‹ Mémoires du cardinal ConsalviChapitre 20 sur 59 · LE PRINCE DE METTERNICH AI) CARDINAL · texte numérisé non relu

LE PRINCE DE METTERNICH AI) CARDINAL

Florence , ce 4 4 juillet 4 84 9.

Monseigneur ,

C'est dans le moment de mon départ pour Garisbad que je profite de la présente occasion pour remercier Votre Éminence de toutes les bontés qu'elle a «eues pour moi pendant mon séjour à Rome et dans les États pontificaux. L'Empereur écrit au SaintrPère pour lui réitérer ses sentiments d'amitié et de reconnaissance. Je prie Votre Éminence d'assurer Sa Sainteté qu'il ne se trouve dans -la lettre de Sa Majesté Impériale pas une phrase qui ne soit dictée par son cœur.

Je continuerai ma route pour Carlsbad sans m'arrèter en chemin , et je compte y être rendu le 20 ou

le 21 du mois. le tâcherai de mettre le plus qu'il me sera possible de Tordre dans un vaste pays ou toutes les idées sont entrées en confusion. La disposition des princes allemands est bonne , mais ils sont faibles. Il y a longtemps qu'un honotme d'esprit a dit que ce sont les Rois qui font les Jacobins. Ce fait est de nouveau prouvé par tout ce qui se passe en Allemagne.

Restez fort chez vous, Monseigneur, Tombez à bras raccourcis sur les fous et sur les scélérats: écrasez les intrigants, et vous diminuerez les intrigues. Comptez en toute occasion et en toute sûreté sur l'appui ^ue la bonne cause trouvera chez nous. Rien ne fera dévier l'Empereur de sa ligne ; il restera ce qu'il est, ferme en justice et fort en exécution. Nos moyens sont intacts ; nous entrevoyons le mal , nous savons où il se trouve , et nous le combattrons partout où nous le verrons s'élever. L'accord intime qui existe entre nos deux gouvernements servira puissamment la cause du repos, et les portes de V enfer ne pourront rien contre cet accord.

Conservez-moi bontés et souvenir, Monseigneur, et croyez que personne ne vous est plus véritablement et plus sincèrement attaché que moi.

Je prie Votre Éminence de me mettre aux pieds du Saint-Père, et d'agréer l'hommage de mon amitié et de ma haute considération.

M£TTEimiCH.

P. S. — L'Empereur vient d'accorder la croix de

la Couronne de fer à M. Stem. Je vais lui en envoyer la décoration, que j'ai réclamée de la Chancellerie de Tordre. Je prie Votre Éminence de l'en faire prévenir. J'ai des lettres de ma fille, qui est arrivée trèsheureusement à Baden le 28 juin. Elle sera bien sensible à votre souvenir. Je la renierais comme ma fille si elle ne vous était pas dévouée.

Page 1