‹ Mémoires du baron HaussmannChapitre 48 sur 91 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Puisages en Seine proposés. — Études nouvelles. — Projet de dérivation d'eaux de sources. — Développement de la distribution. -^ Mission de M. Mille.

La grande oeuvre de la dérivation de TOurcq, dont les gouvernements postérieurs au Consulat et au premier Empire ne surent pas s inspirer, en tenant compte de ses imperfections, pour aller chercher, encore plus loin, et partant d'un niveau plus élevé, un volume d*eau considérable, de qualité meilleure, peut être justement comparée aux dérivations dont les Romains avaient fait Temprise, en deux fois, dans TAnio, Tun des affluents du Tibre et que j'ai désignées précédemment, comme Frontin, sous les noms diAnio Veim et d'Anio Novus.

La dérivation de TOurcq amenait aussi des eaux de rivière, médiocrement limpides en toute saison, troubles en temps de pluie, froides en hiver, chaudes en été, comme du reste, les eaux de la Seine. Elles ne méritaient pas moins que celles-ci d'être rejetées, pour ces raisons, du service des concessions privées, mais ne jouissaient pas, ainsi qu'elles, d'une réputation, justifiée d'ailleurs, de salubrité parfaite. La plupart des

sources de TOurcq, provenant des terrains gypseux, étaient fortement séléniteuses, c'est-à-dire chargées avec eJLcès de sulfate de chaux (de plâtre, en langage ordinaire)^ et c'était le motif de l'abandon ultérieur des cours d'eau que le Clignon avait remplacés. Quelquesunes de ces sources, sortant de terrains tourbeux, y contractaient, l'été surtout, une saveur désagréable.

Quant à l'idée, bien simple, de puiser directement les eaux à dériver dans les sources alimentant les rivières plutôt que dans le lit de celles-ci, jamais elle n'était venue à personne, malgré l'exemple de l'aqueduc d'Arcueil, remontant à l'Empereur Julien. Peutêtre était-ce à cause de la proportion également élevée du sulfate de chaux contenue dans les eaux des sources de Rungis, Lhay, Cachan et Arcueil qu'il recevait; mais, très probablement, parce que les eaux des sources du Nord, amenées dans la ville par les religieux des couvents de Saint-Laurent et de Saint-Martin, étaient notoirement séléniteuses au point de passer pour on ne peut moins propres aux usages domestiques.

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