‹ Mémoires du baron HaussmannChapitre 82 sur 91 · CONTRÔLE · texte numérisé non relu

CONTRÔLE

Ce n'était pas une petite difficulté de maintenir, dans le double personnel du Service permanent et du Service temporaire, des habitudes d'ordre et de ponctualité. Les chefs n'avaient pas assez d'autorité personnelle sur leurs subordonnés, quand c'étaient d'anciens camarades d'École, ou de sévérité, lorsqu'ils retrouvaient en eux d'anciens élèves. Quant aux dépenses, à titre d'artistes, les uns et les autres en avaient un médiocre souci. J'ajoute qu'ils n'avaient pas, en général, toutes les connaissances désirables pour la rédaction d'un devis, ni l'application attentive et minutieuse qu'exige la vérification d'un mémoire.

Je dus créer, d'abord, un Service de contrôle des travaux, composé d'un Architecte, Contrôleur en Chef, M. Renaud, et de quatre Architectes Contrôleurs, dont

les rapports devaient passer sous mes yeux avant d'être remis au Directeur : en effet, je suspectais avec d'autant plus de raison la sévérité de M. Baltard, que ce service avait été institué contrairement à son avis.

Puis, je fondai une Commission de Revision des devis, à la tête de laquelle fut placé M. Dommey, le premier collaborateur de M. Duc pour les travaux du Palais de Justice. Elle était composée, sous sa Présidence, d'un Reviseur en chef, M. Ferré, et de quatre Reviseurs.

Enfin, je donnai une organisation régulière au Service de Vérification des mémoires, qui, du reste, existait en germe, et je le composai de vingt vérificateurs dans Paris (un pour chaque arrondissement) et de deux pour les arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux, placés sous la direction de M. Forget, Reviseur en chef, assisté de quatre Reviseurs divisionnaires.

On voit combien j'étais fondé à dire que la Ville employait plus d'Architectes que d'Ingénieurs.

MM. Haltard et Hittorff, auxquels j'ai consacré des notices très développées dans le Chapitre précédent, et MM. Duc et Rallu, qui me furent présentés immédiatement après eux par le vénérable M. Lesueur, lors de ma réception du Personnel du Service d'Architecture, après mon entrée en fonctions, étaient seuls chargés de l'exécution de Grands Travaux, en 1883.

A l'égard de MM. Raltard et Hittorff, dont la situation et la renommée faisaient, à cette époque, les tètes de colonne de ce Personnel, j'ai donné l'énumération détaillée des constructions qu'ils achevaient et de celles qui leur furent confiées ultérieurement.

Je vais, d'abord, faire de même au sujet de MM. Duc et Ballu. Puis, je passerai successivement en revue les nouveaux édifices que je fis entreprendre par d'autres architectes éminents.

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