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du bâtiment à M. Owen, de la même nation.
J'obtins les appointements et les prérogatives de premier capitaine.
Nous nous dirigeâmes au sud, afin d’atteindre les vents d'ouest qui règnent par le 30° ; notre intention était de passer au sud de la Nouvelle-Hollande. Après avoir fait six cents lieues dans cette direction, nous eûmes le 18
leusement les liens du mariage, mais ils voient avec la plus parfaite indifférence leurs filles accorder leurs faveurs aux étrangers. La plupart des riches épousent plusieurs femmes, mais il n’y en a qu’une seule qui soit regardée comme légitime. Les sciences et les arts ont fait peu de progrès chez eux : cependant ils savent écrire et fabriquer du papier.
Les nobles, connus sous le nom de Rohandriens, jouissent de grandes prérogatives : le roi doit être choisi parmi eux, et à eux seuls appartient le droit d’exercer l’état de boucher, qui est le plus honorable du pays. Madagascar est divisée en quatorze provinces ou royaumes. Les Français sont les seuls des Européens qui aient eu dans cette île des établissements considérables, desquels étaient le fort Dauphinet Foulpointe, sur la côte orientale, car il ne paraît pas que les Anglais aient tenté d’y coloniser, quoique les bâtiments destinés pour les Indes orientales y relâchent. La baie de Saint- Augustin et celle de Bembatouk en sont les ports les plus commodes. ( Voir le chapitre IX ).
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août , sur les cinq heures du matin, connaissance de l’île Saint-Paul, dont la prodigieuse élévation s'aperçoit à une grande distance.
Le canot fut mis à la mer pour aller à la côte et visiter une maison que nous avions signalée ; Les vagues étant très agitées, on n’y aborda qu'avec peine : la maison et le reste de l'ile parurent inhabitées. Le canot revint au navire, apportant trois peaux de loups marins.
Nous gouvernâmes au sud pour gagner l’île d'Amsterdam, qui n’est éloignée que d’environ dix-huit lieues. Nous signalâmes à trois milles de distance un bâtiment à deux mâts, le Noolka, capitaine Wamsley, venant de Quang- Tong. Ce bâtiment venait reprendre sept hommes qui, depuis dix-sept mois, étaient occupés à faire dans l’île d'Amsterdam une cargaison de peaux de loups marins.
Les deux bâtiments s'étant rapprochés, le capitaine Owen rendit visite au capitaine Wamsley ; à son retour il nous annonça qu'il avait recueilli de précieuses instructions sur la manière de prendre les loups marins, de préparer leur fourrure, et d'en effectuer la vente à la Chine ; qu'on lui avait accordé l’un des hommes qui avaient été employés sur
l’île, et que cet homme pourrait servir de guide et de conseil à ceux de nous qui voudraient faire partie d’une expédition de même nature ; il conclut en disant que, dans l'intérêt des armateurs , il fallait qu'un officier et quatre matelots se décidassent à rester à terre; qu'avant quinze mois, à son retour de Quang- Tong , il viendrait les reprendre.
Tout le monde fut d'accord sur les bénéfices qui devaient résulter d’une opération pareille, mais personne n'était tenté d'y prendre part. Le capitaine Owen se mit en frais de promesses ; il prodigua les plus vives instances auprès des officiers, mais chacun d'eux refusa net. Il s’adressa enfin à moi, et, séduit par je ne sais quel prestige de gloire ou d'intérêt , je me rendis : trois matelots, dont un anglais, s’engagerent volontairement à partager ma destinée.
Le capitaine Owen s'était formellement engagé à reparaître dans ces parages au bout de quinze mois; il s'était engagé à me fournir les provisions nécessaires à ma subsistance et à celle de mes hommes pendant cet intervalle ; il nous avait promis pour associé un matelot vigoureux et expérimenté. Plein de confiance dans sa parole, le 1 septembre, je m'embar-
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quai sur la chaloupe, avec une faible partie des provisions et des effets qui m'étaient accordés, et je descendis sur la côte.
Quoique la mer fùt belle, notre chaloupe ni aucune de nos embarcations ne revinrent au rivage. Dans la nuit, la chaloupe du Noolka nous amena l'homme dont le capitaine Owen avait fait un si grand éloge; c'était une espèce de squelette , un moribond, au visage pâle et blème, aux membres décharnés et flétris, Je déclarai à l’officier qui le conduisait que je ne recevrais pas ce malheureux , et qu'il pouvait le reconduire à son bord; l'officier me répondit qu'il avait ordre de le laisser à terre et qu’il l'y laissait; en même temps il me remit un certificat du capitaine Owen qui attestait à tout gentleman que j'étais resté à l’île d’Amsterdam à l'effet d'y faire la chasse aux loups marins ; que j'étais pourvu de toutes choses nécessaires pour deux ans; il terminait en me recommandant aux bons traitements des étrangers qui visiteraient l'ile.
Le lendemain , au lever du soleil, les deux bâtiments s’éloignèrent à toutes voiles ; immobile , je les suivis long-temps des yeux ; lorsqu'ils eurent quitté l'horizon, je tombai anéanti.
La 12
Les îles Saint-Paul et d'Amsterdam se trouvent sur la route des bâtiments allant d'Europe dans les mers de la Chine ; ils ne quittent ce parallèle que plus avancés à l’est pour prendre les vents de sud-est, qui les conduisent aux détroits de Lombock ou de Bally, à l’est de Java, ou même à celui de la Sonde. Ces îles sont aussi sur le passage direct du cap de Bonne- Espérance à la Nouvelle-Hollande.
L'ile d'Amsterdam est située par 38° 42’ latitude sud, et 74° 34/ longitude orientale, méridien de Paris , mesurée au milieu de l’ile ; son étendue comprend environ cinq lieues carrées. Elle présente la forme d’une montagne sortant du sein des eaux. Son élévation la plus considérableest au centre,et sur le côté oriental, où elle se trouve coupée presque perpendiculairement aux eaux du bassin, qui en baignent le pied danstoutesa circonférence. Son aspectextérieur peut être comparé à celui d’une oreille d'homme.
La baie paraît avoir été formée par la chute de la partie la plus élevée de la montagne, qui, cédant à son propre poids, s’est enfoncée dans le bassin, où l’on trouve vingt - sept brasses d’eau ; de sorte que la partie qui reste autour de ce bassin ressemble au vase d’un entonnoir , le
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