M. DUC
En 1853, M. Duc, Grand-Prix de Rome, n'était pas encore Membre de l'Institut ; mais, il le devint bientôt après.
Cet habile Architecte avait élevé, sous le Gouvernement de 1830 et de concert avec M. Alavoine, la Colonne de Juillet, et restauré, plus récemment, avec le concours de M. Dommey, la Tour de l'Horloge du Palais de Justice, à l'angle de la rue de la Barillerie et du quai du Châtelet. Je le trouvai chargé de l'agrandissement et de l'isolement de ce Palais. Comme on a pu le voir dans un des Chapitres du Second Volume, cette opération était faite au compte de l'État pour la Cour de Cassation et la Cour Impériale ; du Département pour le Tribunal de Première Instance, et le Dépôt des Détenus, et de la Ville pour le Tribunal de Simple Police.
Il avait, cette fois encore, M. Dommey comme collaborateur. En 1861, lorsque celui-ci devint chef du Service de rédaction et de revision des devis dans la direction d'architecture de la Ville, ce fut M. Daumet, aujourd'hui mon confrèreà l'Académie des Beaux-Arts, qui le remplaça.
M. Duc était un grand artiste et un homme des mieux élevés, avec lequel les rapports de service étaient aussi agréables que faciles.
Je n'ai pas à faire Téloge de son talent : il me suffit de rappeler que le Grand Prix d'Architecture (Prix de 100,000 francs), donné par l'Empereur, lui fut décerné par ses pairs.
De concert avec M. Vaudoyer, Architecte indiqué par M. Fortoul, Ministre de l'Instruction Publique, M. Duc fut désigné pour la reconstruction et l'agrandissement de la Sorbonne, à frais communs entre la Ville et l'État. Mais après la pose de la première pierre, solennellement faite par le Ministre à l'issue d'une distribution des Prix du Concours Général, en 4868, il ne put donner suite à ce beau projet né de cette collaboration de deux artistes émérites, faute d'inscription de la subvention promise au budget de l'Etat, malgré mes réclamations incessantes.
Une autre raison mit également obstacle à l'exécution du projet de reconstitution du Lycée Louis-le-Grand, que je lui avais fait dresser.
Lors de la translation de l'Hospice des Incurables (Femmes) de la rue de Sèvres à Ivry, les vastes bâtiments de cet établissement magnifique, aux cours bien aérées et plantées de beaux arbres, me semblèrent ne pouvoir être mieux utilisés qu'à l'installation du Lycée qui manquait au Faubourg Saint-Germain. Je me proposai d'y placer Louis-le-Grand.
L'agglomération, dans le quartier Latin, de trois des cinq Lycées Impériaux de Paris, du Collège Municipal RoUin, de l'Institution libre de Sainte-Barbe, sans parler du Collège des Jésuites de la rue des Postes, me paraissait regrettable àtous égards, surtout au point de vue de l'externat. Déjà était décidée la translation du Collège
RoUin à l'Avenue Trudaine sur le versant de la Butte Montmartre, à égale distance des Lycées Bonaparte (aujourd'hui Condorcet) et Charlemagne. Je croyais plus que suffisant de conserver Henri IV, Saint-Louis et Sainte-Barbe sur la MontagneSainte-Geneviève. Mais la routine, 'décorée du nom de tradition, l'emporta, cette fois. Après bien des péripéties, mon projet fut écarté.
Dans ces derniers temps, il a fallu créer un nouveau Lycée pour le Faubourg Saint-Germain, boulevard des Invalides et maintenant (ô sainte routine !) on reconstruit Louis-le-Grand sur remplacement trop exigu et peu sain qu'il occupait.
Je fus heureux de faire accepter à M. Duc le poste d'Architecte en chef divisionnaire de la Ville dans mon organisation du Service Municipal d'Architecture.