J0 MÉMOIRES
coupées, et déjà nos mâts flottent au loin.
Le capitaine ordonne aux matelots- anglais et français de rester sur le pontet de dégager le bàtiment du désordre qu'avait occasioné la tempête; ilprend avec lui lesEspagnols et lesRusses, place les uns auprès des pompes,armeles autres de seaux, et ce service est si bien dirigé qu’en moins d'une demi-heure l'incendie diminue et s'éteint tout-à-fait.
Le jour vint enfin éclairer nos désastres ; mais, tout en déplorant les avaries de notre navire, nous eûmes du moins la consolation de voir qu'aucun de nous n'avait péri, quoique plusieurs hommes, entraînés dans la chute des haubans et de la vergue, fussent tombés, les uns dans les haubans de misaine, les autres dans la mer.
Après avoir réparé , autant que possible, nos voiles et nos cordages . nous continuîimes notre route. Le lendemain au jour nous aperçûmes un bâtiment derrière nous ; supposant que ce pouvait être la polacre, nous lui fimes nos signaux de reconnaissance : ce n’était point elle, mais le Sagittaire, vaisseau francais de la compagnie des Indes. commandé par le capitaine Morand, parti de Lorient depuis trois mois.
et allant à l'Ile-de-France.
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Nous atteignimes le méridien de l’Tle-de- France ; nous nous dirigeâmes au nord-est , et ensuite au nord, pour gagner le vent de l'île Rodrigue, située à cent dix lieues à l’est de la première. La mer était unie, et les calmes arrêtaient parfois notre marche. L'île Rodrigue nous apparut à sept ou huit lieues au nord , et enfin nous entrâmes dans le port de l'Ile-de-France , soixante-quinze jours après notre second départ du Cap, et treize mois aprés avoir quitté la France. Cette traversée se fait ordinairement en trois mois.
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