‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 6 sur 53 · PREMIERE PARTIE. ai · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. ai

par la saile cetie clarté dans Keiposilion des systèmes, cette perfection dans h méthode, ce tdct qui se borne à ne dire que le nécessaire ; en un mot , cette élégante concision qui distingue éminemment les écrivains français. Ces précieuses qualités étaient accompagnées par la modestie la plus parfaite et par ce respect de soi-même sans lequel « le plus beau talent fait de la science un métier sordide , un misérable moyen de parvenir (i). »

Pendant son séjour dans la famille du comte d'Héricy,M. Cuvier vit toute la noblesse des environs : il acquit, dans ce cercle distingué , Tusage et les formes de la meilleure société, et se lia avec quelques-uns des hommes les plus remarquables 4u temps. Mais les nouveaux amis et les nouveaux devoirs dont il était entouré ne diminuèrent en rien son^ ardeur pour son étude de prédilection. Un long séjour sur les bords de la mer fit naître d'abord en lui le désir d'étudier les animaux marins; mais entièrement privé de livres et dans une solitude complète , il se borna à ceux qui étaient le plus à sa portée. Ce fut dans cet intervalle (de 1791 à

(1) M. le baron de H.

2a MÉMOIKSS SUR M. GCVISR.

1 794 ) 9 que quelques térébratules trouvées eo fouillant la terre près de Fécamp, lui donnèrent ridëe de comparer les espèces fossiles à celles actuellement vivantes (i). La dissection d'un calmar (â) qu'il eut occasion de faire par la suite , l'engagea de même à étudier l'anatomie des mollusques, et de celle-ci naquirent les vues profondes qu'il développa plus tard ^ur tout l'ensemble du règne animal. C'est ainsi que se fit entendre pour la première fois , d'un coin obscur de la Normandie, cette voix qui bientôt remplit d'admiration le inonde civilisé ; qui devait révéler au «genre bumain un si grand nombre des merveilles cachées de la création , mettre au jour les débris des siècles écoulés, changer la face de l'histoire naturelle , et, enfin , laisser en s'éteignant la science sur le seiul d'une nouvelle époque. Linné, en créant la classe des vers , y avait compris tous les animaux inférieurs, et l'avait laissée dans la confu-

(i) M. Cuvier n'est pu le premier. qoi ait conçu l'idée de fiiire aerrir les foiûles aux progrès de la géologie; plnsienrs ontrte naturalistes paraissent Tavoir eue aussi bien que loi , mais il l'emporta, sur tous par Tusage qu'il fit de cette idée , et en la poussant bien audelà des précisions de ses prédécesseurs ou de ses contempof ains.

(a) Espèce de seiche.

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