TROISIEME PARTIE
administratives auraiept besoio de suivre ud cours d'études spécialement adaptées au genre de connaissances qu'exigent leurs futurs devoirs, comme le font ceux qui veulent embrasser des professions savantes , M. Guvier proposa , sous le ministère Siméon , de créer une nouvelle •Faculté j ou école spéciale d'administration , sur le modèle de celles qui existent depuis long-temps en Allemagne , faculté à laquelle il désirait attacher son nom. Le projet fut préparé, et allait être mis à exécution lorsque ce ministre se retira; et l'on ne put obtenir de son successeur qu'une chaire de droit administratif qui fut même bientôt supprimé^.
Toutes les écoles d'un ordre inférieur furent également l'objet des soins les plus assidus de M. Cuvier, et , quoique l'attachement aux anciennes méthodes ait fait avorter un grand nombre de ses projets , il réussit , en renouvelant sans cesse ses sollicitations près du gouvernement , à y faire adjoindre des professeurs d'histoire , de langues vivantes , et d'histoire naturelle. Afin de favoriser les progrès de l'instruction primaire , il fit établir des comités chargés de surveiller les écoles de leurs départemens respectifs , dans la persuasion que
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ces comités, en ejccilant l'émulation des maîtres d'écoles, les engageraient à redoubler de zèle^ et à donner plus d'étendue à leurs travaux.
Dans quelques provinces , ce plan fiit suivi du plusbeùreuz succès, mais dans d'autres , l'esprit de parti et les dissensions qui l'accompagnent toujours , paralysèrent la bonne volonté même des hommes les plus actifs. Le discours suivant, prononcé après ta mort de M. Cuvier, prouvera encore mieux sa sollicitude constante et son sèle bienveillant pour la jeunesse. Ce n'est pas seulement le chef chargé de la surveillance d'un établissement important, que nous allons entendre, mais les paroles de M. Cqvier lui-même qui vont témoigner du vif in* térèt qu'il portait à l'instruction primaire. Ce discours est de M. Rejrnal, recteur de l'Académie de Bourges, et a été prononcé à la distribution des prix de l'école protestante d'Acresles-Bourges.
« Mes chers en£Eins , les fidèles de notre Eglise ont épargné sur leur nécessaire, de qtm vons faire construire une école, et yous procurer tout ce qui est à désirer pour votre instruction. L'Académie ( de Bourges) s'est réunie à eux pour cette œuvre de piété et de dévoue-
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meot ; elle a déjà fait beaucoup et fera encore dayaatage, ea appelant sur voua la bienveilr lante protection de l'Universîië. Vous voyez, mes enfians , que vous avea partout des bienbi* teurs et des amis. Mais , hélas ! il n'est plus, celui qui tenait le premier rang parmi >eux ! Une mort prématurée Ta enlevé à la science , à la littérature, à vos frères, à nous, k tout le genr^ liumaÎB. Le monde savant tout entier déplorie sa pette. Nom êiea trop jeunes, mes enfans, pour avoir entendu parler de lui dans votre village; mais voqs saurez que le grand homme qui s'e£Ebrçait cie vous faire tant de bien, qui pensait sans cesse ^ vous, s'appdait Georges Cuvier. {Uppelez-vous ee nom , faites-en mentioa chaque jour dans les prières que vous adivessez an ciel. 11 m'écrivait souvent : « Mon* sieur le reeteur, na perdez pas de vue notre éeole d'AnièresJes-Bourges ; je vous en recommande les élèves comme mes frères, comme mes meilleurs amis. Inculquez en eux la soun^ission h lenr^ parens , le respect pour la propriété d'autrui, la candeur et la justice; que la bjienveiUaoce et Tafiection régnent entre eux et les enfans qui habitent le uiém« village , et qui, comme euiK, vivent du travail des champs. Dieu
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les aime et les protège tous avec une égale boDtë; il bénit de la mèoie main la sueur de leurs fronts et leurs récoltes ; qu'ils se conduisent donc les uns envers les autres comme les enfans d'un même père. »
<( Ma conscience me dit qu'envers vous , mes enfans , et envers les jeunes gens confiés à mes soins, j'ai rempli mon devoir, et plus particulièrement les vues de votre protecteur, du grand homme dont nous pleurons la perte. Cette école est bien humble, n^a voix est bien faible pour louer une telle vie. L'éloge de Georges Cuvier, qui était de la ra^me religion que vous, paraîtra souvent dans to% livres , et sera prononcé par nos corps savans et par nos plus célèbres orateurs. Cependant une parole partant du cœur dite dans cette enceinte en mémoire de l'homme savant et vertueux qui nous était si cher, et qui a daigtté m 'honorer de ses bontés, m'a paru n'être pas hors de propos ni sans intérêt; et c'est autant pour vous que pour moi que j'ai cru devoir vous parler de Georges Cuvier, et vous engager à vous souvenir de lui comme du plus zélé de vos bienfaiteurs. Que ce court éloge vous serve de l^çon , et vous apprenne à être toujours Teconnaissans envers ceux qui vous