‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 15 sur 62 · PKKM1ERE PARTIE. OC · texte numérisé non relu

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terre avec sa famille et son secrétaire, M. Laurillard. Il employa les six semaines qu'il resta à Londres à visiter tout ce qui méritait d'attirer son attention. Dans une conversation qu'il eut avec le roi Georges IV sur l'histoire naturelle en Angleterre, il dit à ce prince que, si toutes les collections particulières de Londres étaient réunies, elles formeraient le plus beau muséum que possédât aucune autre nation. A cette époque avaient lieu les élections de Westminster , et M. Cuvier rappela souvent, parla suite, le plaisir qu'il avait éprouvé à y assister chaque jour. Ces orgies de la liberté étaient alors inconnues en France , et ce devait être un spectacle curieux pour un homme aussi profondément observateur, que de voir et d'entendre nos orateurs haranguer, de toute la force de leurs poumons, la populace qui les accablait de boue, de choux, d'œufs, etc. M. Cuvier put voir entre autres, sir Murray Maxwell , couvert d'un brillant uniforme et décoré de tous ses ordres, adressant des flatteries à la foule, qui lui répondait par des injures, et lui jetait à la tête tout ce que le règne végétal pouvait lui fournir de projectiles. Ces scènes remarquables ne s'eflacèrent jamais de la mémoire

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de M. Cuvier, qui les racontait souvent avec une extrême chaleur.

Son voyage en Angleterre avait pour but, d'abord d'étudier, sur les lieux, le mécanisme de notre gouvernement représentatif qu'il ne connaissait encore qu'en théorie. Il puisa sur ce sujet , dans la conversation de plusieurs de nos hommes d'Etat, et dans ses propres observations, des idées claires et précises qu'il sut par la suite mettre à profit dans ses travaux. C'était un fréquent sujet d'étonnement pour mes concitovens eux-mêmes , de le voir connaître si bien nos institutions, leurs dépenses , l'époque de leur formation et les changemens qu'elles ont subis. L'autre but du voyage de M. Cuvier était d'une nature scientifique , et j'ajoute avec plaisir, qu'il parla toujours avec reconnaissance de l'accueil qui lui avait été fait. Les facilités que lui avaient fournies nos savans et nos ministres^ les communications confidentielles qu'il avait reçues, l'empressement avec lequel tout avait été mis casa disposition , étaient pour lui d'agréables souvenirs qu'il aimait à rappeler. Il passa quelques jours à Oxford, accompagné du docteur Leach , conservateur du Mu-

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