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port de Botany-LBay (Baie de Botanique), ainsi nommée de la prodigieuse variété de plantes que sir Joseph Banks trouva dans les environs, à l’époque où cette baie fut découverte par le capitaine Cook. Plus au sud de ce magnifique bassin, sur les bords duquel on avait le projet, sagement ahandonné depuis, de bâtir la capitale de la colonie, on découvre une autre chaîne de hautes collines qui s'étendent vers les cinq îles, et qui indiquent également dans cette direction les sinuosités de la côte. Si ensuite on porte ses regards à l’ouest, l’œil erre sur une vaste forêt dont le spectacle sombre et monotone n’est interrompu que par des défrichements faits çà et là. Les ondulations de cette immense forêt rappellent d’une manière frappante l'Océan agité par les tempêtes, excepté peut-être que les mouvements de l'une manquent de cette mobilité qui constitue la beauté et la sublimité de l’a. re. En continuant de parcourir de lu vue le reste du paysage , on arrive à la chaîne des Montagnes Bleues, dont la masse imposante et gigantesque sert de fond à ce superbe tableau.
L'état de la société dans la colonie est fort au-dessus de ce que l’on est naturellement porté à le croire d’après les éléments qui la composent. A Sydney, les officiers civils et militaires, avec leurs familles, forment une réunion à la fois étendue et choisie, sans parler des nombreuses et respectables familles de négociants et
d’autres condamnés qu’ils occupent à défricher des terres. Cette libéralité du gouvernement
de propriétaires qui y font leur résidence, Toutefois, cette ville n’est malheureusement point exempte des divisions qui règnent presque partout où les hommes se trouvent réunis; et ici la médisance paraît être l’amusement favori auquel se livrent les oiïsifs pour tuer le temps et prévenir l’ennui. Aussi voit-on la plupart des familles passer alternativement entre elles de l’amitié à la haine et de la haine à l'amitié.
La force militaire de la colonie consiste en sept compagnies du 48° régiment , et une compagnie de vétérans royaux, dont l'effectif est de sept cents hommes. Ces troupes doivent fournir la garnison des deux principaux établissements de la terre de Van-Diémen, une compagnie à l’établissement de Coal-River, et des détachements aux villes et aux postes placés en différents endroits dans !e vaste territoire du Port-Jackson ; en sorte qu’il ne reste qu’un petit nombre d’hommes au ©: *- iergénéral. L'opinion commune est que la colonie a un besoin urgent d’une augmentation de troupes, etil règne à cet égard une grande anxiété parmi la plupart des habilants. Ils n’ont point encore oublié l'insurrection qui eut lieu à une époque où la population entière n’égalait pas le nombre actuel des déportés, quoique la force militaire fût la même qu’à présent. A la vérité, on étouffa aisément cette insurrection ; mais dæns l’état actuel des choses, une seconde aurait probableinent un
DU CAPITAINE PÉRON. 247 fait naître l’'émulation et produit les plus heureux résultats. Les malheureux qu'a proscrits
résultat très différent. On ne désire pas moins vivement, surtout dans la classe commerçante, de voir stationner au Port-Jackson un sloop ou un autre bâtiment de guerre d’une certaine force, soit pour protéger la colonie contre toute attaque extérieure, qui est possible et même d’une exécution facile; soit pour déjouer les tentatives hardies que les déportés ne cessent de faire, trop souvent avec succès ; tentatives qui ont pour but d'enlever les bâtiments de la colonie, et qui, en ruinant les malheureux propriétaires , conduisent à une mort certaine les équipages et les ravisseurs. On a eu, pendant les dernières années, trois exemples de ces audacieux coups de main, et chaque fois les bâtinients enlevés ont été jetés sur la partie inhabitée de la côte, et ceux qui les montaient , innocents et coupables, immolés par la férocité des sauvages. Quand le gouverneur Macquarie prit le gouvernement de la colonie en 1810, la population ne s'élevait guëre qu’à la moitié de ce qu’elle est présentement; et cependant un sloop de guerre était stationné dans le Port-Jackson, et le nombre des troupes était beaucoup plus considérable qu’il ne l’est aujourd’hui. Il est difficile de deviner pourquoi.
Les progrès que la colonie a faits dans les arts industriels surpassent ceux d'aucune autre société politique dont l’origine date d’une époque aussi récente. Elle compte déjà des fabriques importantes de grosses étof-
la terre natale oublient, dans une vie active. les vices que leur avait donnés l’oisiveté ; proprié-
fc: de laine, de chapeaux, de poteries , de sel, de chandelles et de savon. Elle possède aussi des tanrerieset des brasseries très considérables, des serrureries, des clouteries, des ferblanteries, des corderies, ékénisteries, en un mot des manufactures de tous les articles nécessaires à une colonie encore dans l’entance. et où les objets d’utilité sont plus recherchés que ceux de pur agrément. La plupart des fabricants font valoir de grands capitaux dans ces diverses entreprises. Il serait impossible d'en déterminer au juste le montant; mais on peut l’évaluer en toute sûreté à plus d’un million de f:1ncs. Les colons entretiennent un commerce très actifavec l'Angleterre, les fndes orientales et la Chine ; mais ils n’ont aucun article à donner en échange des marchandises qu'ilstirent de ces différents pays. L’argent affecté par le gouvernement à l’entretien des criminels, et au traitement des autorités civiles et militaires de la colonie, est presque le seul numéraire qu’ils aient pour se procurer les denrées et les marchandises étrangères d’une nécessité indispensable. Toutefois, ils auront dans peu, dans la laine de leurs troupeaux, une ressource assurée coutre leurs besoins à venir, et qui les affranchira de la dépendance où ils se trouvent à l'égard du gouvernement. La laine de leurs hrebis réunit les différentes qualités qui distinguent celles de Saxe et d’Espagne. Les propriétaires de troupeaux savent enfin appré-
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DU CAPITAINE PÉRON. 249 laires , ils sentent le bienfait des lois et la nécessité de s’y soumettre ; pères de famille, ils
cier les avantages immenses qui résulteront pour eux de leur amélioration. Aussi y donnent-ils tous leurs soins ; et si le gouvernement seconde leurs efforts, il n’y a nul doute que la mère-patrie ne soit un jour amplement dédommagée des sacrifices qu’elle aura faits pour l'entretien de la colonie, par l'importation de ce précieux article. L’exportation en est encore peu considérable, puisqu'elle monte à peine à 250,000 francs par an. Mais si l’on considère qu’en 1818 il ÿ avait deux cent 1n mille deux cent quarante moutons dans la colonie et dans les établissements voisins de la terre de Van-Diémen , et que la majeure partie des propriétaires s'occupent activement à croiser leurs troupeaux avec les meilleurs béliers mérinos, il sera facile de calculer l’immense quantité de belle laine qu’elle pourra exporter sous peu d’années.
Le revenu des colons établis dans les différentes parties de la Nouvelle - Hollande s'élève à environ 5,925,000 francs. Les impôts perçus par le gouvernement local sont versés dans deux caisses distinctes, l’une dite des orphelins, et l’autre de la police. La première absorbe le huitième du revenu colonial, qui est spécialement consacré à répandre l'instruction parmi la jeunesse; l’autre comprend les sept huitièmes restants, destinés à faire face aux besoins du gouvernement , à la réparation des routes et des ponts, à la construction des
éprouvent le besoin d’aimer et de se faire aimer. :
et se livrent avec plaisir au travail qui assure des ressources etune existence à leurs familles. Malgré le bon accueil que les naturels de
édifices publics, au maintien de la police et des tribunaux, et au paiement des employés subalternes du gouvernement, qui ne se trouvent pas compris sur Îles états soumis au parlement, et pour lesquels il n’est fait aucune allocation de fonds. Les impôts montèrent en 181% à 534,490 francs, c’est-à-dire à un sixième environ du revenu général de la colonie.
Le climat de la colonie, particulièrement dans les districts de l’intérieur, est très sain , quoique , pendant l'été, les chaleurs soient quelquelois excessives , et que le thermomètre s'élève, à l’ombre, à go et même à 100° de Fahrenhbeit (25° 45’ à 32° de Réaumur ) ; elles ne durent que quatre mois de l’année , et sont, particulièrement sur la côte, tempérées par les brises de mer.
Les principaux établissements sont Sydney, dont nous avons déjà parlé, qui est la capitale ; Paramatha, qui est situé à l’eutrée du Port-Jackson ; Windsor, au confluent de la South-Creek, dans l’'Hawkesbury; et Liverpool , à sept lieues de Sydney. Un autre , que l’on vient de former sur les bords de la Coal-luver, et où l’on a bâti la ville de New-Castle, est exclusivement réservé pour la réexportation des criminels réfractaires, dont le nombre est de quatre à cinq cents. ( Extrait de l'ouvrage de M. W'entworth et du Voyage de M. Oxley.)
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l'ile reçoivent à Sydney-Cove, ils fréquentent peu cet établissement. Ils ont les cheveux crépus . le visage long, les yeux grands , la prunelle petite, le globe de l'œil très clair, les sourcils épais , les cils très longs , les cils supérieurs dirigés en haut et les inférieurs en bas, d’une manière tranchante ; les ppmmettes des joues élevées et saillantes, ce qui creuse le bas de la joue ; leur nez est court et plat; ils y passent un os de kanguroo. de la grosseur d’un tuyau de plume et d’une longueur de dix à douze pouces ; leur bouche est une fois plus grande que celle des Européens et s’avance à la reucontre des vreilles ; celles-ci sont ornées de lanières étroites de cuir;leurs lèvres, épaisses et toujours entr'ouvertes , laissent apercevoir de belles dents; leur menton est pointu et couvert de barbe; la peau du visage et du reste du corps est d’un beau noir.
Leur taille varie de quatre pieds et demi à cinq pieds deux ou trois pouces ; le tronc du corps est court , ce qui donne à leurs bras et à leurs cuisses une longueur démesurée; ils ont les mains sèches . les doigts maigres et longs . les cuisses décharnées; leurs jambes. cambreées et sans mollet. sont comme fichées au milieu
292 MÉMOIRES du pied, quiest plat et alongé; le talon forme une saillie d’au moins un pouce et demi, en arrière du bas de la jambe.
Les facultés morales de ces individus sont en parfaite harmonie avec la faiblesse de leur organisation physique; rien ne peut corriger leur indolence naturelle. La pêche est leur principale ressource ; ils dédaignent des ustensiles plus commodes que ceux dont ils se servent. Ils voient défricher les terres, ils sont témoins des travaux des nouveaux colons, on leur offre des graines et des instruments aratoires ; ni l'exemple ni l'espoir d’un sort plus heureux ne les séduisent. Ils ne peuvent vaincre leur répugnance pour les vêtements qui les défendraient contre les injures de l'air : plus d'une fois on les à habillés; ils paraissaient d’abord glorieux de leur métamorphose , mais, à peine rentrés dans les bois, ils quittaient leurs vêtements et les suspendaient aux branches.
La cuisine européenne à des attraits pour eux ; ils se prêtent volontiers à goûter des mets qu'on leur présente ; au bout de quelques jours ils abandonnent les maisons où leur gourmandise trouvait si bien son compte, et retournent à leurs cabanes.
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