujt tdiement extravagante, qu'il rentra dana la chambra , en riant si fort , quil eut beaucoup de peine à apprendre a sa femme et à sa fille ce qui lui paraissait si plaisant. Tout en s'eu>«^ tretenant de cette plaisanterie, six heures sonnèrent, même sept; on commença à s'étonner de ne point voir revenir le jeune homme. A sept heures et demie passées , le beau*père s'impâtientant , envoya à rhôtel d'Angleterre savoir ce qu'il était deveriu. Le domestique chaîné de la commission l'ayant demandé sous son véritable nom , les gens de l'hôtel d'Angleterre lui dirent , qaUl était arrivé à neuf heures du matin^j qu'il était mort sur les
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\ onze , et quon Valait enterréasix du soir. Il serait difficile de rendre la surprise où cette repense jeta le beau-pçrç^ sa femme et leur fille.' L'histoire finit là et n'apprend point si cette famille fît d'autres perquisitions 9 et à quoi eltes aboutirent; ce qu'il importe peu de savoir.
Je ne dirai plus qu'un mot y pour comparer les temps. Si^ aujourd'hui qu'on exige dans la société un masque d'hypocrisie et de respect pour les préjugés^ qui ne sert qu'a dissimuler les vices y les Iravers et les extravagances , toujours les mêmes dans tous Içs siècles ; si aujourd'hui j di»-je , un jeune
' homme se permettait une folie pareille^ il n'en faudrait pas davantage pour le perdre de réputation. Dans le temps dont je parle y l'aventure parut plaisante y et tout le monde en rit. C'est que malheureusement la çhainé des variations a ramené le tour de la tristesse; je souhaite , pour le bonheur général y qu'on se débarrasse de son cortège : elle disparaîtra bientôt.
anecdote sur le canal de Languedoc.
Écrit en 1774-
RjQUETy auteur de la famille des Caramaa, ainsi que du canal de Languedoc , avait autant de ressources dans Tesprit que de talens , quoique Ion prétende que le projet de ce canal lui ait été donné par son jardinier, un de ces êtres extraordinaires dans lesquels la nature se plait quelquefois à placer les qualités les plus rares, et souvent à les y enfouir. Quoi qu'il en soit, le sieur Riquet présenta le projet de son canal à M. Colbert , qui Fstppi'Quva après un mùr examen^ et lattache des gens les plus experts dans ce genre. Toute chose. en règle, il ne fallait plus que de l'argent pour mettre la main à Fœuvre. Riquet demanda des avances : Colbert , en ce moment dans la détresse , lui dit que non-seulement il était dans l'impossibilité de lui donner u^ sou , mais même qu'il ne pouvait l'aider de son crédit. Riquet ne se rebuta point, et eut recours à ladresse. Il répondit au ministre que , puisqu'il ne pouvait venir à son secours , il imaginait un moyen qui infailliblenient lui en procurerait, s'il voulait »y prêter. Colbert lui demanda ce que c'était; Riquet lui dit qu'étant occupé de renouveler le bail des fermer,. il ne lui demandait que Ja permission
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de pouvoir entrer dans son cabinet, lorsqu'il y se^ raît enfermé avec les gros bonnets de la ferme ; Colbert y consentit.
En effet y quelques jours après y le ministre ayant chez lui une assemblée de fermiers-généraux. Ri-* quet tourna la clef du cabinet, y entra, et s'assit dans un coin , sans dire mot à personne et sans que personne lui parlât. Il remarqua, comme il lavait bien jugé, un peu d'inquiétude sur les physionomies de ces messieurs , de le voir là. On devait juger qu'il n usait de tant de liberté, qua titre de ces gens que les ministres emploient quelquefois pour approfonctir les choses; «urveillans toujours fâcheux pour des traitans , et qu il leur importe de captiver.
An sortir de rassemblée , il fut aecosté par quel« qoès-uns des fermiers-généraux^ qui cherchèrent k pénétrer dV>û lui venait Tentree du cabinet de M. Colbert , «t à qneile fia il en usait. Il leur répondît asses froidement qu'il ^taft luen aise de voir par Ifri-méme comme tit les choses «e passaient, et les quitta brusquement, ee qui les confirma dans foprnion que Biquet avait la eonfiakuce du ministre , et qu'il fallait le gagner.
Les those^ 'S'étant passées de Mèftie à mé se^ cotkde assiemUoe , Biquet fdt eiieore aecosté après la séance. OA'fie lui fit pkis dé ^pe^tions , mais on hii piaf4a de éùH eauél y 'éâral eu ei^alta TinVenliofi et futilité , et T^u 6nit par offirif de lui prêter ^KK),doo franco j il répoi»dit toM aussi brusquement
que la première fois y en touraant le dos y qu'il n a* vait pas besoin d'argent.
Une telle réponse y en stjle ordinaire y signifie qu'en effet on ne veut point d'argent; mais dans les circonstances pareilles à celles-ci y cela veut dire ce n'est pas assez. Les fermiers-généraux le compris rent, et à la sortie d'une troisième assemblée y ib proposèrent un prêt de Soo^ooo francs* Alors y le visage de Riquet «e dérida; il remercia beaucoup ces messieurs, en leur disant toutefois qu'il ne pouvait accepter leur proposition san^s l'agrément da ministre ; il rentra dans son cabinet, et lui rendit compte de ce qui venait de se passer. Golbert ne put s'empêcher de rire de la sottise des fSermiersgénéraux et de l'adresse de Riquet : il dit à ce der* nier qu'il pouvait prendre l'argent qu'on lei oflrait. Ces SoOyOoo flancs «ont été les premiers' fcmds du catoal de Lan|^doc , un des plus beaux ouvrages qui soit sorti de la main des hommes y. qui a procuré uine fortune aussi immense à Râquet et ii sm descendans^ et non n^ioiDS d'avanlsageset deTicbeœes aa Languedoc.
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As^entures de la société.
- Pour donner une idée des moeurs du mon^nt que je peins (instans. heureux oii^ loin de s'occuper d'ëvéïiemens sinistres tels que ceux qui ont empoisonné la fin de notre carrière , on ne s'occupait que d'amour et de plaisirs), je vais raconter une aventure dans laquelle je n'ai joué que le second rôle ; mais qui n'est pas sans intérêt , et qui prouve jusqu'où peut aller la séduction d'un roué.
Madame de Blot avait tout ce qu'on peut désirer pour la figure : traits charmans y fraîcheur de teint 9 légèreté de taille, dents éclatantes, quoiqu'un peu longues, cheveux distingués ; lenfin rien ne lui manquait. Se trouvantplacée dans une maison où se rassemblait journellement la jeunesse la plus vive et la plus brillante , où l'on n^'était ôccupîé que de plaisirs^ sous les auspices de madame la duchesse d'Orléans, dont les mœurs étaient peu recommandables, il était naturel de croire que madame de Blot, suivant les exemples qu'elle avait sans cesse devant les yeux , donnerait dans tous les tra:vers, et ne démentirait point le sang dont elle était sortie , je veux dire celui de madame de C***, sa grand'mère , et celui desestantes; Cependant, par une de ces bizarreries qu'on ne peut ni calculer ni définir , elle sut se garantir ; et , quoique dans la première jeunesse et
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sans guide , elle se fît d'elle-même des principes dont elle ne s'écarta point. Ges heureuses disposi-*» tiens ^ qu'elle tenait ^ ainsi que ses autres ayantagesy des niains de la nature , cessèrent par la lecture de Clarisse y qui parut dans ce temps-là y et qui lui fit joindre l'esprit romanesque à l'esprit de retenue» Bientôt elle outra les sentimens d'amitié^ de. délicatesse et de décence, et devint prude vétilleuse , de femme estimable qu^elle aurait été.
Cette façon d'être prêtait à la plaisanterie, et les hommes ne l'épargnaient pas; mais, comme madame de Blot sauvait le ridicule , les femmes même de conduite repréhènsible exaltaient madame de Blot, espérant s'honora et dissimuler leurs torts, par rUommage qu'elles rendaient à la vertu.
Il ne manquait plus qu'un Lovelace au genre qu'avait embrassé madame de Blot t elle le troiiva bientôt dans la personne du comte de Frise,. jeune seigneur allemand , qui s'était trouvé fort jeune à la tète d'une grande fortune qu'il avait dissipée.; Presque ruiné à la fleur, de son âge , il chercha des ressources, et les trouva par le crédit du maréchal de Saxe , son oncle , qui jouissait de la considération que donne une suite de succès brillansà la tête, des armées.. Le comte de Frise avait une figure, agréable , beaucoup de fatuité , infiniment d'esprit; il était très-aimable dans la société , oii il captivait les femmes avec d'autant plus de facilité, que, n'ayant point de principes , il les affichait tous, .et que n'étant pas dominé, par le désir il mettait L'em^
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portement , le sang-^froid , la louange et le blâme h leur place; en un aiot^ cpoUil sayait user envers elles des avantages qu'elles ont ordinairement sur nous. Pour rendre le roman complet, il fallait en^ core un Belfort, et j'en rempUs le rôle, sans en avoir le dessein. M^étant intimement lie avec le comte de Frise, je lui inspirai assez de confiance pour me laisser toujours voir ce qui se passait dans son ame; j en étais souvent révolté, je lui faisais quelquefois des représentations; mais, entraîné* par la faiblesse que j'avais pour lui et par la séductioq , je ne pouvais jn'en détacher.
M. dé C^^^ passait sa vie dans une terre qu'il possédait près Chambord , ce qui mit le ccmite de Frise et M. de CP*"** en relation ensemble. M, de Ç*** avait épousé mademoiselle de *** , qui n'avait aucun avantage du côté de la taille , étant petite et courte. Son visage était long et sa bouche assez mal , avec des dents bladciies ; mais ses yeux étaient charmans. Elle avait les cheveux» plantés à mer** veille, un beau. teint, une gorge parfaite, un joli pied , on ensemble on ne peut pas plus piquant. Peu de femmes ont poussé l'esprit naturel et acquis aussi loiqi qu'elle ; sdn éloqtience est persuasive et agréable : quoiqu'elle ain^ à parler , et qu'elle parle bearocoup , jamais on ne se lasse de l'en-* tendre, parce qu'elle sait s'amuser dfune misère, ooii^e traiter ptx>£ondément le sujet le jdius abs^ trait , et qu'elle n'outre ni n'affecte rien , ce qui es% cause qu'elle platt toujours. Elle a cepen-
daût un défaut dans la société t c'est de 5'eni'*' parer de la personne de marque^ lorsqaelle en reacontre^ et d'oublier tout le reste. Personne n'A jamais poussé la coquetterie plus loin ; mais avee une décence et une mesure qui ^menaient tous les bomoies à ses pieds ^ de quelqu'àg^ qu ils fussent p et qui lui en faisaient des amis ^ lorSqu^its voyaient qu'ils ne pouvaient être ses amans* Son éducation avait été mauvaise , ce qui joint à de la hauteur Favait rendue impolie et personnelle , et la livrait à tout plein de manies sans qu elle tombât dans le ridicule ^ parce que le naturel ne labandonnait ja^ mais. CapaUe d« concevoir et de conduire les plus grandes affaires y aimant même y étl'e de quelque chose ^ la crainte de. la moindre gène les^ lui faisait éloigner; cette façon detre la portait presque ton^ jours à rejeter. ce quon lui proposait i é^ait-^elle engagée à quoique ce fùt^ elle s'y livrait^ et y était parfaite. Une grande justesse dans^ l'esprit iWaiC conduite, à des principes dans lesquels elle éièit dautant plus affermie qu'ils n'étaieat tn elle ni l'ouvrage du naturel , ni celui de l'éducation^* ainsi que fe lai déjà dit^ waia d'un calcul/ eltacteii réfléchi; en un ta<Ay madame de C^*^^ était la femme lapins aimable et la plos^sentîeUtequef ài^ connue*
M. \& maffécbal de Saxe, qui aimait les fetnmes à la folie y et qui poixrtent y it l'eKettpi^onde'itfatlMnfrè^ de Blot, n avait jamais «u que des iiHes^ ne put résister aux charmes db madame de G*** 9 qû*îl vît
Muvënt à ce château ; il lui fit l!avea de ses sentimens 9 et ne s'occupa que de lui plaire. Il arriva ce qui arrive ordinairement : c'est que joude fit tous les frais, et que leineveu en prolîta. Pour supplanter son oncle , le comte de Frise n'eut qu'à se proposer. D'après son caractère , on croira aisément que ce fut plutôt l'occasion que la passion qui le détermina. De son coté madatine de O*^'*'* se rendit plus à l'iolipressibn que fait sur un jeune cœur le premier hommage reçu d'un hcMnme qui a des droits pour plaire , qu'à un goût décidé* Unie à un vifux mari y dépourvue d'eutours et d'amis qui aur^ent pu la guider , comment madame de C^*^ aurait-elle résisié à l'adresse du comte de Frise ? . M . le duc d'Orléans ( i ) , boa , facile , égal dans la société, de peu d'esprit, mais éov£^ d'assez de bon sensf capable d'amitié y plus par bonhomie que par sentiment; voyant assez juste loin de l'occasion, et faisant toujours mal par faiblesse lorsqu'elle était arrivée ; prodigue de l'argent des caisses de Sjes trésoriers , surtout pour ses fantaisies^, et avare de celui de sa poché , et pour les dépenses qu'il avait so^s les yeux ; peu scrupuleux a tenir sa parole ; lyi . le duc d'Orléans , dis-je , était sdors dans sa pre* içlère jeunesse : il avait débuté par être éperdument amoureux de sa femme, qui ne tarda pas à lui . préféret: M, de Melfort, et d'uûe façon si authentique, que M •lé duc d'Orléans' s'en aperçut promp-
(i) Père du dernier, mort «ur Tiçtiafaud le 6 novembre 1793,
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tement^ et en ressentit un vialent chagrin; mais bon , et faible surtout , il s'en tint à gémir , et s'accoutuma tellement a cette idée, qu'il y devint insensible. Quoiqu'un peu gros pour songer à plaire, il ne se rendit point justice. Ayant composé sa société de gens aimables et de bon ton , qui presque tous avaient des femmes, délaissé de la sienne il imagina de devenir aussi homme à bonne fortune. D abord, il s'adressa à ces habituées des salons qui, consommées. dans la galanterie, n'y ont plus de mérite que celui de la facilité, et cela alla fort bien ; mais il s'avisa de devenir ou de croire devenir amoureux de madame de Blot, et cela alla fort mal.
Qu'on se figure, avec les principes qu'avait adoptés madame de Blot, l'exagération et l'exaltation de ses sentimens, ce que c'était pour elle d'être en butte aux poursuites de M. le duc d'Orléans, homme safns agrément , et prince. Ce n'est pas qu'elle en fût fâchée dans le fond; une femme voit avec satisfaction les sentimens qu'elle inspire; mais // ne fallait pas que lajemme de César fût soupçonnée ; et c'est à quoi elle mit toute son attention, au grand regret de son mari , aux affaires duquel il aurait fort convenu qu'elle eût eu d'autres principes; façon de penser dont même il ne se cachait pas trop.
M. le duc d'Orléans m'aimait beaucoup, et ne me cachait rien de ce qui se passait dans son ame. Cependant , sans me faire mystère de son goût poxu*