‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 36 sur 62 · QUATRIÈME PARTIE. -A&û · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. -A&û

du christianisme; a0 de bonnes connaissances en histoire générale et en géographie ; 5° des notions solides de la logique, de l'aritliméti que et de la géométrie: 4° de l'habileté dans le thème et dans la version latine, et dans la lecture du Nouveau Testament grec.» En entrant à l'Académie, il n'avait aucune connaissance de l'allemand; mais, comme nous l'avons déjà vu , en moins d'un an il remporta le prix de cette langue; il la parla toujours avec facilité, ainsi que l'italien qu'il y ajouta par la suite. Il en Hsait plusieurs autres, parmi lesquelles était l'anglais que je l'ai souvent entendu regretter de ne pouvoir parler. On l'accusait quelquefois de savoir mieux cette langue- qu'il ne voulait en convenir, mais il ne pouvait avoir aucun motif de cacher une chose dont il lui eût été si agréable de faire usage; d'ailleurs il s'amusait quelquefois à construire de courtes phrases en anglais, et demandait si elles étaient bonnes; quand la réponse était pour l'affirmative , il promettait de commencer sérieusement cette étude quelque jour, et il eût probablement exécuté celte résolution , s'il n'avait pas toujours trouvé dans ses filles d'habiles interprètes. La connaissance des langues moites était pour lui non-seulement la

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source des plaisirs les plus vifs , mais d'une nécessité absolue pour ses profondes recherches. Rarement, dans la conversation, il faisait allusion aux auteurs grecs et latins ; mais dans ses discours, même les plus familiers, il y avait un choix classique et une élégance d'expressions qu'il n'avait pu acquérir que par la lecture assidue des écrivains de l'antiquité. Les talens d'un ordre moins élevé qu'il avait ajoutés à ses vastes connaissances ne sont pas moins étonnans par leur nombre , car tous avaient dû lui coûter beaucoup de temps. Il savait , par exemple , à fond la science du blason, qui embrasse, comme on sait, une immense quantité de détails historiques.

On ne saurait mieux faire connaître la perfection précoce des talens universels de M. Cuvier, qu'en racontant quelques circonstances de son séjour en Normandie. J'ajouterai aux exemples que j'en ai rapportés ailleurs, un ou deux traits que j'emprunte à l'éloquent Eloge prononcé par M. Pariset, dans la dernière séance annuelle* de l'Académie de Médecine : « Un habitant de Caen, grand amateur d'histoire naturelle, possédait une superbe collection des poissons de la Méditerranée ;

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