CHAPITRE XII
De la Mortalité dans Paris. — Service des Inhumations. — La Fosse commune. — Conséquences de l'Annexion. — Recherches d^Emplacements.
A peine étais-je en pleine possession de la Préfecture de la Seine et de mes fonctions de Maire Central de Paris, qu'il me fallut entreprendre une étude sérieuse delà question des cimetières.
Le plus ancien, connu sous le nom de « Père-La- Chaise », mais dont le titre officiel est « Cimetière de TEst », fut formé d'acquisitions successives faites par l'Administration Municipale, pour obéir à la Loi du 33 Prairial an XU. Sa contenance primitive, d'environ 17 hectares seulement, fut portée à 26**, 10*, lors de son ouverture en 1804, puis à 43^, 95*, 56** par des agrandissements ultérieurs, dont les derniers datent de 1850.
Le Cimetière du Sud (Mont-Parnasse), ouvert en 1824, qui ne comprenait d'abord que 10 hectares environ, avait une superficie de 18**,44*,53*, depuis 1846.
Le Cimetière du Nord (Montmartre), ouvert en 1825, dont la contenance n'était aussi, tout d'abord, que de 10 hectares, couvrait 19**,47*,82% par suite d'extensions opérées en 1849 et 1850.
Ces cimetières mesuraient ensemble 81**,87*,W; mais les avenues, chemins, bâtiments et murs de clôture n'en absorbaient pas moins de 20^,40*,94*.
Tous trois se trouvaient hors ville, au delà des Boulevards Extérieurs, enceignant le Mur d'Octroi, sur les territoires des communes de Belleville, Montrouge et Montmartre, mais, dans Torigine, à distance normale de toute habitation. Ils étaient donc à l'abri de toute critique fondée, au regard de la Loi du 23 Prairial an XII, bien que, depuis leur établissement respectif, ils eussent été graduellement avoisinés de constructions trop rapprochées, suivant les dispositions de cette Loi, par Teffet du peuplement de la Zone Suburbaine. Ces constructions formaient, d'ailleurs, obstacle à tout nouvel agrandissement de ces nécropoles.
Je n'avais donc, en l'état des choses, pour assurer le Service des Inhumations, qu'une surface totale d'environ 6i hectares et demi : partie se trouvait engagée déjà par des concessions perpétuelles, par des concessions temporaires, et par les inhumations gratuites en fosses communes, pour S ans, depuis 1848.
Quels étaient les besoins annuels de ce Service? Voilà ce qu'il me fallait déterminer avant tout.