‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 28 sur 62 · TROISIEME PARTIE. u6l · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. u6l

administratives auraient besoin de suivre un cours d'études spécialement adaptées au genre de connaissances qu'exigent leurs futurs devoirs, comme le font ceux qui veulent embrasser des professions savantes, M. Cuvier proposa, sous le ministère Siméon , de créer une nouvelle Faculté , ou école spéciale d'administration , sur le modèle de celles qui existent depuis long-temps en Allemagne, faculté à laquelle il désirait attacher son nom. Le projet fut préparé , et allait être mis à exécution lorsque ce ministre se retira; et l'on ne put obtenir de son successeur qu'une chaire de droit administratif qui fut même bientôt supprimée.

Toutes les écoles d'un ordre inférieur furent également l'objet des soins les plus assidus de M. Cuvier, et , quoique l'attachement aux anciennes méthodes ait fait avorter un grand nombre de ses projets , il réussit , en renouvelant sans cesse ses sollicitations près du gouvernement , à y faire adjoindre des professeurs d'histoire , de langues vivantes, et d'histoire naturelle. Afin de favoriser les progrès de l'instruction primaire, il fit établir des comités chargés de surveiller les écoles de leurs départemens respectifs, dans la persuasion que

iCri MÉMOIRES SUR M. CUV1EK.

ces comités, en excitant l'émulation des maîtres d'écoles, les engageraient à redoubler de zèle , et à donner plus d'étendue à leurs travaux. Dans quelques provinces, ce plan fut suivi du plus heureux succès, mais dans d'autres, l'esprit de parti et les dissensions qui l'accompagnent toujours , paralysèrent la bonne volonté même des hommes les plus actifs. Le discours suivant, prononcé après la mort de M. Cuvier, prouvera encore mieux sa sollicitude constante et son zèle bienveillant pour la jeunesse. Ce n'est pas seulement le chef chargé de la surveillance d'un établissement important , que nous allons entendre, mais les paroles de M. Cuvier lui-même qui vont témoigner du vif intérêt qu'il portait à l'instruction primaire. Ce discours est de M. Reynal, recteur de l'Académie de Bourges, et a été prononcé à la distribution des prix de l'école prolestante d'Anièresles-Bourges.

« Mes chers enfans , les fidèles de notre Eglise ont épargné sur leur nécessaire, de quoi vous faire construire une école, et vous procurer tout ce qui est à désirer pour votre instruction. L'Académie (de Bourges) s'est réunie à eux pour cette œuvre de piété et de dévoue-

Page 1