TROISIÈME PARTIE. a5o
lion d'un cabinet d'histoire naturelle , et l'achat de divers instrumens ; c'est lui également qui fit naître l'idée de mettre sur les bâtimens de l'Etat des médecins instruits en histoire naturelle , et d'attacher des voyageurs au Muséum du Jardin des Plantes. Les richesses rapportées par l'Uranie j la Coquille et d'autres navires, sont une preuve de l'excellence de la première de ces mesures, car les officiers de ces bâtimens employèrent avec joie leurs momens de loisir à dessiner, à décrire et à conserver les objets qui s'offraient à eux dans le cours de leur expédition. L'accroissement rapide du Muséum, pendant la vie de M. Cuvier, parle trop fortement en faveur de la seconde pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter. Le mode de nomination aux places de professeurs était une question très-compliquée en France ; l'élection par vote avait de nombreux partisans ; d'autres voulaient que la nomination dépendît de l'autorité, enfin d'autres encore étaient d'avis que la transmission des places eut lieu par succession. Chacune de ces méthodes a ses inconvéniens ; et l'élection, qui paraît la meilleure en théorie, n'a pas réalisé dans la pratique les espérances qui ■ lui ont fait nccorder la préférence : elle donne à
l6o MÉMOIRES SUR M. CUV1ER.
tous la faculté de se mettre sur les rangs, et les hommes d'une habileté et d'une expérience consommées craignent d'entrer en rivalité avec des jeunes gens qui ne font que sortir des écoles ; et qui , doués de la hardiesse et des qualités brillantes de la jeunesse , l'emportent souvent sur eux. Les autres systèmes ont le défaut de donner trop d'accès aux affections particulières, et de placer des hommes d'un mérite inférieur dans les chaires de professeurs. Afin de remédier à ces inconvéniens et aux abus qui en étaient la suite, M. Cuvier créa l'institution qu'on appelle en France agrégation. En sortant des écoles, à cet âge ou éprouver un échec , est de peu d'importance , les jeunes gens se présentaient au concours pour devenir agrégés; en cette qualité ils devenaient suppléans des professeurs âgés ou malades , et en remplissant ces fonctions, ils avaient le temps et l'occasion de développer leurs talens et de se faire connaître. A la mort d'un professeur, la Faculté à laquelle il appartenait présentait une liste de trois candidats , choisis parmi les agrégés , et la voix du ministre décidait.
Convaincu depuis long-temps que les jeunes gens qui|se destinent aux différentes fonctions