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DU CAPITAINE PÉRON. 65 de cette épreuve, notre poisson fut reconnu très bon.
Le point du jour nous laissa voir le fond autour du vaisseau, et, au lever du soleil, nous découvrîimes une petite île basse couverte d’arbres et d’un aspect délicieux ; elle nous restait au sud-est , à trois ou quatre lieues dedistance. Nous fimes quelques tentatives pour gagner cette ile, mais le fond continuant à diminuer, à trois milles de la côte, nous rebroussâmes chemin, nous dirigeant vers le nord. Le 6, à huit heures du matin, nous étions hors du banc, et à onze heures nous ne trouvions plus de fond.
Enchainés par des calmes , nous ne pûmes couper l'équateur que le 22 ; nous étions alors par 57° de longitude. Autant que le temps pt le permettre, nous fimes valoir la route de nord nord-ouest, afin d'atteindre les10° et 11° degrés de latitude , avant de rapprocher le cap Gardafui, extrémité nord-est de l’Afrique orientale ; mais il nous fut bientôt démontré que nous avions mal calculé notre route.
Le 15 janvier 1788 , étant par 10° 20’ de latitude , nous découvrimes les montagnes de sable aride de la côte d’Ajan, dont nous estimions être à trente-cinq lieues , ce qui nous placçait à
66 MÉMOINX # environ trente lieues à l’oue::, suus le vent du
cap Gardafui. Nous n'avions pas tenu compte
des courants occasionés par le golfe Persique et
l'embouchure du fleuve Indus , qui, joints aux
vents qui règnent dans cette saison , devaient
nécessairement prendre leur direction vers les
côtes d'Afrique. Cette erreur nous coûta cher ;
elle nous valut un affalement dont nous ne
sortimes qu'après de pénibles efforts.
D’après notre latitude, la terre en vue était le capd'Orfui, éloigné de vingt-sept à trente lieues de celui de Gardafui. Les vents, variables du nord-est à l’est, et les courants qui portaient au sud-ouest , nous firent éprouver de longues contrariétés . et nous fümes contraints de louvoyer le long de cette côte jusqu’au 313 de là, ayant enfin arrondi le cap Gardafui, nous donnäâmes dans le golfe.
Au nord du cap d'Orfui, la côte forme un enfoncement, prenant la direction du nord nord-est jusqu’au cap Gardafui (1). Les terres sont sablonneuses , très élevées, et d’une telle aridité qu'on n’y aperçoit aucun vestige de verdure ; elles sont d’ailleurs saines et acores. La
(1) Ce cap forme l'entrée méridionale de la mer
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DU GAPITAINE PÉRON. 67
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À environ douze lieues au sud de Gardafui , par 10°1 4” de latitude, nous aperçümes des feux allumés sur la côte, qui forme en cet endroit une espèce d’anse. Il nous parut étrange qu'il y eût des habitants sur une plage aussi aride ; ce phénomène ne tardera pas à s'expliquer.
Lei‘ février,à midi,à une lieue au nord du cap Gardafui, nous observâmes 11° 51° delatitude; nous fimes valoir la route à l'ouest nord-ouest , direction de la côte d'Afrique. Le cap Mont- Félix ne tarda point à se montrer par le bossoir de bâbord, au-dessus d’une plaine aride. Parderrière et dans l’intérieur, on signalait des montagnes de sable d’une hauteur prodigieuse. À huit heures du soir, ce cap nous restait au sud. Nous gouvernâmes toute la nuit à l’ouest et sous très petite voilure, et le lendemain , au lever du soleil, le cap Saint-Pierre se montra par notre travers, à sept ou huit lieues de distance; alors on rapprocha de terre.
Le 2, à cinq heures du soir, nous nous trou vions au nord de l'ile de Mette, remarquable par les petits mondrains dont elle est couverte, et nous gouvernâmes toute la nuit à l’ouest
nord-ouest; ne la revoyant plus au jour, on prit le parti de cingler au nord, dans l'espoir d’avoir bientôt connaissance de la côte d’Arabie. Jusqu'à ce moment nous avions exactement suivi les directions de M. d’Après de Manevillette.
Le 4, à huit heures du matin, nous eûmes la vue du cap Aden, sur la côte d'Arabie; il nous apparut sous la forme d’une haute montagne ayant des échancrures au sommet ; il nous restait alors au nord nord-est. Nous fimes route à l’ouest sud-ouest, sous toutes voiles, pour tâcher d’avoir connaissance du cap Saint-Antoine avant le coucher du soleil : le vent ayant diminué, nous gouvernâmes au sud jusqu'à minuit, et nous reprimes alors la bordée du nord, dans le dessein de rattraper la côte d'Arabie ; mais il survint un calme par-fait, et les courants nous repoussérent tellement au sud , qu’à huit heures du matin , par un temps couvert, de hautes montagnes s’élevèrent à nos yeux du côté de stribord ; elles furent prises d’abord pour la chaîne qui se termine au cap Bab-el-Mandeb sur la côte d’Arabie, et d’après cette donnée , nous gouvernâmes à l’ouest pour nous en approcher. Peu après
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