CHAPITRE XIV
État des choses ea 1853. — M. Lesucur. — M. Baltard. M. Hittorfif.
La Ville employait encore plus d'Architectes que d'Ingénieurs : mais la situation des uns et des autres différait du tout au tout.
Ceux-ci étaient des fonctionnaires appartenant à une hiérarchie fortement organisée, voués exclusivement au Service public, jouissant de traitements et d'indemnités fixes, assurés d'une retraite en fin de carrière, et remplissant leurs devoirs sans autre préoccupation, sans autre intérêt, que de s'en acquitter de leur mieux.
Ceux-là, choisis par le Préfet, sans qu'aucune règle gênât ses préférences, pour faire exécuter ou entretenir tel ou tel monument, telle ou telle construction, n'étaient attachés à la Ville que pendant la durée de leur mandat spécial. Ils travaillaient pour elle comme ils l'auraient fait pour un particulier ; ils continuaient à servir parallèlement leurs clientèles respectives. Dans la plupart des. cas, ils cosignaient eux-mêmes leurs sous-ordres ; ils recevaient enfin des honoraires proportionnels à la dépense des travaux effectués; ils ne montraient, en conséquence, qu'un zèle médiocre pour en réduire Tim-
portanee au-dessous du devis accepté par rAdministration^ et pour éviter la nécessité de travaux comportant des dépenses supplémentaires. En résumé, TArchitecture était pour tous une profession; pour beaucoup, sans doute, un art; mais pour aucun, ce n'était la fonction publique devenue aux yeux de celui qui en est vraiment digne : une sorte de Sacerdoce.