‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 16 sur 53 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

cbés à ces places; fait facile à vérifier, ttiaiatenant qu'elles sont passées en d'autres mains; quoique sa conduite dans tout le cours de sa carrière piûsse seule montrer eomuient les revenus de rhomme d'État fournissaient au savant le moyen de poursuivre sen travaux, comment l'homme s^u pouvoir protégeait le naturaliste , \ comment enfin « le nouvel Aristote était devenu

son propre Alexandre . ï>

Il serait difficile de décider dans quelle partie de sa vie publique M. Guvier a déployé les talens les plus élevés; les seules affaires de l'Université eussent suffi pomr occuper et remplir la vie d'un homme', car non-seulement ces fofictîons exigeaient d^ lui une quantité énorme d% lettres, de

notes, d'observations, mais, outre ce travail de

chaque jour dont les personnes placées à la tête de cette administraticm peuvent seules se .former uue idée , il rédigea des mémoires et des rapports sans nombre, soit pour éclairer le ministère du moment sur la nature de celle institution , soit pour le mettre à même de la défendre contre ses nombreux enneims. Appelé à faire partie du conseil de l'Université (1808), il attira bientôt l'attention du grand-maitre , M. de Fontane^, qui le nomma commissaire

2l\1 MÉMOIRES SUR H. GOYIER.

pour soutenir une discussion qui devait ayoir lieu au conseil -d'Élat en présence de rËmpe-* reur, an sujet de TUiriversité impériale. M. Regnault de Saint - Jean - d'Angely parla d'abord contre TUniversiié , et soutint son opinion avec beaucoup de chaleur -et avec le talent qui le distinguait. M. Guvier lui répondit; et quand il eut cessé de parler , Napoléon , qni les avait écoutés tous deux ave/s la plus grande attention , se tournant vers M. B.egnattlt\ lui dit : c Je crois que vous êtes atteint et convaincu d^avoir tort , etc. » Cette discussion et les rapports que fit M. Cnvier à son retour d'Italie et de Hollande , révélèrent ses talens législatifs à TEmpereur, qui \e noiiima maître des requêtes au conseil-d'Etat. Il donna même une plus forte preuve de la haute opinion qu'il avait de M. Guvier, car il le chargea de faire le choix des livres qui devaient servir ir l'éducation du roi de Rome. La liste en fut dressée et mise sous les yeux de Napoléon aux Toileries; mais la guerre de Russie arrêta l'exécntion de ce projet.

Élevé au rang de conseiller d'État ( i) en 1 8 1 4^

(i) Celte nomination causa quelque surprise à la plupart des courtiMns, et Tun d'eux, ayant eu Toccasion d'en parler à Napoléon » lut demanda " pourquoi il avait fait entrer un savant au conseil d^État. «

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M. Cuf ier «employa tous ses taleos à défendi'e le corps doat il faisait partie ; nonnseulemejat il loi pfêta son appui daos les attaques qu'il eut à soutenir 9 mais il fui souvent obligé d'apprpa^ dre aux ministres ei»-mâaies le rôle ^e jouait ce corps dans le gouvemeousnt , et combien il était important pour, eux de le conserver. Les arefaives des ministères coatienneM un grand nombre de mémoires de lui sur ce sujet , dans lesquels il démontrait la nécessité de séparer le pouvoir jadicittire du pouvoir administratif, comme l'avait voulu l'Assemblée Constituante ; el prouvait en même temps que celtes-séparation ne pouvait s'eiiectMer sans la création d'un conseil-d'Étal. Les de^rs de ce corps 'Consistent à préparer les loisr, à examiner les ordonnances, et a décider si les plaintes portées contre les •gens du gouvernement doivent être renvoyées par devant 1 aularité judiciaire. Il est composé d'hommes éciaifés, qui offrent plus de cbmces dlmpartialité que Jes employés des bureaux surles<]fnel8 ces attributions retomberaient nécessairement. Un petit nombre d'années aprèssanomi-

Uemperenr répondit : « Afin qu'il puisse prendre quelque Te|MM. » Il savait que , pour un homme tel que M. OuTîer, le seul Mfios poii^ iiblt était un changemeat d'occupations.

244 MÉMOIRES SUB M. CCVIBR.

nMioo au caiiseil-d*fitat, nous Yôyoos M. Cuvîer nommé presideat du comité de Tiatérieur; et , à partir de ee moment, se»devoirs législatifs etceuK que lui imposaient ses foacti^ns universitaires, eurent ujoe marche telfement simultanée » qu'il devient difficile, pour ne pas dire impossible^ de les examiner séparément. Appelé à ces emplois impoAàns à une époque oà tout avait be^ soin d'4tre vivifié et réorganisé , les difficultés qu*if rencontra sur sa ro«te sont à peine croyables ; mais avec quelle énergie et quel talent n'imprima*t^il pas à tont le mcMivement et Ja vie! L'instruction publique était attachée à la présidence du comité de TinAëriettr; il lui faliut créer des plans pour les étudos , régler la discipline des écoles, prendre des résolutions d'après les besoins présens d*un nouvel ordre social ; tout en n'obéissant à ces besoi4s qu'autant qu'iU n'étaient pas en opposition avec ces principes d'ordre public ou privé , sans lesquels il n'y a de repos ai pour l'État ni pour les familles; enfin , il lui fallut donner à la génération naissante l'instruction et les habitudes les plos propres à conserver les liens de la société, et choisir les hopimes les plus dignes de répandre ces bienfaits dans toutes les parties du royaume.

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Quelle De devait dooc pas ètr« la force de cette iotelligence^ qui, ontre ces devoirs multipliés , embrassait encore toutes les branches de la science et de la littérature! Je n'oserais avancer que d'autres hommes n'ont pas reçu d'en haut des facultés aussi éclatantes , mais j'affirmerai sans hésiter que le principe d'ordre dont M. Cuvier avait fait la règle de sa ^conduite , fut le mo jeo humain qui lui servît à donner aux- heureux dans que lui avait faits le ciel , tout le développement ^ont ils étaient susceptibles. *

M. Cuviar s'occupa beaucoup des lois municipales et départementatcs , ainsi que des lois sur l'instructron publique^ et travailla coBstam<ment à les, améliorer dama toutes i^srs parties* Mais ses projets ne furent que trop souvent modifiés avant l'ezécutioo , car il «rail dans Us )é^ suites , ainsi qae ceki devait être « des «jinemis redoutable. Non o^nlent d'expédier des ordonnasces an ministère de l'intérieory il y joignait un grand nombre de mémoires où le«rs afiotifs étaieot exposés avec la plus grande lucidité , et qui formaient ainsi autant de commentaires précieux pour chaoun de leurs articles. li croyait tout aussi nécessairede faire connaître les cnotijk des leis que les lois -elles-mêmes, attendu

a46 uiMOlKES SUR M. CCVIEK.

qae TopposHion #t les attaques qu'elles éprou- ▼ent souYent , naissent de ce que le public ign<yre les raisons sur lesquelles elles sont appuyas.

Sous le ministère crëé le 5^6 septembre i8i5, et composé de MM. de Richelieu, Marbois, Corvetto, le duc de Feltre/Yaoblanc, Dubou* cbage et Becazes , M. Cuvier rendit à la France un service^signalé , dont je ne puis mieux parler qu'en transcrivant une note quSI a laissée sur ce sujet: « J'eus alors occasion de rendre à U France de grands services qui n'ont pas été pu*bliés , mais que fe serais Aché qu'on lie connût potnt. n. C. nie soutint dans tous les adoucissemens que nous (tmel^ apporter dans le conseil aux lois de terreur que l'esprit du temps y faisait préparer; mais tes modifications qui rendirent celles des cours prératales presque înoffensivesne sont diies qu'àrtnoi seul, ftansle premier projet on 4eur attribuait furidictfon , «pon seulement sur les révoltes et attentats publics A à fbrce ouverte, mais sur les complots et tentatives trarmées dans le secret , et non-seulement sur ceux de ces crimes qui auraient Keu après la lot , mais sur tous , sans distinction d'époques. Il était évident que dans un pays comme

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