TROISIÈME PARTIE
Rvecle calme le plus parfait ; et, au moment où son adoption paraissait inévitable , il se prépara à continuer de remplir gratuitement les hautes fonctions qu'il occupait dans l'Etat. Sa famille partagea avec joie sa manière de voir, dans la persuasion que ces devoirs formaient , par leur variété , un véritable délassement pour son esprit, et étaient par conséquent nécessaires à sa santé. La loi de réduction ( i ) qui atteignait tous les emplois lui enleva une portion considérable de son revenu, mais sans lui causer d'autre émotion que le regret d'être obligé de restreindre la noble hospitalité qu'il pratiquait depuis long-temps. "-
C'est peut-être ici le moment de parler d'un léger accident qui arriva à M. Guvier sur la fin de sa carrière législative , et qu'à tort on a regardé comme un indice de sa fin prochaine.
Défendant un jour, k la Chambre des Députés, en qualité de commissaire du roi , l'objet de sa prédilection , l'Université , de violes treitemens de plusieurs places à la fois , et en réalité , de prév«iir le cumnl de plusieurs enplois par une même personne.
(1) La loi de réduction diminuait les traîtemens de tous ceux qui remplissaient des fonctions publiques , et comme M. Cuvier en occupait un grand nombre, son revenu éprouva nécessairement une diminution considérable.
a^â MEMOIRES SUR M. CUVIER.
tous ses titres h la reconnaissance et à I admiration des hommes. Je vais peindre maintenant , d'une manière plus spéciale, le caractère, les vertus privées et les habitudes domestiques du grand homme que j'ai si souvent admiré au milieu de sa famille, entouré de ses amis, et faisant les honneurs de sa maison à un cercle nombreux composé d'hommes de tous les pays et de tous les rangs. Mais avant d'entrer dans ces détails , je sens que je dois réfuter, en ra'appuyant sur les faits , les accusations dont il n'a que trop souvent été l'objet. Les hommes pardonnent rarement une supériorité inconstestable, même lorsqu'elle est, comme chez M. Cuvier, exempte de tout sentiment de vanité; ils pardonnent encore moins la fortune et les honneurs qui sont le résultat nécessaire de cette supériorité , et le grand nombre de places qu'occupait M. Guvier l'a fait accuser d'ambition par ceux qui ne voyaient que ces places, sans tenir compte de son mérite et des éminens services que ses talens ont rendus à I4 France.
Il suffit, pour réduire au néant ces accusations^^in justes, de rappeler en peu de mots quelques-unes des circonstances disséminées dans