CONSALVI, A VIENNE
Paris , le 4 •' septembre 4 84 4.
Monseigneur,
Depuis le départ de Votre Éminence, j'ai reçu une lettre de madame la comtesse d'Albany, qui me chargeait de compliments pour Vôtre Éminence , et de plus je devais l'informer que cette dame lui avait écrit à Vienne. Je viens de lui répondre et ne lui ai pas laissé ignorer combien Votre Éminence daignait
toujours avoir de bonté pour moi, lui promettant, à
JNTRODUCTION.
cette bonne dame^ et me promettant à moi-même^ de faire des efforts pour en être constamment digne.
Pour continuer à porter l'ordre de la Couronne de fer, il est nécessaire, d'après une ordonnance du Roi, d'en recevoir l'autorisation du gouvernement, qui en est aujourd'hui le possesseur, et j'ose en conséquence ' adresser une supplique à Sa Majesté l'empereur d'Autriche pour obtenir ce résultat. J'ai l'honneur de remettre sous pli et sous cachet volant cette pièce à Votre Eminence, la priant de la faire parvenir, si elle juge que rien ne s'oppose à ce qu'elle reçoive sa destination. J'attendrai tranquillement les suites de cette affaire , persuadé que Votre Eminence y attachera sa bienveillance accoutumée. Je désire au surplus qu'elle ne lui cause aucune démarche qui pourrait la contrarier le moins possible.
Toute ma famille présente ses hommages à Votre Eminence. La mère et une des sœurs de ma femme sont maintenant logées chez moi ; cette dernière est indisposée depuis deux jours, mais je me flatte que ce mal sera sans suites fâcheuses.
Daignez, monseigneur, me permettre de renouveler à Votre Eminence l'assurance des sentiments inaltérables de la plus haute considération comme de la plus respectueuse affection.
Votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Le lieutenant général ^ Mouton ,