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226 MÉMOIRES Le 18, à six heures du matin, la montagne Monapin , située sur la partie nord de l’île de
cent quarante pieds au-dessus du niveau de la mer. Entre ces montagnes se trouvent des plaines élevées, d’une grande étendue , couvertes de bois, parsemées de lacs, et où le climat est assez tempéré; c’est aussi la partie la plus peuplée de l'ile. Les montagnes qui la traversent ne s’écartent jamais de plus de huit lieues de la côte occidentale , de sorte qu'il existe sur le versant opposé une plaine de près de soixante lieues de large , arrosée par les cours d’eau les plus considérables , tels que le Siak , l’Indragiri , le Jambi et le Palembang Le climat varie suivant l'élévation du sol. La chaleur, dans les plaines, n’est pas aussi excessive qu’on devrait s’y attendre , car le thermomètre s’y élève rarement à plus de vingt-trois degrés de Réaumur. Elle est d’ailleurs tempérée par des vents de terre et de mer qui se succèdent régulièrement, mais à mesure qu’on s'avance dans l’intérieur la chaleur décroît sensiblement, Toutefois on n’y connaît ni la gelée, ni la neige, ni la grêle ; l'atmosphère y est plus nébuleuse qu’en Europe, et la pluie y tombe par torrents pendant six mois de l’année. L'île de Sumatra n’est pas très fertile, mais elle est riche en substances minérales , telles que l'or, le cuivre, le fer, l’étain, le soufre , le nitre , le charbon de terre, et en ocres de différentes couleurs ; il n’y existe pas de mines d'argent. Le riz et les noix de coco sont les productions les plus importantes de son
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Banca, se montra dans le sud-est, quinze ou seize lieues de distance, et la côte de Su-
territoire , et forment la principale nourriture des naturels , qui cultivent en outre le bétel , le bambou, le sagou , différentes espèces de palmiers , la canne à sucre , le maïs , le poivre , le curcuma , le gingembre, la coriandre , le cumin, le chanvre, le mangouste. l’oranger , le citronnier, le mango, le papau, le grenadier , le tamarinier, le noisetier. l’amandier , l’arbre à pain, la vigne sauvage, le ricin, l’indigotier, le bois de Brésil, l’ubar, l’upas ou bois de poison, le campbhrier, le benjoin , le cassia, la canne, le cotonnier ordinaire et le cotonnier soyeux, le cafier, le dammar , espèce de térébinthe , le sang de dragon, l’agila ou lignum-aloes. Les forêts dont Sumatra est couverte renferment en outre une grande variété d'arbres qui sont propres aux constructions maritimes. Ce sont le poun, dont on fait des mâts, le camphrier, le bois de fer, le marbau ou bois de charpente, le kayu-gadis , le rangi qui ressemble à l’acajou , etc. On y trouve, entre autres animaux, letigre, qui y est d’une grosseur prodigieuse ; l'éléphant, qui parcourt le pays en troupes nombreuses , et commet de grands dégâts dans les plantations ; l’hippopotame , le rhinocéros , l'ours , le daim, le singe , l’écureuil, le chat tigre; les reptiles les plus dangereux que l’on y connaît sont le crocodile , les serpents de différentes espèces , et le terrible boa sonstrictor , qui yatteint trente pieds de
ul. 15
matra, depuis le nord-ouest un quart ouest 5° ouest, jusqu'au sud-ouest, à quatre ou cinq
longueur. L'or abonde dans l’intérieur de l’île, mais principalement dans le royaume de Menancabou , ce qui a sans doute déterininé les Hollandais à établir leur principal comptoir à Padang , sur sa frontière. Les Malais sont les seuls indigènes qui se mêlent d’exploiter les mines. Celles-ci sont si nombreuses que l’on en compte au moins douze cents dans le royaume de Menancabou. On porte à Sumatra des draps , des cotonuades, des indiennes, des draps écarlates , des mouchoirs peints, des mousselines, des taffetas, des soieries, de l’opium en grande quantité, du tabac, de la porcelaine grossière , des poêles en fer, du fil d’or, des éventails , des armes, des canons , des chapeaux, des épices, du sel, du riz, de l’argen , du fer, de l'acier, du plomb, de la coutellerie et «: “'archal.
Les Sumatrans sont au-dessous ©: :a taille moyenne, assez grêles , mais bien faits. Les femmes, dont les mœurs sont très pures, ont en général le teint jaunâtre ; mais celles des preinières classes, étant moins exposées aux rayons du soleil, sont presque blondes. Dans l’intérieur de l'ile, les hommes sont plus grands et plus robustes que les Malais , et ont le teint plus blanc. La polygamie y est permise ; quand un homme veut épouser une femme, il l’achète ; s’il paie la somme comptant, sa femme devient sa propriété , et il peut la revendre quand bon lui semble, pourvu toutefois
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lieues; à midi, latitude sud 1° 27, longitude 1 04° 44". Le 19, les deux monticules, situés sur la partie septentrionale de Banca , nous restaient à l’est, l’un à 2°, l’autre à 6° sud ; la montagne Monapin au sud 54° est, et l’île de Sumatra dans l’ouest jusqu’au sud. À midi, latitude 1°44! sud, et longitude 104° 59/ ; la montagne Monapin au sud 51°est, distance de huit lieues, et la pointe Batta-Carang au sud, à cinq lieues. A six heures du soir, nous mouiliâmes à l’est
qu’il en fasse premièrement l'offre aux parents. Ils aiment beaucoup le jeu , qui est rigoureusement défendu par leurs lois. Les combats de coqs sont un de leurs amusements favoris. Le malai est en usage sur toute l'étendue des côtes , ainsi que dans le royaume de Menancabou ; les autres langages que l’on parle dans l’île ont plus ou moins d’analogie avec ceux des insulaires de la mer du Sud. Ils se servent de caractères arabes, et écrivent sur l'écorce intérieure d’un arbre ou sur le bambou. Le pays est partagé entre les Menancabous , les Malais, les Achinèses, les Battas, les Rejangs et les Lampongs. Leur gouvernement est féodal ou patriarcal. La famille entière est responsable des dettes de chacun de ses membres. Le meurtre et l’assassinat se rachètent par une amende. Les châtiments corporels y sont rares. Les débiteurs insolvables deviennent les esclaves de leurs créanciers. Les indigènes n’ont pas fait
nord-est 5° est de deux petites îles dont la plus septentrionale est désignée sous le nom de Ponthion; et au sud un quart sud-ouest de Batta-Carang, cinq lieues de distance.
Le 21, à six heures du soir, nous fimes route au sud un quart sud-est, et sud sud-est, avec l'attention de nous tenir par neuf ou dix brasses, afin d'éviter le rocher Frédéric-Henri, 41 qui se trouve placé à l’ouest nord-ouest de la | montagne Monapin, à environ sept milles de | la côte de Banca.
de grands progrès dans les arts industriels ; ils excellent toutefois dans la fabrication des bijoux d’or et d’ar- | gent, et possèdent des fabriques de soieries et de co-
tonnades , de poudre à tirer ; d’armes à feu, de coutellerie, d'outils, de paniers, de nattes, de clouteric et de poterie. Le dessin et la peinture leur sont inconnus. Toutes leurs connaissances en médecine se bornent à administrer des simples. Lorsqu'un homme est atteint de folie, ils le croient possédé d’un esprit malin. Pour l’en délivrer, ils le renferment dans une
hutte, et mettent le feu aux quatre coins. Si l’infortuné patient parvient à s'échapper, on en conclut que l’esprit l’a quitté. Les Sumatrans sont mahométans, ou plutôt ne professent aucune religion. On n’a jamais es-
sayé de les convertir au christianisme.
( Dictionnaire géographique.)
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Ce rocher ne s'aperçoit qu’à la mer basse ; quand elle est haute, il n'est couvert que de huit pieds d'eau. En approchant, le fond augmente jusqu'à une profondeur de quatorze brasses ; c’est en proportion de cetie profondeur qu'il faut se mettre en défiance : deux vaisseaux , l’un anglais, l’autre hollandais, se sont perdus sur ce rocher. Il importe de ranger de plus près la côte de l’île de Sumatra que celle de Banca, et de n’approcher cette dernière que par dix, ou, tout au plus, douze brasses.
Nous mouillâmes à dix heures. J’observai le lendemain que, depuis la pointe de Tanjan- Bow, côte orientale de Sumatra, jusqu’à la pointe de Batta-Carang, les terres sont constamment basses et couvertes d'arbres dont les racines semblent s'étendre jusque dans la mer. La durée des ouragans, qui sont fréquents dans ces parages, et l’énorme quantité de pluie qui tombe presque tous les jours doivent rendre le sol insalubre et marécageux. La côte est remarquable par les rivières ou les nombreux torrents qui s'en échappent, entrainant dans leur cours des arbres entiers. L'épaisse humidité qui enveloppe cette partie de
l'île, et le sol échauffé par les rayons d’un soleil presque perpendiculaire , produisent une abondance de gaz et de fluides électriques, qui s'élèvent dans les moyennes régions de l'air : de là des orages épouvantables, qui ne durent que quelques heures, mais dont les commotions n’ont rien de comparable à celles que nous éprouvons dans nos climats tempérés.
J'ai lieu de croire que cette partie de l’île de Sumatra est inhabitée.
La montagne Monapin et la pointe de Batta- Carang, qui forment l'embouchure du détroit.
gisent exactement sous le même parallèle , l’une et l’autre par 2° latitude sud. La montagne Monapin est située par 105° 18’ de longitude, et la pointe par 105°, ce qui donne 18° d'ouverture à l'embouchure septentrionale du canal. À midi, latitude observée 1° 59’, et longitude 105° 5’, à cinq milles de Sumatra, et treize de Banca : dans le milieu du canal, le fond est constamment de dix à treize brasses.
Le 24, latitude 2° 2’, longitude 105° 7’. Le
25, à six heures du matin, nous aperçûmes dans le détroit deux bâtiments à trois mûts.
tous les deux américains : l’un {a Persévérance,
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venant de Salem; l’autre l’Élisa, venant de la Providence . Nouvelle-Angleterre.
M. Pages , capitaine de l'Élisa , partant de Batavia , avait dirigé sa route à l’est, dans l’intention de se rendre aux Moluques , et de là à Manille, en passant par le détroit de Macassar. Le 179 avril, au nord et vis-à-vis la grande île de Flore, il eut connaissance d’un pros malais qui paraissait louvoyer lentement entre lui et la terre; il se rapprocha de ce bâtiment pour entamer quelques opérations; les Malais annonceèrentqu'ils avaient des épiceries, et, sur l'invitation qui leur fut faite, ils vinrent se placer le long du bord. M. Pages, son second et trois matelots descendent sur le pros ; mais à peine ont-ils nosé le pied, que les Malais, tirant leurs poignards, frappent et jetent sans vie deux matelots et le capitaine lui- même : le second capitaine et le dernier matelot ont le bonheur de remonter à bord.
Cinquante autres Malais, couchés sur le tillac, se montrent tout-à-coup, armés de fusils et d’espingoles . font une décharge générale, et montent à l'assaut. Les gens de l’Élisa, surpris dans ce premier moment, luttent avec désavantage contre des ennemis robustes et
aguerris; enfin quatre pièces de canon, pointées contre le pont du bateau malais, et presqu'à bout portant, balaient la moitié des agresseurs; le reste s'éloigne, faisant force de rames.
À une certaine distance, le bateau malais s'arrête; une colonne épaisse de fumée s'élève de son bord. À ce signal, cinquante autres pros quittent la côte, et se dirigent vers l’Élisa.
Trente hommes composaient l'équipage de l'Élisa ; ils étaient dans la consternation ; un ‘alme plat cnchaînait le navire sur un vaste banc de corail , n’ayant que quatre pieds d'eau de profondeur : deux mille ennemis s’avancaient au combat.
Tout à coup, au moment où les Malais vont commencer l'attaque, un vent frais s'élève , le navire déploie ses voiles, s'échappe de la prison où il semblait attaché, et marche fièrement au milieu de la flottille ennemie. Les Malais, déconcertés par cette manœuvre, hésitent ; le désordre se met dans leurs mouvements. Cependant, l’Élisa leur envoie ses bordées de stribord et de bâbord ; quelques pros sont coulés à fond; sur les autres, beaucoup d'hommes sont tués ou blessés. L'épouvante s'empare du reste des
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DU CAPITAINE PÉRON. 255 Malais; ils se dispersent en toute hâte ct regagnent la côte.
La Persévérance, après avoir relâché à Batavia , avait entrepris de passer par le détroit de Gaspard, mais ayant touché sur un banc de corail, par 3° 50’ de latitude sud , le capitaine avait pris le parti de diriger sa route par le détroit de Banca.
Le 26, à onze heures, nous relevions la montagne Monapin au nord 50° est; deux pointes de Banca au nord de cette montagne, l’une au nord 30° est, et l’autre au nord 25° est ; une autre pointe du sud de la même montagne, en dedans du détroit à l'est ; celle de Batta-Carang à perte de vue , au nord 68° ouest ; et celle du nord de la Fausse-Riviere, au sud 65° ouest.
Nous découvrimes la ville de Maintow , située sur le penchant de la montagne Monapin, du :ôté du midi : cette ville doit étre plus considérable qu'on ne le croit ordinairement.
Le 25, nous achetâmes d’un pros malais un bloc d’étain de quatre-vingt-sept livres, moyennant dix piastres. Ce même jour, à sept heures du soir, je signalai la montagne de Permisang au sud-est un quart est 10° est. Dans
le trajet, nous avions côtoyé l'ile de Sumatra.
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à trois milles et demi et quatre milles de distance, depuis la quatrième pointe, et nous avions parcouru environ douze milles à l’est un quart sud-est vers la troisième ; les sondes avaient rapporté constamment sept à huit brasses ; nous n'eûmes aucune connaissance des rochers ou bancs de sable marqués sur les cartes anglaises. S'ils existaient à cette distance de l'ile, et dans ce gisement, par rapport à la quatrième pointe, nous les eussions rencontrés. 11 est probabl: que ces rochers sont plus rapprochés de la côte.
Le 29, à quatre heures du matin, nous découvrimes les îles Nanka (1), depuis le sud 78° est, jusqu'au sud 86° est, à trois lieues de distance ; à midi, latitude 2° 51’, et longitude 105° 56, à onze milles de la grande île Nanka. Le 50, latitude 2° 39, longitude 105° 58.
La deuxième pointe de la côte de Sumatra est située par 2° 42’ 30” de latitude 105° 57’ de longitude. Un banc de sable s’étend au large, à plus ou moins de distance, depuis un mille jusqu'à trois milles de la côte.
(1) On suppose que ces îles sont d’une création récente. Latitude sud 2° 2, longitude 103° 21”.
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À neuf heures du soir, nous aperçûmes un feu vers le milieu du canal; nous hissimes une lanterne sur le gaillard d'avant, mais le feu que nous avions aperçu disparut aussitôt, Le lendemain, à trois heures et demie du matin, nous passâmes auprès d’un bâtiment à trois mâts; on le héla à plusieurs reprises, mais personne ne se montra, personne ne répondit; peu de temps après, ce bâtiment fut sous voile, se dirigeant vers le nord.
Le 1° juin, à cinq heures du matin, nous eûmes connaissance d’une flotte malaise à l'ancre, vers l'entrée sud du détroit, à un mille et demi de distance de nous; elle était forte de dix-huit gros bateaux malais, et d’un brick qui se trouvait en tête. Elle appareilla soudain, s’avançant à notre rencontre. En cas d’attaque, nous n'avions d'autre moyen de défense que six mauvaises pièces de quatre, avec très peu de munitions, quelques fusils de calibre et des cartouches. Le nombre de nos ennemis pouvait être de quinze cents ; notre équipage n'était composé que de quarante hommes. Un vent très faible nous enlevait les moyens de fuir, Dans ce danger, chacun s’arma de résolution ; dans l'alternative où nous étions de périr
298 MÉMOIRES en nous rendant, ou de succomber encombattant, on préféra vendre chèrement sa vie,
Le bâtiment continua de louvoyer, comme à l'ordinaire , d’un bord sur l’autre du détroit , tandis que nos gens, disposés sur deux lignes de l'avant à l'arriere du bâtiment , défilaient sur le pont, au son du fifre et du tambour, changeant de vêtements, au moment où ils n'étaient plus en vue, et reparaissant ensuite. Cette évolution, digne d’un petit théâtre, sulfit pour en imposer à nos ennemis, qui, nous croyant plus nombreux que nous ne l'étions réellement, ne nous inquiétérent pas. Nous eùmeés même la témérité de pousser nos bordées jusqu'au milieu d'eux ; ils continuerent leur route au nord et nous vers le sud,
AY sept heures, huit autres pros sortirent de dessous la côte de Banca, se dirigeant aussi Vers le nord, ainsi qu’un brick sous voiles qui tint la même route; à huit heures, trois bateaux et un autre brick, au sud de Banca, gouvernèrent également vers le détroit.
La forme de ces bricks indiquait qu'ils n'avaient pas été construits par les Malais ; il est probable que ce sont autant de captures
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DU troit ; lignes ilaient 1bour , où ils nsuite.
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qui ont été faites par ces pirates. Le bâti-
ment à trois mâts que nous avions rencontré
les 50 mai, bien qu'il fût de construction européenne , leur appartenait sans doute aussi par le droit de conquête ou de brigandage.
Le même jour, à midi , latitude 5° 3 30”, longitude 106° 16; la montagne Permisang au nord 19° ouest; la pointe Lalary au nord 35° ouest; l'ile de Lucepara au sud 59° est; la premiére pointe de Sumatra au nord 44° ouest ; la poinis Lucepara, dans l’île de Sumatra , au sud 5° est ; et la:montagne Saint-Paul au nord 84° est. Le 2 juin, nous longeñines, à la distance de deux milles et demi à trois milles, la côte de Sumatra , entre cette oteet les bancs de sable qui se trouveni ä1 nord de l'i: de Lucepara, nous entreten:.nt tuujours par cinq et six brasses, la plus grande profondeur entre ies deux iles de Sumatra et de Lucepara.
La position du centre de l'ile de Lucepara est par 5° 12’ de latitude et 106° 22’ de longitude, à soixante - quatre milles à l’est, et soixante-douze milles au sud de la montagne Monapin; distance l’une de l'autre, quatrevingi-dix-sept milles.
Le 9. à neuf heures du matin, une somme
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chinoise nous aborda sur notre invitation; elle était montée de dix hommes, dont un vieillard nous parut être le chef. Ses vêtements de soie couleur de pourpre, et un magnifique turban, semblaient annoncer l’opulence ; il portait un chapelet à la main ; sa taille avantageuse , un air de noblesse et de bonté répandu sur toute sa personne commandaient le respect. On lui fit un accueil très gracieux , et de son côté il nous fit don de quatre gros coqs; notre capitaine le pria d'accepter en échange un grand pot de confiture de la Chine.
Le 10, à midi, latitude 3° 49/ , longitude 106° 21”, à douze ou quinze milles de distance de l'ile boisée, qui nous restait à l’ouest un quart sud-ouest. Le 11, à six heureset demie, nous eùmes connaissance de l’île à laquelle les Anglais on donné le nom de North-Walther, dans le sud sud-est à sept à huit lieues de distance. Les îles des Deux-Sœurs se montraient dans le sud-ouest un quart sud, à huit ou neuf lieues de distance. À midi, latitude 4° 55’ , longitude 106° 26’. Le 12, latitude 5° 23, longitude 106° 5’; l’île du nord nous restant au sud 20° ouest, et la pointe de Bantam au sud 15° est; le centre des Deux-Sœurs doitêtre par 5° 9'
3; elle illard e soie vrban, ait un se , un r toute On lui côté il tre Ca grand
agitude istance 1est un demie, laquelle alther, de disatraient ou neuf ! , lon- , longiau sud sud 15° par 5° 9
90” de latitude, et 106" 10’ de longitude. Le lendemain nous relevâmes les Trois-Sœurs, trois petites iles situées au sud de l’île du nord, à l'ouest 2° nord ; la pointe ouest de l’île du Milieu au sud 20° ouest ; la pointe de Bantam, en dedans de celle de Saint-Nicolas, au sud 65° est; et plusieurs îles situées à l’est de la pointe aux Cochons, extrémité méridionale de l'ile de Sumatra, au sud /{o° ouest. Nous manœuvrâmes pour rapprocher l'île de Java et atteindre Anger-Point. À midi, latitude 5° 52’, longitude 106° 4’; la pointe Saint-Nicolas à l'est ; la Grande-Toque, par la pointe nord de l'île du Milieu, au sud 58° ouest; la pointe sud de l’île du Milieu, au sud 49° ouest; la pointe aux Cochons, derrière laquelle paraissait le pic Tamarin, au sud 80° ouest ; la Petite-Toque, au sud 18° ouest; la quatrième pointe de Java
au sud, 24° ouest; le centre de l'ile du nord, au nord 38° ouest, et une petite île, située
près de la côte de Java, au sud 20° est, à quatre milles.
Ces divers relèvements ne cadrent pas avec ceux tracés sur le grand plan du détroit publié à Londres sous le titre du Pilote oriental
anglais. 11 y a dans ce recueil deux cartes de LR 16
M. d’Apres Manevillette, augmentées et corrigées. La vérité est que tout ce travail est défectueux et incomplet.
Au coucher du soleil, je relevai la Grande- Toque au sud 63° ouest, et, dans la même direction et plus loin, le pic Cracatoa. Une partie de l’île du Milieu se montrait au nord de la Grande-Toque; la pointe aux Cochons restait au sud 80° ouest; l'ile du nord au nord 44° ouest; la Petite-Toque au sud 27° ouest; la pointe Bantam au sud 78° est; et la pointe sud d’une petite île, sur la côte de Java, au sud 18° ouest.
Le14, le banc Browers fut signalé, se prolongeant le long de la côte de Java , l’espace de six à sept milles, et à deux milles de distance ; pour l’éviter, il importe de tenir la côte de Java et ce rocher, c’est-à-dire la Petite- Toque et la quatrième pointe de Java, l’une par l’autre, au sud-ouest 5° ouest. À midi, j'observai à bord 5° 57’ de latitude , et 106° 3/ 30” de longitude ; le banc de Browers depuis le sud 22°est, jusqu'au nord 43° est.
Le 15, à six heures, le mât du pavillon du village d’Anger-Point nous restait, par la pointe ouest de la rivière au nord 88° est ; la pointe
corst dé-
‘andemême . Une 1 nord >chons rd au ud 27° ° est; la côte
se pro- ’espace de disla côte Petite- , l’une i, j'obe 3/ 30” s le sud
lon du pointe pointe
nord de la baie, au nord 52° est ; la pointe sud de la baie, au sud 45° est; la quatrième pointe de Java, dans le détroit de la Sonde, au sud {2° ouest; la Petite - Toque au nord 28° est; la Grande-Toque au nord r0° est; l’ile sudouest de la pointe Saint-Nicolas au nord 35° est; les extrémités de l’île du Milieu, du nord 25° ouest, au nord 37° ouest ; une grande pointe à l’ouest de celle des Cochons , dans l’île de Sumatra, au nord 54° ouest; la montagne Knott, par - dessus cette pointe, au nord 48° ouest; le pic de l’ile de Tamarin, au nord 76° ouest ; le pic Cracatoa, au sud 79° ouest; la partie la plus nord de cette île, au sud 86° ouest ; l'ile de Sambouricou, du nord 63° ouest , au nord 69° ouest; et le pic d’Anger-Point, au sud 38° est , à sept milles de distance.
Il nous fut difficile de trouver de l’eau à Anger-Point : depuis quatre mois la sécheresse avait tari les sources et même les rivières. Les vivres s’y trouvèrent en abondance.
À midi, latitude observée 6° 3’, longitude 105° 59/ 30”. Le 16, les naturels nous apportèrent à bord différentes espèces d'oiseaux , qui appartenaient toutes à la nombreuse famille
des perroquets.
Parmi ces oiseaux , le lory se distingue par l'élégance de ses formes et la richesse de son plumage. Sa couleur bleu de roi foncé n’a d’autre variété qu’un intervalle sur le dos, entre la naissance des ailes et le cou ; sur sa tête est placée une étoile formée par des plumes jaunes d’un brillant éclat ; le bec ressemble à celui du perroquet, mais il est moins gros et plus alongé, et d’un rouge plus vif; les pattes sont de la même couleur. I] n’est pas organisé pour imiter la voix de l’homme , mais il siffle avec beaucoup de mélodie. Le prix de cet oiseau était de cinq piastres ; on nous donna tous les autres pour une demi-piastre.
Le 19, je descendis à terre pour reconnaître le village et les lieux voisins. Le terrain que je parcourus est couvert d'arbres qui s'étendent jusqu’au bord de la mer; mais, dans l'endroit où il y avait le plus d’ombrage , je fus assailli par une prodigieuse quantité d'insectes ailés : on ne pouvait respirer sans qu'il en entrât beaucoup dans la bouche ou dans les narines. Des écureuils volants, une multitude d'oiseaux et de singes de toute espèce, loin de s’effrayer de notre présence , semblaient s’applaudir de nous voir ; ils sautaient au - dessus de nos
1e par de son cé n’a , entre ête est jaunes à celui et plus es sont sé pour le avec oiseau ous les
nnaître À que je endent endroit assailli s ailés :
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têtes, et noussuivaient d’une branche à l’autre.
À peu de distance du village, on ne trouve aucune trace d'habitation ni de culture. Le sol a toutes les apparences de la fertilité ; son aspect est très agréable , et l'air doit être plus sain qu'à Batavia. Les Hollandais qui résident dans cette contrée jouissent d’une bonne santé.
Cet établissement est gardé par un petit nombre de Hollandais ; ils ont adopté les usages des Malais , et vivent avec eux en bonne intelligence : ceux-ci sont vingt fois plus nombreux que les étrangers.
Le bourg ou village d’Anger-Point consiste dans un grand nombre de cabanes bâties en bousillage et bambou; leur distribution est simple et bien entendue. La partie habitée par les Hollandais est la plus rapprochée du rivage ; on à construit en avant une espèce de batterie à barbette de forme circulaire, sur laquelle sont placées huit pièces de trois livres de balles , pointées sur la mer. Ces faibles moyens de défense sont dans un état complet de délabrement , ils ne peuvent en imposer qu'aux @irates malais.
Le costume des Malais est une veste sans
collet, sans manches et sans boutons, assez semblable à celle des Mameloucks ; ils ont autour des reins une tunique ouverte sur le devant, et une pièce de coton dont l’un des bouts, venant de derrière en avant, sert à relever la partie inférieure entre les jambes. Ils portent une ceinture de toile de coton de différentes couleurs, qui les couvre depuis la poitrine jusqu'aux hanches, et sous laquelle ils placent leurs poignards. La coiffure des chefs se compose d'une toque et d’un turban; les Malais de la classe inférieure n’ont qu’un mouchoir plié en deux, auquel ils donnent une forme triangulaire, en plaçant trois pointes sur le devant; les deux plus longues sont attachées sur le front; la troisième est passée entre la tête et le nœud, qu’elle cache en s’arrêtant par-dessus ; l'estomac, une partie des cuisses , les jambes et les pieds restent à découvert : les plus riches portent une chaussure assez semblable aux sandales.
Les individus des deux sexes se noircissent les paupières avec une espèce de gomme qu'ils introduisent entre elles et le globe de l'œil : peut-être ce procédé a-t-il, dans lew idée, l'avantage de fortifier la vue. Un autre usage
, Assez nt aule deun des rtà rebes. Ils de difla poielle ils :s chefs an ; les in mount une ntes sur tachées ntre la arrétant uisses , ert : les sembla-
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idée,
usage
non moins général chez ces peuples, c'est celui de mâcherle bétel, amalgame de noix d’arèque et de chaux, renfermé dans une feuille de cette plante. Le bétel a la propriété de rendre la bouche vermeille, et en même temps le grave inconvénient de noircir les dents; il occasione une expectoration continuelle. Tout le monde convient que cette coutume n’a rien de nécessaire à la santé dans un climat où l’air doit être pur, mais tout le monde s’y conforme.
Le riz et le sagou forment la nourriture ordinaire : ces aliments sont appropriés au tempérament de ces insulaires ; ils ont un embonpoint remarquable; leur taille n’est pas très élevée : je n’en ai pas vu un seul qui eût plus de cinq pieds trois pouces.
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