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MON ORGANISATION DU SERVICE

En attendant la création du Service où je me proposais de concentrer, à part, sous la direction de M. Deschamps, et sans aucun intermédiaire, les attributions multiples du Bureau de la Grande Voirie Parisienne considérablement amplifiées, je commençai par diviser en deux ce Bureau déjà trop .chargé d'aflaires. Laissant au premier la police de la Voie Publique dans Paris, je mis le Plan dans le second. Pour grandir la situation du Conservateur, je le nommai Chef de ce dernier, mais en lui maintenant son titre spécial et ses fonctions techniques, à la tête des Géomètres de la Ville.

Provisoirement, les Commissaires- Voyers des douze Arrondissements d'alors, comme les douze Commissaires-Voyers-Adjoints et les deux Inspecteurs- Voyers Divisionnaires chargés de contrôler leurs travaux, tous architectes, restèrent sous l'autorité du premier bureau.

Les deux Inspecteurs-Voyers Divisionnaires étaient MM. Charle et Lepage.

Les Commissaires-Voyers : MM. Levicomte, Moreau- Vestier, Delagenière, Lesueur, Eck, Chaudesaigues, Van Gleemputte, Dupeyrat et Bourgeois. Deux étaient chargés exceptionnellement de deux Arrondissements, au lieu d'un seul.

Les douze Commissaires-Voyers- Adjoints : MM. Brugère, Finiels, Dumas de Culture, Lehoëne, Peise, Perrodeau, Magne, Marcel, Vigoreux, Roussille, Blosse, Delamorinière. — MM. Finiels et Peise remplacèrent, peu après MM. Eck et Bourgeois.

Quant au service technique, les auxiliaires de M. Deschamps étaient MM. Lazare aîné, Pozier, Montry, Berger, Géomètres titulaires ; Picard-Dobrée, Géomètre- Vérificateur.

C'est en 1889, lors de l'annexion à Paris des territoires de la zone suburbaine l'enceignant, depuis l'ancien Mur d'Octroi, qui lui servait de limite, jusqu'aux Fortifications ; lors de la reconstitution, sur de nouvelles bases, de tous les Services Municipaux, que je fondai la Direction du Plan de Paris. Elle comprenait trois Bureaux, entre lesquels je répartis, d'abord, les attributions des deux anciens, embrassant désormais vingt arrondissements au lieu de douze, puis, celles se rapportant à la Petite Voirie Parisienne, qu'un Décret fit passer, en 1 839 , de la Préfecture de Police à la Préfecture de la Seine.

Les Services techniques extérieurs, rattachés à cette Direction, furent composés de la manière suivante :

Le Service Topographique : l**d'un Géomètre en Chef et de six Géomètres ; 2** de quatre Géomètres en Chef et de huit Géomètres pour les travaux extraordinaires.

Le Service de la Voirie : 1** de cinq Inspecteurs- Voyers Divisionnaires chargés de quatre Arrondissements chacun ; 2* de vingt Commissaires- Voyers d'Arrondissement et de vingt Commissaires-Adjoints.

La construction et la réparation des fosses d aisance furent placées sous la surveillance d'un Inspecteur- Voyer Divisionnaire spécial, assisté de dix Inspecteurs- Adjoints.

Alors seulement M. Deschamps, nommé Chef de ce grand ensemble, eut, dans mon administration, le rang que je lui destinais, et qu'il avait su mériter, aux yeux de tous, par la manière dont il me secondait depuis six années, dans les opérations les plus importantes et les plus délicates de ma tâche.

Ce sont les Géomètres du Service Topographique extraordinaire qui dressèrent les plans des voies nouvelles, des immeubles dont l'expropriation paraissait nécessaire pour livrer passage à ces voies et pour assurer la construction, en bordure, de maisons convenables et salubres.

Ce sont les Commissaires-Voyers qui, les expropriations décidées et prononcées, ont fait les expertises permettant au Conseil Municipal d'arrêter le montant des indemnités à offrir, tant aux propriétaires dépossédés qu'aux locataires évincés ; puis, de fixer les prix à demander pour les matériaux de démolition et les lots de terrain à revendre.

Mais Faction du Bureau, de la Voirie d'abord, puis des deux Bureaux qui se partagèrent ses attributions, et enfin de la Direction du Plan de Paris n'alla jamais plus loin.

C'est le Bureau du Domaine de la Ville, faisant partie, en premier lieu, de la Division de l'Administration Départementale et Communale, et, en dernier, de la Direction des Affaires Municipales, qui, de tout temps, fut chargé d'engager et de poursuivre les procédures d'expropriation et d'éviction; de remplir toutes les formalités voulues pour en régulariser le résultat; de faire aboutir le règlement amiable ou judiciaire des indemnités de toute sorte ; de procurer la vente de gré à gré, sinon par la voie de l'adjudication, suivie dans la plupart des cas de celle de tous les matériaux de démolitions et des lots de terrain restés libres au delà des alignements des anciennes et nouvelles voies publiques. Il devait encore instruire et soumettre à toutes les approbations de droit les traités de concession directe de certaines entreprises de percement que la Ville ne voulait pas ou ne pouvait faire elle-même en régie, et qui n'étaient pas susceptibles d'être mises utilement en adjudication.

En un mot, c'est par ce Bureau du Domaine de la Ville qu'ont été conduites et conclues toutes les opérations qui soulevèrent tant de violentes et bien injustes attaques contre mon administration, qui provoquèrent à mon adresse d'odieuses calomnies; d'autant moins excusables qu'au su et vu de tout le monde, le Préfet, avant comme pendant mon édilité parisienne, n'a jamais pris part personnellement aux négociations diverses, soumises aux nombreux contrôles que ces opérations ont nécessitées, ainsi qu'on le verra plus loin. Je me suis même abstenu d'en recommander spécialement aucune à qui que ce fût.

Néanmoins, il me fallait être sûr des chefs du Ser-

vice du Plan de Paris, aussi bien que du Chef de ce Bureau considérable. En effet, jusqu'au moment où le projet d'une nouvelle voie publique sérail mis à l'enquête, il importait de tenir à l'abri de toute indiscrétion le tracé précis de cette voie et le périmètre des expropriations qu'elle devait motiver. C'était enlever aux spéculateurs le moyen de profiter, sans risques, de l'ignorance des intéressés, ou à ceux-ci le temps de préparer toutes les fraudes par lesquelles tant de propriétaires et, surtout, de locataires indélicats ont réussi finalement à se faire allouer par des jurys trop complaisants des indemnités exorbitantes, au détriment de la Ville, c'est-à-dire de l'ensemble de la Population, Ce mot n'a rien d'excessif; car, je dus me pourvoir contre les opérations d'un jury dans lequel siégeaient des expropriés, naturellement favorables à l'exagération des dédommagements dus à d'autres victimes de l'utilité publique, à charge de revanche.

Je n'ai pas besoin d'ajouter que le travail des Géomètres pour le lotissement des terrains à revendre, et celui des Commissaires-Voyers, pour toutes les expertises et les estimations, devaient être dirigés, surveillés, rectifiés même, au besoin, par un fonctionnaire inaccessible à toute influence extérieure, connu comme tel par ses subordonnés, et les tenant tous, grands et petits, avec la même fermeté de main.

M. Deschamps fut ce fonctionnaire. Il mourut pauvre, vers 1880, dans une situation peu lucrative, mais honorable, que j'avais pu lui faire assurer pour améliorer un peu sa pension de retraite, réglée par la Ville après 1870.

Du reste, le personnel des Géomètres et des Com-

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missaires-Voyers, recruté de tout temps avec le plus grand soin, offrait, en lui-même, des garanties contre toute connivence avec les spéculateurs à Taffùt des occasions de gain. Je ne saurais donner ici la liste, extrêmement nombreuse, des architectes de renom qui figuraient dans ce double personnel d'élite; on comprendra suffisamment de quelle façon les deux services étaient composés quand j'aurai dit que M. Lesueur, membre de l'Institut, 1- Architecte qui reconstruisit THôtel de Ville, avec le concours de M. Godde, sous l'administration de M. le Comte de Rambuteau, remplissait, au début de la mienne, les fonctions de Commissaire-Voyer du VP arrondissement de l'ancien Paris. Il les conserva jusqu'en 1859, et fut un des cinq Inspecteurs-Voyers Divisionnaires que j'instituai dans la ville agrandie.

MM. Charles et Lepage occupaient, en 1853, et gardèrent jusqu'en 1859, les deux postes d'Inspecteurs- Voyers Divisionnaires, entre lesquels se partageait la surveillance du travail des Commissaires des 12 Arrondissements du Paris de cette époque.

MM. Lesueur, Van Cleemputte et Levicomte furent, avec eux, les Inspecteurs-Voyers Divisionnaires de ma nouvelle organisation, où M. Magne remplaça bientôt M. Charles.

Le Bureau de la Voirie, que le'respectable M. Chantelot dirigeait, en 1883, avec une intégrité défiant tout soupçon, était placé dans la Division de M. Trémisot, qui fut, comme on se le rappelle, remplacé, quand il devint Trésorier de la Ville, par M. Tronchon, Conseiller Municipal. A côté se trouvaient des Bureaux ayant

dans leurs attributions respectives, non seulement le Pavé de Paris, mais encore les voies publiques de tout le reste du département : Routes Impériales et Départementales, Chemins Vicinaux de toute catégorie; les Rivières navigables et les Canaux en amont de Paris, dans son enceinte et en aval ; les Eaux, les Egouts, les Vidanges de la ville, et de plus, tout le Service d'Architecture et celui des Carrières.

Toutefois, le Bureau de M. Chantelot, qui, dès 1854, perdit le Service du Plan de Paris, n'eut jamais dans ses attributions, quant à la Voirie Parisienne, jusqu'à sa disparition au cours de 1859, que les affaires ayant pour objet l'établissement, Tamélioration, la conservation des boulevards, des rues et des places publiques de la Capitale, la préparation des projets de voies nouvelles et tout ce qui s'y rattachait : la délivrance des alignements et permis de bâtir en bordure sur ces voies et sur les anciennes; la surveillance des constructions en cours et la poursuite des contraventions commises; en un mot, l'application de la Loi des Bâtiments. Les Architectes do tout ordre relevaient de ce Bureau, comme celui des Ingénieurs du Service Municipal, du Bureau chargé du Pavé de Paris, des Eaux et des Égouts.

La Préfecture de Police avait, par application du Décret du 12 Messidor an VIII, en même temps que la réglementation et la surveillance de la circulation sur toutes les voies publiques de Paris et du Département, le nettoyage, l'arrosage et l'éclairage de celles de Paris, la délivrance des permis de saillie, d'étalage et autres du même genre, etc., etc.

Pour distinguer les questions de compétence, celles

qui ressortissaient à la Préfecture de la Seine étaient qualifiées de « Service de Grande Voirie ». La réunion des autres constituait le « Service de Petite Voirie », par une fausse application des deux termes.

En effet, la Grande Voirie est le régime spécial sous lequel sont placées, par notre législation, les routes de TÉtat et des Départements. La juridiction des Conseils de Préfecture caractérise ce régime, duquel dépendent, en vertu d'une exception qui se comprend, mais qui reste unique, toutes les voies publiques de Paris, sans aucune distinction. La Petite Voirie est le régime exclusivement municipal et la juridiction des Tribunaux de Simple Police, applicables aux voies intérieures des autres villes, sauf les parties de ces voies formant traverses de Routes et tous les Chemins Vicinaux, quel qu'en soit le classement.

A partir de 1860, les modifications profondes apportées au Décret de Messidor, pour mettre fin aux conflits des deux Préfectures, fit cesser l'anomalie que je viens de relever, en concentrant à l'Hôtel de Ville toutes les attributions relatives à la Voirie.

Dans la nouvelle organisation de la Préfecture de la Seine, mise alors en vigueur, j'ai réparti ces attributions sous l'autorité de M. Deschamps, entre les trois Bureaux de son nouveau Service.

Le premier eut le Plan ; l'étude des alignements et percements ; le lotissement des terrains à revendre en bordure des voies publiques, anciennes et nouvelles;

Le second, les permissions de Voirie de toute nature ; la répression des contraventions de tout genre ; la dénomination des voies publiques et le numérotage

des maisons; les bâtiments en péril; les carrières; Le troisième, les Logements Insalubres, les Fosses d'Aisances. ^

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