LE PRINCE DE DANEMARK AD CARDINAL CONSALVL
Votre Éminence me permettra de lui exprimer ccunblen je lui suis obligé pour les soins qu'elle a bien voulu prendre afin de faciliter notre voyage et d'en augmenter l'agrément. Messieurs le gouverneur de Terni , les délégats à Spoleto et à Perugia , ainsi que les maîtres des postes en route n'ont négligé aucune occasion pour remplir les ordres de Votre
Eminence , et je ne puis pas mieux les remercier de leurs attentions qu'en témoignant à Votre Eminence toute ma gratitude à ce sujet. Les religieux d'Âssisi et de la Madona degli Ângeli nous ont reçus avec beaucoup de prévenances. Ce n'est cependant pas le seul but de cette lettre de vous parler des jours de mon voyage, car ce n'est pas durant ceux-ci seulement que j'ai eu lieu d'apprécier les sentiments qui ont porté Votre Eminence à nous montrer des attentions si distinguées. Tous les témoignages que j'en ai reçus si souvent durant mon séjour à Rome sont gravés dans mon cœur , et fourniront à jamais des sujets à ma plus vive gratitude. Vous l'augmenterez encore en vous chargeant, comme je prie Votre Eminence de vouloir bien le faire , de présenter nos respects à Sa Sainteté avec l'expression de notre reconnaissance pour l'intérêt qu'elle a bien voulu prendre à nous , et auquel nous ne saurions répondre qu'en formant les vœux les plus fervents pour sa haute prospérité.
Nous sommes arrivés fort heureusement à Florence le 42, et mon épouse se porte bien après le voyage. Elle me charge de ses. compliments pour Votre Eminence.
C'est avec la considération la plus distinguée que j'ai rhonneur d'être , de Votre Eminence , le tout affectionné ,
Christiàh Fbédérig , prince de Danemark,
Florence , ce 1 4 avril i 821 .
LE CARDINAL CASTIGLIONI (QUI SERA LE PAPE PIE VIII) AU CARDINAL CONSALVI.
Révérendissime Éminence ,
Votre Éminence se plut, dans sa vénérée et charijpante lettre du 18 du courant, à me communiquer particulièrement, par ordre de Sa Sainteté, son intention de me nommer successeur de Son Éminence feu le cardinal Di Pietro à la Grande Pénitencerie.
Surpris de la souveraine bonté de Sa Sainteté, j'expose ingénument à ses pieds la faiblesse de mes connaissances, et la distance infinie qui me sépare des lumières et des vertus du Cardinal défunt. Mon âge déjà avancé, les forces de mon esprit et de mon corps qui diminuent, Tamour que j'ai voué à ce diocèse qui est mon épouse , le noviciat dans une charge de tant d'importance , sont des motifs sincères qui me portent à la supplier de vouloir bien jeter les yeux sur quelque autre vertueux sujet. Mais si elle persiste dans son intention , je suis fils d'obéissance , et j'espère obtenir d'elle les secours qui pourront m'en rendre digne.
Je voudrais mériter, Éminence, la bonne opinion que vous avez de moi , et dont je vous suis trèsreconnaissant; et prêt à obéir à tous vos ordres, avec le plus profond respect, je vous baise très-humblement les mains.
rNTRODUGTION. H^
De Votre Éminence, le très-humble et très-dévoué serviteur ,
F.-X. Gard. Gàstiglioni.
Gësène, 22 juillet 4824.
« LE COMTE DE SAINT-LEU (LOOS BONAPARTE, EX-ROI DE HOLLANDE), AU CARDINAL CONSALVI.
Éminence ,
Suivant les conseils du Très-saint Père et de Votre Éminence, j'ai vu MgrBernetti, spécialement chargé de l'affaire en question , et , avec sa franchise bien connue, il m'a expliqué ce que les puissances étrangères semblaient reprocher à la famille de l'empereur Napoléon. Les grandes puissances, et l'Angleterre principalement , nous reprochent' de conspirer toujours. On nous accuse d'être mêlés implicitement ou explicitement à tous les complots qui se trament ; on prétend même que nous abusons de l'hospitalité que le Pape nous accorde pour fomenter dans l'intérieur des États pontiBcaux la division et la haine contre la personne auguste du Souverain.
J'ai été assez heureux pour fournir à Mgr Bernetti toutes les preuves du contraire , et il vous dira luimême l'effet que mes paroles ont produit sur son esprit. Si la famille de l'Empereur, qui doit tant au pape Pie VII et à Votre Éminence , avait conçu le détestable projet de troubler l'Europe, et si elle en avait les moyens, la reconnaissance que nous devons
lie INTRODUCTION.
tous m Saint-Siège nous arrêterait évidemment dans cette voie*. Ma mère, mes frères, mes sœurs et mon oncler doivent une trop respectueuse gratitude, au Souverain Pontife et à Votre Ëminence pour attirer de nouveaux désastres sur cette ville où , proscrits de TEurope entière, nous avons été accueillis et recueillis avec une bonté paternelle que les injustices passées n'ont rendue que plus touchante. Nous ne conspirons contre personne , encore moins contre le représentant de Dieu sur la terre. Nous jouissons à Rome de tous les droits de cité , et quand ma mère a appris de quelle manière si chrétienne le Pape et Votre Ëminence se vengaient de la prison de Fontainebleau et de Texil de Reims, elle n'a pu que vous bénir au nom de son grand et malheureux mort, en versant de douces larmes pour la première fois depuis les désastres de 184 4.
^ Les événements postérieurs se sont chargés de décider qui, des puissances étrangères ou de la famille Bonaparte, avait raison quand les unes affirmaient le complot et que Tautre le niait. Le Cardinal professait une affection basée sur l'estime pour Lucien, et surtout pour Louis , dont il était le confident. Quand, après la mort de Pie VII , le pape Léon XII demanda à Consalvi de Tinilier à sa manière de gouverner, le Cardinal, au témoignage de Scherer dans la Vie da Léon XII, p. 99; dit en pariant des Bona* parte : « Us sont, comme les vaincus, toujours du parti de Topposition; ils font cause commune avec les Carbonari. Cette union, amenée par les circonstances, fera naître des embarras qui seront ébruités et divulgués par les imprudents, et des projets qu'on devra suivre avec toute la circonspection possible. On ne peut pas refuser aux Napoléonides une réception hospitalière; mais en même temps il faut user en cela de réserve et de précaution, o .
Conspirer contre notre auguste et seul bienfaiteur serait une infamie sans nom. La famiile des Bonaparte n'aura jamais ce reproche à s'adresser. J'en ai convaincu Mgr Berûetti, et il a voulu luimême nous servir de caution auprès de Votre Éminence. Qu'elle daigne donc entendre sa voix et nous continuer ses bonnes grâces et la protection du Trèssaint Père. C'est dans cette espérance que je suis , de Votre Éminence, le très- respectueux et trèsdévoué serviteur et ami ,