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Les naturels arrivent à Sydney-Cove armés de leur arc et de leur carquois , et portant à la main une lance longue et mince, d'un bois trés dur, à l'extrémité de laquelle ils placent un 08 pointu ou une pierre. De tels moyens d'attaque sont, comme on voit, peu redoutables , surtout en leurs mains : ils ne manquent pas cependant d’une certaine adresse :
avec leurs flèches, ils atteignent la proie qui se présente , soit sur la terre , soit dans les airs : c'est même avec cette arme qu'ils frappent le poisson. En général, ils sont d’un caractère doux et paisible (1).
Leurs habitations sont situées sur le bord des rivières ou des marais; souvent un tronc d’arbre
(1) Une seule passion est assez puissante pour les émouvoir; c’est celle de la jalousie : leurs querelles n’ont guère d'autre cause, et, dans ce cas, ils s’attaquent avec acharnement ; jamais ils ne fuient. Ils n'ont ni chef ni gouvernement quelconque. Le inariage n’est accompagné chez eux d'aucune cérémonie: un jeune homme voit une femme qui lui plaît; il l'invite à l’accompagner chezlui ; sielle refuse , ilinsiste, illa menace même d’en venir aux coups, et, comme il est toujours le plus fort, il l’enlève et l'emporte dans sa cabane: ce qu’il y a de remarquable, c’est que ces femmes deviennent par la suite des épouses fidèles et de tendres mères.
leur suffit; plus ordinairement ils construisent une cabane avec des branches enfoncées dans la terre, liées ensemble à la partie supérieure : elles sont si étroiteset si basses que ce n'est qu'avec peine qu'ils s'y tiennentassis. On ne leur connait ni plats , ni vases quelconques. ni aucun ustensile propre À transporter un fardeau.
Pendant le temps de mon séjour au Port- Jackson, j'eus des nouvelles de monbâtiment; j'en eus aussi des pelleteries que j'avais laissées sur l’île d'Amsterdam : l’un et l’autre de ces faits se rattachant aux voyages qui me restent à décrire, je suis obligé, bien malgré moi, de leur donner place ici.
Le capitaine Barba, commandant le brick l' Arthur, était arrivé de Macao au Port-Jackson presque eu même temps que nous. Il m'apprit que l’Émilie, en quittant la côte nord-ouest de l'Amérique , avait fait voile pour la Chine; que dans cette traversée le capitaine Owen était mort, et que M. Trotter, l’un des officiers, l'avait remplacé; que l’Émilie était heureusement arrivée à Macao, où se trouvait le Lion, vaisseau de guerre anglais ; qu'une visite avait été ordonnée par le commandant anglais du Zion ,
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et que par suite l'Æmilie avait été capturée.
On n'a pas oublié que sur l’île d'Amsterdam j'avais reçu la visite de lord Macartney, nommé par son gouvernement ambassadeur à la Chine, et celle des officiers de son état-major. J'ai dit que dans l'abandon où je me trouvais, indigné des procédés du capitaine Owen envers moi, j’avais, avec la franchise d’un marin , exposé mes griefs, épanché mes chagrins : tranchons le mot , j'avais peut-être imprudemment expliqué la nature de l'armement de l’Émi/ 1). Mes paroles n'avaient point été perdues ; elles fructifièrent contre mes commettants et contre moi.
Je ne reviendrai pas sur les prétendus secours que me prodigua la philanthropie anglaise, ni sur le pillage de mes pelleteries, dont , suivant la relation du secrétaire de l'ambassade, j'aurais été indemnisé : je m'arrête au fait nouveau de la capture de l’Émilie.
Au moment où je vis lord Macartney. j'igno-
(1) Il a été dit au commencement du chapitre douzième que , dans la crainte d’hostilités prochaines entre la France et l'Angleterre, l’Émilie avait appareillé de l'Ile - de - France sous pavillon et avec capitaine amé= ricains. Ce bâtiment était en effet sous mes ordres, et appartenait à des armateurs français,
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