TROISIÈME PARTIE. aSg
la règle cpnstanre de sa vie. Ces trois propositions bien établies, on conçoit que tout ce qui tendait à les contrarier était repoussé par lui avec l'attention la plus scrupuleuse ; que tout ce qui tendait à les aflTèrmir était au contraire l'objet de sa pr4dilection. Jl tenait à ses places, parce qu'elles lui^donnaient le pouvoir de réaliser en partie ses généreux projets , et il aimait de préférence la forme de gouvernement qui favorisait le plus SCS vues éclairées et philanthropiques ; mais en même temps , il rejetait bien loin de lui , avec une fermeté qui ne s'est jamais démentie» tout ce iqui aurait pu altérer ce repos de la conscience dont il avait absolument besoin pour exercer ses facultés dans tonte leur étendue .
De oe 4jue M . Cuvier a prêté son appui aux di)i»ers gouvernemeifs sous lesquels il a vécu, de ce qii.'U a défencbo leurs lois, leurs institutions , leur' existence ^ie-mêine, soit en qualité de commissave du roidetantles chambres, de con^ se(fller de rooiversk^ ou cMseiUer d'étail^ on aurait tort d'en inférer qu'il fût aveuglément attaché aux fermes existant^: Il vontait, au contraire , }l appelait de tous ses voeux les perfectionnemens et les améliorations dont sa haute raison apercevait la nécessité; mais sa connais-
!l4o MÉMOIRKS SUR M. GDVIER.
sance de Thistoire de toutes les natidu, et Texpérience de sa jeunesse, lui ayant appris que le renversement subit des formes et des institutions n enfante que le désordre et Tanarchie , et arrête toute espèce de progrès , il voulait que ces améliorations n eussent lieu qu'après de profondes méditations , qu'après une discussion calme, et une consciencieuse recherche des besoins véritables. Il sentait que la passion des innovations de toute espèce ' qui possédait son siècle , produisait un changement perpétuel de systèmes plus propre à détruire qu'à perfectionner ; et en conséquence ses actes et ses conseils tendaient à conserver tout en étant progressifs. «Toujours médiateur entre les temps passés et les temps à venir, entre la France et les autres nations , il combattait l'antipathie de ses concitoyens à l'égard des peuples qu'ils traitent de barbares 9 et cherchait de toutes ses forces à détruire les obstacles que leur vanité et leur versatilité opposent quelquefois à ce qui est sage et utile.»
On a souvent reproché avec amertume à M. Cuvier le grand nombre de places qu'il occupait. La meilleure réponse à cette attaque est la manière dont il s'acquittait des devoirs atta-