CHAPITRE XV
Départ de l’île d'Amsterdam, — Terre de Van-Diémen. — Rocher Meurstone, — Ile Swilly et roc Édistonc. — Cap Howe. — Cap Dromadaire. — Le Colombier. — Cap Saint-Georges. — Nouvelle-Galles méridionale, — Port Jackson et Sydney-Cove.— Détails sur le Nouveau. Botany-Bay de l'Angleterre. — Les naturels. — Deux événements, l’un d’un intérêt général, l’autre d’un intérêt particulier, —Preuve nouvelle et remarquable de la philanthropie anglaise.
Le 16 décembre 1795, nous quittâmes l'île d'Amsterdam (1). La route corrigée de la variation fut constamment l'est , 5° sud , avec des vents frais de l’ouest. En vingt-quatre jours, après avoir parcouru mille trente-neuf lieues entre les parallèles de 40° à 43° 30’ sud , nous arrivâmes en vue de la terre de Van-Diémen (2).
(1) A partir de ce moment, mes longitudes seront calculées sur le méridien de Greenwich , qui est celui dont se servent les Anglais.
(2) La terre de Van-Diémen a soixante-six lieues de
long sur trente-trois de large, On n’y compte que deux
Il ne nous était rien arrivé de remarquable dans cette traversée , à cela près de la rencontre de bandes nombreuses de marsouins à ventre blanc, qui me parurent plus gros que ceux que j'avais vus dans d’autres mers, et particuliè-
grandes rivières; l’une se jette dans la mer au port Dalrympe, sur la côte septentrionale, et l’autre, nommée Derwem, à l'extrémité opposée de l’île. Le climat y est généralement tempéré ; on y trouve du fer, de la houille , du schiste, du granit, des fossiles de toute espèce. Le sol est fertile en plusieurs endroits. IL n’est pas rare d’y voir des arbres de cent soixante pieds de baut sur trente de circonférence. Cette île abonde en oiseaux aquatiques, cygnes noirs, kanguroos, et divers animaux de la famille des opossums et des hyènes. Les uaturels sont d’un noir un peu foncé; ils ont les cheveux crépus et les dents larges et blanches. Les deux sexes vont entièrement nus; ils se noircissent le corps avec de la graisse mêlée avec du charbon pilé. Ils sont francs , enjoués, mais féroces. Cette île, découverte en 1642 par les Hollandais, appartient actuellement aux Aaglais, qui l’ont colonisée en 1804. On imprime au port Dalrympe un journal qui paraît deux fois par mois. Le nombre des indigènes est inconnu; celui des colons est évalué à deux mille individus, répartis dans deux villes, l’une au fort Dalrympe, au nord, et l’autre, Hobart-Town , à quarante-neuf lieues au sud, sur à rivitc de Derwem.
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