QUATRIEME PARTIE. II
Lui-même, sachant le peu d occasions qu'on avait de causer avec lui, permettait qu'on le questionnât à cbaqflie instant ^ el ne se refusait jamais à donner les explications qui lui étaient demandées sur toute espèce de sujet ; et souvent , lorsque quelque circonstance relative aux i^aires publiques n'avait pas été bien saisie, il l'exposait de nouveau sous toutes ses faces jus» qu'à ce qu'elle eût été parfaitement comprisOé Le déjeuner avait ordinairement lieu à dix heures ; mais M. Cuvier était presque toujours levé à huit et avait déjà préparé ses papiers pour la journée , distribué leurs occupations aux pei> sonnes qui l'aidaient dans ses travaux , et reçu plusieurs visites. En déjeunant, il parcourait les papiers publics, jetait un coup d'œil sur les livres d'instruction élémentaire, soumis à son examen, et, tout occupé qu'il parût être, si une personne de sa famille manquait à table, il s'informait avec une sorte d'inquiétude de la cause de son absence; ou, si la conversation était plus animée que de coutume , il voulait savoir de quoi il était question, sans pour cela cesser de lire le journal qu'il avait entre les mains. Après le déjeuner, il s'habillait, et se livrait à ses occupations habituelles; lorsque c'é-
3oO HÉMOIRES SDR H. Cl]¥IBR.
tail son tour d'être directeur do Jardin des Plantes, avant d'aller au conseil d'État, à l'Académie ou ailleurs , il se rendait au Muséum , suivi d'aides naturalistes et d'étudians , portant les objets qui venaient d'être préparés dans le laboratoire , et qu'il faisait mettre sous ses yeux à leurs places respectives. Sa voiture était toujours prêté à l'heure indiquée, et, comme ses momens étaient comptés , il ne permettait à personne de le faire attendre ; aussi s'efforçait-on de lui épargner cette contrariété à laquelle il était extrêmement, sensible. Plus d'une fois cependant f j'ai* cru le voir sourira légèrement du désordre de notre toilette , lorsque nous descendions en toute hâte pour le rejoindre. Il se plaçait alors dans un coin de la voiture ^ et se mettait à lire ou à écrire, en nous laissant causer à notre aise. Quelques-uns de ses plus brillans ikiémoires ont été composés ainsi. Il avait fait placer une lampe dans l'iotérieur de sa voiture, afin de pouvoir Ijre pendant la nuit ; mais ses yeux se trouvèrent si mal de cette habitude, qu'il ne put la conserver long*temps. Sa famille, néanmoins, se réjouit de ce. contre-temps qui l'obligeait à prendre quelques momens de repos. Quoique nous eussions, M. Bowdich et moi,