‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 7 sur 53 · PR£MI£R£ PARTIS · texte numérisé non relu

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sioo la plus complète. Ce fut par ces êtres placés aux derniers rangs de la création que le jeune naturaliste commença ses recherches; il étudia leur organisation , et les classa en divers groupes , établis d'après leurs affinités naturelles. C'est ainsi qu'il jeta, presque à son iosu , les fondemens de ce vaste édifice zoologique qu'il devait élever par la suite. Voici ce qu'il écrivait à cette occasion à un ami : « Ces manuscrits ne sont que pour mon usage; et sans aucun doute ils ne contiennent rien qui n'ait été fait ailleurs y ou qui n'ait été beaucoup mieux exposé par les naturalistes de la capitale , car j'ai travaillé sans livres ni collections. » Ces précieux manuscrits offraient cependant, presque à chaque page ^ une foule de faits neufs et de vues lumineuses supérieurs à tout ce qui avait paru jusque-lh sur le même sujet. Il existait alors dans la petite ville de Yalmont , vbisine du chftteau de Fiquainville appartenant au comte d'Héricy, une société qui se réunissait chaque soir pour discuter sur des p^atières l'elatives à l'agriculture. Parmi ceux qui assistaient aux séances, se trouvait fréquemment M. Tessier, qui avait quitté Paris pour fuir le règne de la Terrenr, et qui remplissait sous un autre

a^ MiMOiRBS 8UR M. CUVIER.

nom le poste de chirurgien d'un régiment en garnison à Yalmont. Il parlait avec une teUc facilité sur la matière , et paraissait la posséder si bien , que le jeune secrétaire de la société , M. Cuvier, devina qu'il était l'auteur des articles d'agriculture du Dictionnaire de l'Encyclopédie Méthodique. Il s'approcha de lui , et le salua en l'appelant par son nom; M. Tessier, que son titre d'abbé avait rendu suspect à Paris , s'écria : — « Me voilà découvert : je suis perdu ! — Perdu ! répliqua M. Cuvier; au contraire : vous allez devenir désormais l'objet de nos soins les plus empressés. » Cet iucidenidevint l'origine de l'intimité qui s'établit entre'eux; et ce fut par l'en-' tremise de M. Tessier (i) que M. Cuvier entra en correspondance avec plusieurs savans auxquels il adressa ses observations, principalement avec Lamethrie, Olivier, Lacépède, Geoffroy SaintHilaire et Millin de Grandmaison. Leurs démarches et les mémoires que M. Cuvier avait publiés dans plusieurs journaux scientifiques, le firent appeler à Paris , où Ton s'occupait

(i) « Je viens de trouver une perle dans le fumier de Normandie, >» écrivait M. Tessier à son ami Parmentier, devinant ainsi le grand naturaliste dans les premières productions de M. Cuvier, et sachant apprécier spn talimt encore en germe.

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