PREMIÈRE PARTIE
nistère , attendu que, malgré son importance, ce poste élevé est à l'abri des commotions politiques, et ne demande que de l'ordre, une activité sans relâche , une stricte impartialité, et une connaissance approfondie des lois et des principes de l'administration. Cette même année Louis XVIII, voulant lui donnerune marque de son estime personnelle, le créa baron (i) , et l'appela à plusieurs reprises aux conseils du cabinet.
M. Cuvicr avait été deux fois grand-maître de l'université, mais ce fut toujours gratuitement qu'il en remplit les fonctions. En 182a, lorsqu'un évêque fut élevé à cette dignité , il accepta la grande-maîtrise des facultés protestantes de théologie , mais ce fut encore à la condition que celle place ne seraient point rétribuée. Il garda, jusqu'à sa mort, celte même place qui l'associait au ministère, et lui donnait la direction non -seulement des affaires religieuses, mais encore des droits civils et politiques de ses coreligionnaires.
(1) Huit jours après avoir reçu ce titre , M. Cuvicr se trouvant au théâtre , un des acteurs vint à réciter ce passage île son role : « Et pour tous ces services, le roi l'a fait baron. » Le parterre saisit gaimenl l'allusion et l'appliqua à M. Cuvierqui en rit beaucoup lui-même.
En 1824, M. Cuvier assista, en qualité de président d'une des sections du conseil d'État , au couronnement de Charles X, et, dans la même année , ce prince lui conféra la décoration de grand-ofGcier de la Légion-d'Honneur, distinction qui lui arriva, comme les précédentes, d'une manière tout à fait inattendue ; en 1826, son ancien souverain , le roi de Wurtemberg, le nomma commandeur de l'ordre de la Couronne.
En 1827, M. Cuvier, déjà grand-maître des facultés protestantes, fut, en outre, chargé , au ministère de l'intérieur, de la direction des cultes non catholiques, surcroît de travaux pour lequel il ne voulut recevoir aucun traitement. Cette année fut marquée par la plus cuisante douleur que M. Cuvier eût encore éprouvée , la mort du seul enfant qui lui fût resté. C'était une jeune et charmante personne de vingt-deux ans, parée de tous les dons que peut accorder la nature , et qui devait sous peu marcher à l'autel ; mais la mort changea sa couronne nuptiale en apprêts funéraires. Pleine de graces dans ses actions et ses discours , ornée de tous les talens , Clémentine Cuvier attirait, à son insu, tous les hommages, et les fixait par