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rais que la guerre eût été définitivement déclarée entre la France et l’Angleterre : cet événement eût-il été à ma connaissance, je ne pouvais imaginer que, malheureux ainsi que je l’étais, on osât aggraver mon infortune , en recueillant les paroles de mon désespoir.
Pendant l’entrevue, le capitaine du Lion était présent ; il m'écontait avec attention , et déjà, dans son âme, sans doute il méditait la brillante conquête d’un bâtiment de cent cinquante tonneaux. Îl arrive à Macao ; sa première pensée est de s'informer si Émilie est en rade; aussitôt qu'il a reçu l'assurance que sa proie est sous sa main, il envoie sa propre chaloupe pour s'en saisir.
Ce même Anglais m'avait prodigué des marques de bienveillance; il s'était apitoyé sur mon sort ; il m'avait plaint d’être réduit à attendre le retour incertain de l’Émilie nour sortir de ma prison ; et lorsque par ses soins le bâtiment qui doit rendre des malheureux à la patrie. à leurs intérêts, ne doit plus reparaître ; lorsque cinq exilés , jouets d’une infâme trahison, sont
condamnés à périr de misère sur un rocher aride ; lorsqu'on croit que leur mort aura jeté un voile sur la lâcheté dont on s’est rendu cou-
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