‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 12 sur 62 · PREMIÈRE PARTIE. 5â · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 5â

En i8o9et 1810, M. Cuvicrreçut, ensa qualité de conseiller de l'Université , la mission d'organiserles académies des Etats d'Italie qui venaient d'être annexés à l'Empire. Les dispositions qu'il prit à Turin, Gênes et Pise, ont été conservées par les souverains de ces pays lorsqu'ils rentrèrent en possession de leur pouvoir.

En 1811, parut l'un des plus importans travaux de M. Cuvier, ses Recherches sur les ossemens fossiles ^ ouvrage qui a jeté un nouveau jour sur l'histoire de la création, et opéré une révolution eompiète dans l'étude de la géologie. Il reçut, dans cette même année, l'ordre de créer des académies en Hollande et dans les villes anséatiques. La plupart des règlemens qu'il établit à celte occasion, ont survécu à la domination française. Les rapports qu'il envoya de Hollande méritent une attention particulière : il y exposait les véritables causes de l'infériorité de ce pays dans les études classiques, en montrant que le dégoût qui s'emparait souvent des élèves tenait au peu de variété et à l'insuffisance des alimens offerts à l'activité de leur esprit. L'instruction du peuple attira également son attention dans ces divers pays, et fut pour lui Un objet constant de méditation.

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Pendant son st'jour à Hambourg, M. Cuvier reçut inopinément de l'Empereur le titre de chevalier, transmissible à ses descendais. Mais il ne jouit pas long-temps de l'espoir que sa postérité hériterait de ses honneurs ; car, après avoir perdu, en 1812, une fille âgée de quatre ans, la mort enleva, en 1 8 1 5 , son fils alors dans sa septième année. Cette perle fit sur lui une impression que les années n'effacèrent jamais entièrement de son cœur; long-temps après cet événement, il ne pouvait voir un enfant du même âge sans éprouver une émotion pénible , qu'il ne cherchait pas à cacher aux personnes de sa famille ou à ses amis intimes. Souvent, en se promenant avec ses filles , il s'arrêtait devant les groupes de petits garçons dont les jeux lui rappelaient son fils (1). Cet enfant mourut pendant que M. Cuvier remplissait la mission d'organiser l'université de Rome. On pourrait s'étonner qu'un protestant eût été chargé

(1) En iS3o , dix-sept ans après celte perle, lorsque M. Cuvier visita l'Angleterre* je me Os accompagn r par mon fils dans une visite que je lui rendis à l'hôtel qu'il habitait, oubliant l'impression que la vue de cet enfant pouvait produire sur lui. L'air dont il s'arrêta pour le contempler un instant, et la tendresse mélancolique avec laquelle il l'embrassa, ne sortiront jamais de ma mémoire

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