TP ER
pable ; lorsqu'on reste bien convaincu que leur existence ne laissera plus ni trace ni souvenir, le secrétaire de l’ambassade est chargé de prendre la plume et de célébrer, à la face de l’'Europe, les bienfaits de la philanthropie anglaise. « Comme le vaisseau approchait de l’île » d'Amsterdam, est-il dit dans la relation de » l'ambassade à la Chine, deux figures humaines » furent aperçues à terre. Elles firent immédiate- » ment des signaux , en remuant un mouchoir » attaché à une perche qu’une des deux tenait à » la main. Ces deux individus couraient au pied » de la montagne; sur le bord de la mer, comme » pour suivre la vitesse du vaisseau, à mesure » qu’il avançait. On conjectura qu’ils pouvaient »être les survivants de quelques naufragés sur » cette Côte déserte ; ce qui excita en leur faveur »un intérêt suffisant pour nous déterminer à » nous y arrêter, quand bien même notre propre » intention n’eût pas été de visiter cet endroit : » On regarda même comme extrêmement heu- » reux pour {e Lion qu'il fût destiné à procurer la » délivrance de deux êtres infortunés, dont la » désolation et la misère devaient être extrêmes »sur ce rocher. Un canot fut promptement ex- » pédié vers eux , ainsi que pour sonder l'endroit
» le plus convenable à l’ancrage. La suite de cet “ouvrage démontrera cependant que le Lion » aura probablement été la cause de leur déten- »tion prolongée dans cette. tle. »
Peut-être ai-je tort de faire retomber sur un seul homme l'odieux d’une telle conduite; le caractère officiel de la relation prouve qu'il y à eu solidarité de perfidie entre tous les Anglais, comme aussi probablement il y aura eu partage d’un butin aussi noblement conquis (1).
Au moment même où le capitaine Barba m'annonçait la capture de lÉmilie , un autre événement se passait, non moins important pour moi : le vaisseau américain à trois mâts
(1) Le 7 décembre 1796, à mon retour d’un voyage à la côte nord-ouest d'Amérique, je rencontrai devant O-Vhy-Gée, l’une desîles Sandwich, le capitaine Trotter, qui, après la mort du capitaine Owen, avait pris le commandement de P Emilie et qui alors commandait le brick américain la Susanne. Il me raconta qu’arrivé à Macao, le bâtiment avait été saisi par les ordres d'Érasme Gower, commandant le vaisseau royal le Lion, sur lequel lord Macartney s'était rendu à la Chine, sous prétexte qu’il appartenait à des armateurs français ; que cependant, par grâce spéciale , on avait laissé aux gens de l'équipage la liberté de se rendre où bon leur semblerait.
» cet Lion Len-
run e; le l1ya Jais, rtage
arba autre rtant mâts
oyage devant Trotpris Île andait rivé à Érasme lequel étexte epende l’élerait.
l’Otter de Boston, capitaine Ebenezer Dorr, venait d'entrer en rade; il avait relâché, peu de jours après mon départ , à l’île d'Amsterdam , et, n’y trouvant personne, il avait chargé sur son bord mes pelleteries et mes effets. Le besoin
d’eau, de bois et d’autres articles l’avait obligé
de prendre mouillage au Port-Jackson.
Accompagné de M. Hadley, je me rendis auprès de M. Dorr. Les démélés que j’eus avec cet officier, et que j'aurai par la suite, n'étant que d’un intérêt secondaire , j'arrive immédiatement au résultat de notre première convention. Après avoir long-temps éludé le point principal, M. Dorr me dit qu’il s’estimait heureux de ce que la Providence l'avait envoyé à point nommé pour mettre mes pelleteries en sûreté, et qu'en attendant que je pusse en réaliser la valeur, il m'offrait une place de premier officier à so: bord, pour le temps de son voyage à la côte nord-ouest de l’Amérique , en Chine, et de son retour à Boston. J’acceptai sa proposition.
Avant de quitter Port-Jackson , je me dois à moi-même de déclarer que je ne confonds pas tous les Anglais avec ceux dont je crois avoir à me plaindre, et que j'ai signalés plus haut: il 17:
en est qui ne font pas parade de leur philanthropie, et qui font le bien sans ostentation: dans ce nombre je place le capitaine Hadley, qui, après m'avoir recueilli à l’île d'Amsterdam, me continua une bienveillance dont le souvenir vivra toujours dans mon cœur. À Sydney-Cove les officiers et les employés, qui furent instruits de mes malheurs, me témoignèrent le plus vif intérêt.
Ile
LALLLELVELILLLLS VELLLITVELVVLEVLULLUTLALELLLUVELVRS ISLE LRU IS