‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 18 sur 53 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

chambre des députes, ne négligeant aucun argument ni aucun eflbrt> pour arrêter cette niesure. Jusque-là il était resté dans les limites du droit que lui donnait sa position dans ' le gouvernement ; mais la démarche d'un autre corps le plaça dans une situation beaucoup plus délicate. L'Académie Française résolut de s'interposer dans cette affaire ; on disputa beaucoup sur la question de savoir^ si une assemblée purement littéraire avait le droit de se joindre aux partis et de s'immiscer dans les affaires de l'État. M. Cuvier était d'avis qtfe ce corps , en agissant ainsi , perdait de vue le caractère qui lui était propre; qu'il compromettait par \h l'harmonie q«i régnait entre ses membres, qu'il perdait les moyens d'être utile en se dépouillant de son indépendance politique, enfin qu'il sortait en* tièremeni des bornes légales en présentant une pétition au nom d'un corps, privilège qui, en France, n'est accordé qu'aux individus. Ces motifs seuls l'engagèrent h employer toute son étoquence pour que la pétition ne fût pas présentée au roi. Il exposa sans hésiter to»s les inconvéniens, toutes les odieuses conséquences de la loi de censure , mais en même temps il persista à soutenir que l'Académie n'avait-aucun

a5o MÉMOIBES SCK M. CU?IER.

droit de prendre part aux questu^ns politiques , et que , .si elje s'arrogeait tm^ fois ce priirilège , elle finirait par devenir Tinstrument des partis. Néanmoins, son éloquence et ses argumens ne servirent à rien danséette circonstance; la piti^ tion de l'Acadéinfe fut rédigée, mais Charles X ne voulut pas même recevoir ta députation.

Les membres qui venaient d'éprouver ce refus gagnèrent par là les bonnes grâces de la multitude, tandis que M. Cuvier et ceux, qui avaîent partagé son opinion, furent accusés de sacriÇer la^cau^e de lot liberté à leiy igtérèt personnel. La résistance de la chatabre des pairs, qui avait alors plus dHnfluence quelle nen a aujourd'hui, fit néanmoins abandonner le projet de censune pour un certain temps.

' Il fut présenté de nouveau la même année , et les ministres, sans demander à M. Cuvier son consentement, avant mftme qu*U covii^ût la résurrection du ptojet , le portèrent sur la liste des censeum. Le lundi, i4 juin 1827, à minuit, ii reçut une dépêche officielledu gouvernement écrite par M. Peyronoet, par la^ quelle H apprit que sa nominati»D paraîtrait le lendemain à neuf heures du matin dans le A/pmteur. Refuser de telles fonctionsyprévoir lescon-

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