‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 17 sur 53 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

le nôtre , où il y a tant d'hommes de toutes les classes toujours prêts à suivre le torrent, ces deux dispositions pouvaient faire des cours prévotales autant de tribnnanx révolutionnaires. Cependant nous n'obtînmes rien aux comités réunis de l'intérieur et de législation, où la loi se préparait ; mais après une séance du conseild'£tat, qui avait été présidée par le duc de R.., je lui demandai de faire discuter ces questions en sa présence par une nouvelle réunion des comités. Je crois que je n'ai jamais parlé avec tant de force; et malgré la chaleur qu'y mirent MM... je réussis, par le bon esprit et le caractère honnête et pur du duc de A., à faire rayer l'article des complots secrets. Il restait la rétroactivité ; M. de S. Ja- combattit dans la commission de la

chambre; elle y fut défendue par MM ; on

m'invita à me joindre à eux , comme je l'aurais dut naturellement en ma qualité de commissaire du roi; mais je m'y refusai, et elle ne passa pas. Les cours prévotales ont fait assez de mal telles qu'elles ont été établies, mais j'iftse dire que leurs effets eussent été incalculables si l'on n'eût pas changé le projet sur ces deux points. A l'égard des complots , j'en suis la seule cause ; à l'égard de la rétroactivité , j'y ai contribué avec M. de S. »

a48 ÎIÉMOIIIES SOR M. GOVIEB.

Toujours guidé par le aentiment dtt bîeo qu'il pouvait faire et du mal qu'il pouvait empêcher, on vit Mp Guvier, sous tous les ministères, nonseulement défendre les institutions dont l'existence était menacée , mais encore réussir en général dans les chambres^ et dans le conseil, à prévenir les changemens intempestif qui les auraient affaiblies. Sous le ministère de M..... la . proposition fut faite d'introduire • les jésuites dans l'Université ; c'eût été la livrer entre leurs mains, et c'est à la résistance ferme et éclairée de M. Cuvier, qu'est due la non adoption de cette mesore qui, selon toute apparence , eût amené la destruction de cet établissement. Son refus de faire partie de la commission de censure pour la presse, dans un moment où ce refus eût pu entraîner les plus fôcheqses conséquences pour lui , prouve d'une manière encore plus éclatante, qu'il n'était pas homme à sacrifier sa conscience k ses places. Cette affaire ayant été présentée dans le temps sous un faux jour, je crois devoir la rapporter avec toutes ses circonstances. M. Cuvter, en sa qualité de conseiller d'Etat, avait été un des premiers à s'opposer énergiquement à l'établissement de la censure , et avait soutenu vivement son opinion en plein conseil et à la

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