‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 47 sur 62 · QUATRIEME PARTIE. 7) I · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE. 7) I

l'épigraphe suivante : ■< On peut me déchirer, mais jamais uie découdre. » J'élais à Paris lorsque le célèbre tableau de Pygmalion el sa statue, peint par Girodet , fut exposé au Louvre. Ce tableau produisit une sensation générale ; on fit sur lui des épigrammes et des impromptus sans fin ; d'autres y suspendirent des couronnes de fleurs, de sorte qu'il devint un sujet universel de discussion. La conversation étant tombée sur ce tableau à l'une des soirées de M. Cuvier , M. Brongniart (1) critiqua la carnation, qui, dit-il, était trop transparente ; le baron de Humboldt , qui s'occupait alors d'expériences chimiques avec M. Gay-Lussac , blâma la couleur générale du tableau, qui, selon lui, paraissait comme éclairé avec le gaz; M. de Prony (u) trouva défectueux le piédestal de la statue ; chacun donna de même son avis en signalant les défauts qui l'avaient frappé davantage dans ce célèbre tableau; AI. Cuvier prit la parole à son tour, et dit que le pouce de Pygmalion n'était pas dessiné correctement , et que, pour

i Minéralogiste célèbre , et directeur de la fabrique de porcelaines de Sèvres.

'i Professeur de mathématiques à l'Ecole Polytechnique, et dîne leur Jt l'Ecole des Ponts-et-chausaées.

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paraître clans la position choisie par l'artiste , il faudrait qu'il eût une phalange de plus que celles qui existent dans la nature. Là-dessus M. Biot , qui jusque - là avait gardé le silence , résuma avec une solennité comique tout ce qui avait été dit , en montrant que chacun des interlocuteurs avait été plus ou moins influencé par sa vocation particulière ou ses études de prédilection , et conclut en disant qu'il était convaincu que chacun d'eux , la première fois qu'il rencontrerait Girodet , le féliciterait sur la perfection de son ouvrage. Lors de ces soirées, il arrivait souvent que deux ou trois amis intimes restaient après le départ du reste de la société pour continuer l'entretien; le temps s'écoulait avec rapidité ; une heure du matin sonnait avant qu'ils songeassent à se retirer; et même alors M. Cuvier les retenait encore en leur disant : «]Ne vous pressez pas tant, Messieurs, il n'est pas tard. »

Mais l'époque dont je parle en ce moment est antérieure à la mort de Clémentine , ainsi nommée en souvenir de l'excellente mère qui avait si habilement guidé l'enfance de M. Cuvier. Telle était la bonté et la pureté de cœur de cette créature angélique, que jamais elle ne

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