‹ Mémoires du cardinal ConsalviChapitre 30 sur 59 · L. DE Sàint-^Lsi · texte numérisé non relu

L. DE Sàint-^Lsi

Rome, ce âd avril 4aât.

LR PMNGIi LOUIS DE BAVIÈRB (OUI SERK LK ROI LOUIS DE BAVIÈRE), AU CARDINAL CONSALVL

Éminence ^

Je vous dois de doubles remercîments pour tout ce que vous avez fait à Fégard de Saîler et du marquis Florenzî. CTest vous-même qui m'^en donnez-la nouvelle dans votre lettre du 20 avril. J'ai tremblé quand j'ai appris le danger du Saint-Père, que je révère ainsi que Votre Éminence le sait bien , et mon Roi a dit : Nous n'en aurons plus un semblable.-

Le Pape a sons tous lâ& rapports, tant de mérites , et parmi ses principaux j'admire la force avec laquelle, depuis l'époque de son heureux: retour, il soutient Votre Éminence malgré toos ses nosnbreux ennemis. Le monde doit se réjouir, pour cette raison même j^ du rétablissement de Sa Sainteté. C'est avee lea s^Eiti-

INTRODUCTION. 45f

ments de la plus haute considération que je me dis, de Votre Éminence y le très-affectionné

Louis , prince héréditaire de Bavière.

Munich, le 4 «' mai KWt,

P. S. — Le Roi estime fort le Nonce ; il faut aussi dire que sa conduite est tout à fait exemplaire.

LOUIS-PfflUPPE, D»G D'ORLÉANS, AU CARDINAL

GONSALVL

Éminence ,

Le prince de Talleyrand , qui garde de vous le plus tendre souvenir, me disait dernièrement que votre seul plaisir était la culture des fleurs , et votre noble amie la duchesse de Devonsbire a bien voulu me confirmer le fait.

Votre Éminence doit savoir que depuis longtemps déjà je m'honore d'être l'un de ses plus dévoués serviteurs , et que dans les diverses phaseë de ma carrière , je me suis toujours fait un devoir de vénérer l'auguste Pontife qui a tant souflbrt pour la sainte . cause. Ces sentiments de piété envers le Siège de Pierre, que ma femme et moi sommes si heureux d'inculquer à notre jeune famille , sont invariables dans mon cœur'. Je prie donc Votre Éminence de vouloir bien déposer mon plus humble hommage aux pieds du Très-saint Père.

* Voir, pour les sentiments religieux de Louis -Philippe, au deuxième et dernier volume de VHistoire de Louis-Philippe d*Or^ léans et de VOrléanisme, par J. Crélineau - Joly . (Lagny frères, éditeurs 7 rue Mézières, 6, à Paris.)

Voulant me rappeler à votre bon souvenir, j'ai pris la liberté de faire adresser à Votre Éminence quelques échantillons de nos serres françaises. Je oins à ce très-modeste envoi, qui n'aura peut-être de prix à vos yeux que l'intention, la manière de les soigner telle que nos horticulteurs l'ont formulée. J'espère que cette caisse ne déplaira pas trop à Votre Éminence , et qu'eu respirant l^parfum de ces fleurs , qui se développeront peut-être encore davantage sous l'heureux climat et dans la chaude atmosphère de Rome, vous daignerez songer quelquefois à un homme qui sera toujours reconnaissant des services rendus. Ma femme et ma sœur se joignent à moi pour vous ofl^rir leurs plus affectueux respects. Elles me chargent de tous leurs vœux pour la santé du Pape, qu'il faut conserver le plus longtemps possible à la Chrétienté, car avec lui et avec vous, la paix de l'Église et la paix du monde sçnt assurées.

Je prie Votre Éminence d'accueillir avec bonté

.mon petit envoi et toutes les amitiés respectueuses

de son tout dévoué

Louis-Philippe d'Orléans.

Neuilly, lundi 1822.

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