‹ Mémoires du cardinal ConsalviChapitre 41 sur 59 · CL · texte numérisé non relu

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bre, que le comte de Munster vient de me remettre.

J'attache un fort grand prix aux sentiments et aux vœux que vous m'exprimiez, et auxquels je réponds par le plus sincère retour.

L'amitié et l'estime particulières que j'ai vouées pour la vie à Votre Éminence sont également fondées sur ses qualités émineirtes , son caractère personnel , et sur la sagesse et la modération que vous avez manifestées dans le poste éminent que le vénérable pape Pie VII vous avait confié dans les moments les plus importants et les plus critiques de son règne. ,

Puissent les principes sages que vous avez suivis durant votre administration toujours guider la cour de Rome , et puisse votre santé vous permettre longtemps d'y concourir par vos conseils!

Ce sont là les sentiments avec lesquels je suis, mon cher Cardinal, de Votre Éminence, le bon ami.

George, R.

A Cariton house, ce 17 janvier 1824.

Royal témoignage d'affection pour Consalvi, de pieux respect pour la mémoire du Pontife défunt et d'espérance pour la prospérité du Siège apostolique, cette lettre ne parvint à Rome qu'après la mort du Cardinal. Elle lui était adressée pour le consoler; elle servit d'exorde à son apothéose.

Le Cardinal, ne pouvant supporter ni les maux ni les remèdes, s'endormait dans une mortelle torpeur. Du fond de la solitude où ses larmes coulaient en

silence 9 il entendait gronder sur sa tète les imprécations d'un peuple aussi inconstant dans ses joies que dans ses affections. Ce peuple , qui aime le changement, applaudissait à la chute de Consalvi. Ce peuple espérait ainsi faire sa cour au nouveau souverain , en manifestant d'aveugles colères contre le pouvoir expirant. Le nouveau Pape était le cardinal délia Genga, Léon XII, qui, dans une circonstance critique de sa vie, et par une rare exception, n'avait pas eu à se féliciter du cardinal Consalvi. Au second volume de l'ouvrage intitulé UÉglise romaine en face de la Révolution^ nous avons retracé en peu de mois le sujet de cette division , qui avait pris son origine à Paris, en 4844, tandis que Consalvi représentait extraordinairement le pape Pie VII auprès du roi Louis XVIII, et que délia Genga arrivait en France comme nonce apostolique. Qu'il me soit permis de reproduire ici cette page d'histoire, où le pardon des injures et l'expiation d'un moment d'humeur s'élèvent aux proportions d'un saint héroïsme.

« Consalvi , racontions-nous * , éprouve la réaction d'un changement de règne, réaction inévitable, à Rome surtout , après vingt-trois années de pouvoir. Dans ses admirateurs de la veille, Consalvi rencontre des ennemis du lendemain. Il ne reste plus à ce grand ministre que l'autorité de son génie et l'estime de

^ UEglise romaine en face de la Révolution, par J. Crétineau-Joly. Tome deuxième et dernier, p. 50, 54 et 52 (3« édition. Pion, éditeur.)

rEarope. Abandonné dé tous, excepté du cardinal Fesch , reconnaissant au nom des Bonaparte , il voit à Rome la solitude se faire autour de lui. On entend même les esprits mesquins ou jaloux triompher de sa chute , comme les hiboux se réjouissent d'une éclipse de soleil , et en sa qualité de cardinal-diacre , il doit servir à Tautel T homme dont il eut le tort de se faire un ennemi.

» Il est dans le cœur humain de haïr celui qu'on a offensé ^ . Consalvi fut assez grand , tranchons le mot, il se sentit assez chrétien pour donner un démenti à cette parole de Tacite. Il ne garda dans son cœur aucun souvenir de colère , il pensa qu'il était plus noble de blesser que de haïr. On le vit avec une admirable dignité remplir auprès du nouveau Pape les fonctions de cardinal-diacre. Il était bien plus facile à Léon XII d'oublier les injures faites au cardinal délia Genga. Léon XII saisit ce qu'il y a d'héroïque dans l'attitude résignée de Consalvi; il s'y associe, car tous deux n'ignorent point qu*une passion vaincue est la joie de l'âme. Le jour où , pour la première fois , le Pape officia solennellement à l'autel pontifical de la basilique de Saint-Pierre, il se tourne vers Consalvi au moment de la communion. Alors, dans un baiser véritablement de paix, le nouveau Pape et l'ancien ministre se réconcilient 80US les yeux du Sacré Collège , de la diplomatie et du peuple , partageant cette sublime émotion , que

* Tacit., Agricoîœ vita, t. V, p. 398.

Plutarque aurait enviée pour Vun de ses grands hommes.

» Afin d'être lui-même son secrétaire d'État, Léon XII a honoré de ce titre le doyen du Sacré Collège 9 l'octogénaire délia Somaglia; cependant il ne veut se priver ni des avis ni du concours de son ancien rival. L'importante charge de préfet de la Propagande est vacante. Léon XII prie Consalvi de l'accepter : mais le Cardinal, détaché de la terre, n'aspire plus qu'à rejoindre dans la tombe le Pape et l'ami de ses jours prospères. Ses forces s'affaibljssent ; il meurt de tristesse , de désenchantement peut-être. Léon XII, malade lui-même, a besoin pour gouverner l'Église de s'entourer de bons conseils. Il lui faut un guide expérimenté, qui puisse le mettre au courant de tous les intérêts chrétiens; il appelle à son chevet Consalvi mourant. Retiré sur les bords de la mer pour se recueillir dans sa mort , prochaine, le Cardinal a entendu l'ordre de Léon XII. Il se fait porter dans les appartements du Quirinal , car à Rome il n'y a jamais de repos devant les affaires.

» Au milieu de cette entrevue des deux agonisants, elles furent toutes traitées, toutes résolues avec un calme d'esprit et une profondeur de jugement admirables.

» Consalvi avait parlé; il régnait donc encore. Il régnait si bien , qu'au sortir de l'audience Léon XII dit au cardinal Zurla : « Quelle conversation! jamais

nous n'avons eu avec personne de communications plus instructives, plus substantielles, et qui puissent être plus utiles à l'Église et à l'État, Consalvi a été sublime. Nous sommes au comble de la joie. Nous travaillerons souvent ensemble; seulement il faut aujourd'hui ne pas mourir. »

» Ce vœu du prince, si noblement exprimé, ne devait pas se réaliser en faveur du rival devenu l'ami et le conseiller. A quelques jours de là Consalvi expirait; et comme dernier hommage rendu à ce grand serviteur de l'Église, Léon JCII eut des larmes pour témoigner de ses regrets et de son deuil. En annonçant au gouvernement français la perte que le monde venait de faire, le duc de Laval-Montmorency, ambassadeur du Roi Très-Chrétien près le Saint-Siège, écrivit : « Il ne faut aujourd'hui que célébrer cette mémoire honorée par les pleurs de Léon XII, par le silence des ennemis, enfin par la profonde douleur dont la ville est remplie, et par lès regrets des étrangers et surtout de ceux qui, comme moi, ont eu le bonheur de connaître ce ministre si agréable dans ses rapports politiques et si attachant par le charme de son commerce particulier. »

Telle avait été cette réconciliation qui adoucit les dernières souffrances de Consalvi. Abîmé dans sa douleur et révélant sur son visage amaigri et dans ses yeux à moitié voilés par des larmes involontaires lés symptômes d'une décomposition prochaine, il

avait essayé de la solitude à Porto d' Anzio , afin de pouvoir , en face des majestueux silences de la mer, se recueillir dans la mort, loin des bruits et des amertumes du monde.

Arrivé à Rome au mois de juin 4823, et attaché à vingt ans à l'ambassadeur, duc de Montmorency- Laval, j'avais eu le bonheur de voir le cardinal Consalvi tout-puissant me sourire de ce sourire si affectueusement spirituel que je n'ai jamais oublié. Le cardinal Bernetti, alors gouverneur de Rome, m'avait déjà honoré de son amitié; et, dans les derniers jours de décembre, par un éclatant soleil, nous allions tous deux en pèlerinage à Porto d'Anzio. Bernetti était un homme d'audace et d'esprit qui savait parler et agir. Dévoué à Consalvi, cher à Léon XII , dont il est le secrétaire d'État in petto y Bernetti a contribué plus que personne à la réconciliation opérée. Il vient, dans la joie de son âme, apporter à Consalvi des paroles de sollicitude pontificale et des espérances dont l'impossibilité était démontrée. Le Cardinal se sentait blessé au cœur par l'ingratitude des Romains, peuple roi qui accumule sur sa tète toutes les ingratitudes du trône et de la rue; et il disait la blessure incurable.

Triste et pâle, mais s'occupant toujours des autres avec les attentions les plus délicates, il ne parla que du petit nombre d'amis restés fidèles à son souvenir. Ses beaux yeux, dont l'éclat avait fait l'admiration des hommes et le désespoir des peintres, se rani-

maient de temps à autre et brillaient encore sous leurs épais sourcils. Le malade nous entretint des douces vertus de Pie VII , des vastes desseins de Léon XII , que sa foi de plus en plus vivace saluait comme le maître de la parole et de la conduite , puis il discourut sur la mort qu'il voyait approcher sans crainte comme un jour de repos après de pénibles labeurs. J'écoutais dans un respectueux silence le prince de l'Église mourant, et je ne m'imaginais pas que, quarante ans plus tard, sans avoir brigué un pareil honneur, je serais choisi pour exécuter dans leur ensemble les dernières volontés du célèbre Potporato.

Consalvi expira le 24 janvier 182i, à l'âge de soixante-sept ans. Ce jour-là , Rome entière comprit qu'elle venait de faire une perte irréparable. Rome eut honte de sa honte. Le deuil fut -universel comme les regrets. Confondus en une communauté de prières et de larmes, tous, princes et ambassadeurs, artistes et savants, prêtres et peuple, voulurent, par un tardif repentir, s'associer à la douleur de la Papauté et du Sacré Collège. Il avait conquis cette illustration personnelle, la plus noble récompense des travaux de l'homme. La capitale du monde chrétien le saluait comme un ornement ; il en restera l'un des plus iinpérissables souvenirs.

Dans cette ville où Ton croirait que la mort est née , tant les ruines s'amoncellent sur les ruines et les tombeaux sur les tombeaux, tout passe et s'ou-

blie rapidement. Le grand Cardinal est seul présent aux générations nouvelles. Selon une parole de Bossuet ^ , (( sa mémoire, toujours fraîche et toujours récente , est douce à l'Eglise comme une composition de parfums », et les stanze qu'il occupa au Vatican gardent encore le nom d'appartements du cardinal Consalvi.

Il avait vécu sans aucune préoccupation des richesses , ne se permettant quelques légères dépenses personnelles que pour les fleurs de son jardin à Ponte-Rotto, la seule passion qu'il se soit jamais accordée. Demander, recevoir et prendre est le bréviaire des courtisans et des ministres favoris. Le Cardinal ne demanda rien, ne reçut rien, ne prit rien, et il mérita qu'on dit de lui ce que saint Bernard et le pape Eugène III disaient du grand cardinal Cibo : « Che passando per le terre d'argento non conobbe argento. » Dans notre siècle le pouvoir est la terre d'argent que trop de ministres aiment à fouiller, Consalvi ne déploya que le luxe de la charité, aussi mourut-il à peu près pauvre. Nous allons dire maintenant de quelle manière il partagea sa modeste fortune patrimoniale.

Généreux et bienfaisant jusqu'à la prodigalité , il écrivait, il répétait souvent Je précepte des saintes Ecritures : Da mercedem sustinentibus te*. Au nom de son maître, il récompensait comme un roi les artistes,

* Œuvres complètes de Bossuet, t. XI, p. 176. 2 Ecclésiast., XXXVI, 18.

les littérateurs et les savants qui, par leurs travaux, honoraient ou défendaient l'Église. Il distribuait comme un saint ses épargnes aux indigents. Le testament qu'il a rédigé et signé -au Quirinal, le T' août 1822, et que nous^ publions dans ses clauses historiquement ou pieusement essentielles, sera sans aucun doute la plus éloquente des oraisons funèbres. Ce testament, dont chaque feuille est numérotée par une lettre de l'alphabet , reste la page la plus splendide d'une belle vie.

« Au nom de la très-sainte Trinité , ce 1 " jour du mois d'août de l'année 1 8212.

» Moi, Hercule Consalvi, cardinal de la sainte Église romaine, diacre de Sainte-Marie Ad Martyres, après avoir fait mon testament plus d'une fois, à diverses époques de ma vie , tant pour désigner mon héritier qu'afin de pourvoir aux besoins de mes servi* teurs et légataires, ainsi qu'à plusieurs affaires d'importance , considérant que , vu la mort de mon bienaimé frère André et celle d'autres personnes qui m'étaient chères, vu encore le changement de circonstances , mes dispositions précédentes ne peuvent plus subsister dans la manière et la forme qu'elles ont, je me suis décidé à le§ révoquer, à les annuler et à faire un nouveau testament avec les changements opportuns. Me prévalant donc du privilège que je possède, en qualité de cardinal de la sainte Église romaine, de pouvoir tester sur simple feuille,

profitant aussi de l'induit que Sa Sainteté ie pape Pie VII m'a communiqué par bref , maintenant que je suis sain d'esprit et de corps, je fais mon dernier testament sur ces feuilles (à moins que je ne me décide à le changer en un autre postérieur, dans le courant de la vie qu'il plaira encore à Dieu de m'accorder) , avec l'expi^esse déclaration que toutes les autres feuilles de même date ou de date postérieure au testament, écrites de ma main et signées par moi, et contenant une disposition quelconque à exécuter après ma mort , font partie intégrante de mon testament,

» Et d'abord je recommande humblement et chaleureusement mon âme au Seigneur très-clément, en le priant par les mérites de son divin Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui m'a racheté au prix immense de son très-précieux sang, par l'intercession de la très-sainte Vierge Marie et des Saints, mes patrons, de la conduire en un lieu de salut, et de me pardonner dans sa miséricorde infinie mes très -graves péchés.

» Je veux qu'on fasse célébrer pour le repos de mon âme , dans le plus bref espace de temps qu'il SQra possible , deux mille messes , destinant une aumône de cinq paoli pour chaque messe célébrée en présence de mon corps, soit à la maison, soit à l'église, et de trois paoli pour chacune des autres messes à célébrer à Saint-Laurent hors des murs , à Saint-Grégoire et dans d'autres églises pu se trouvent

des autels privilégiés avec indulgence spéciale , selon l'indication de mon héritier.

» En expiation de mes péchés , je laisse à 4îstribuer en aumônes la somme de trois mille écus. Cette distribution sera faite avec la plus grande sollicitude possible par mon héritier mentionné ci-dessous. Il aura soin, avec Taide de M. Jean Giorgi, mon trésorier, et Jean Luelli, mon majordome, personnes qui me sont très-attachées , de consulter les curés et de vérifier quels sont ceux qui ont vraiment besoin de secours. Les pauvres de ma paroisse seront spécialement préférés à tous les autres.

» Sa Sainteté Notre Seigneur le Pape le permettant , mes obsèques auront lieu avec la décence convenable dans l'église de Saint-Marcel au Corso, où se trouve la sépulture de ma famille. Me souvenant de la promesse que j'ai faite à mon bien-aimé frère André au lit de mort , lorsque , dans les derniers moments de sa vie , il me demanda qu'en signe du trèstendre amour qui nous avait liés durant la vie , nos deux corps fussent réunis dans la mort et renfermés dans le même sépulcre, je veux que si, à mon décès, ce sépulcre ne se trouve pas déjà préparé par moi , mon héritier en fasse faire un très- modeste, et qui contiendra le cercueil de mon frère et le mien. »

Après avoir pourvu aux besoins de son âme , réglé sa sépulture et spécifié avec une attention toute particulière les prières qu'il exige pour son salut, le cardinal Censalvi détermine les legs qu'il accorde à ses

Serviteurs. Aucun d'eux n'est oublié; ils trouvent tous dans la gratitude de leur maître une aisance assurée pour le reste de leurs jours. Il s'occupe du payement de ses dettes; puis, par un touchant souvenir, le Cardinal pense aux èmes des personnes qui lui furent chères et qui le précédèrent dans la tombe, et il écrit :

(c Dans ce feuillet, qui fait partie de mon testament , je laisse à prendre sur mon héritage la somme nécessaire à la célébration de :

» Cinquante messes chaque année, pour le repos de rame de ma mère, la marquise Claudia Consalvi, née Carandini, à célébrer dans l'église de Saint-Marcel au Corso, le 29 avril, jour anniversaire de sa mort, avec l'aumône de trois paoli.

» Cinquante messes chaque année, pour le repos de l'âme de la princesse Isabelle Ruspoli, née Giustiniani, à célébrer darts l'église de Saint-Laurent in Lucina^ le 25 août, jour anniversaire de sa mort, avec l'aumône de trois paoli.

» Cinquante messes chaque année, pour le repos de l'âme de la duchesse de Ceri, Catherine Odescalchi, née Giustiniani, à célébrer dans l'église des Saints- Apôtres, le 24 novembre, jour anniversaire de sa mort, avec l'aumôna de trois paoli.

M Cinquante messes chaque année, pour le repos (Je l'âme de la marquise Porzia Patrizi, à célébrer

dans l'église de Sainte-Marie-Majeure , le

jour anniversaire de sa mort (puisse Dieu prolonger

longtemps ses jours!), avec l'aumône de trois paoli. - » Cinquante messes chaque année, pour le repos de l'âme de la duchesse Constance Braschi , née Falconieri, à célébrer dans l'église de Saint-Marcel au Corso , le 1 7 juin , jour anniversaire de sa mort, avec l'aumône de trois paoli.

» Cinquante messes chaque année , pour le repos de l'âme de D. Albert Parisani, à célébrer dans l'église de Saint-Marcel au Corso , le 26 novembre , jour anniversaire de sa mort, avec l'aumône de trois paoli.

» Cinquante messes chaque année, pour le repos de l'âme du célèbre maestro Dominique Cimarosa ' , à dire dans l'église de la Rotonde, le 1 1 janvier, jour anniversaire de sa mort, avec l'aumône de trois paoli.

)) Trente messes chaque année, pour le repos de l'âme de Philippe Monti, mon domestique, à célébrer dans l'église de Sainte-Cécile in Transtevere, le P*^ mars, jour anniversaire de sa mort, avec l'aumône de trois paoli.

^ Ce pieux souvenir et cet hommage de prières accordés à Domi* nique Cimarosa, mort depuis plus de vingt années, ont quelque chose de véritablement touchant. Le grand compositeur, que le cardinal Consalvi, aussi bon juge en musique qu'en poésie et en peinture, appelait le Raphaël de «l'harmonie, avait été l'un de ses plus chers amis. En rédigeant ses volontés suprêmes, Consalvi associe le maestro à tous ceux qu'il aima et honora sur la terre. Il fait mieux : après avoir, pendant sa vie, veillé au sort des filles de Cimarosa, il veut pourvoir à leurs besoins jusqu'au delà du tombeau. Deux legs de son testament prouvent qu'il ne les oublia point.

» Désirant donner un souvenir à tous les membres de la secrétairerie d'État, et ne pouvant disposer d'assez d'objets pour tant de personnes, je me propose de laisser à chacun d'eux quelques ouvrages de ma bibliothèque , qui leur seront remis (ainsi qu'à M. le comte Celano) par mon héritier fiduciaire, d'après les instructions que je lui en laisserai, dès que j'en aurai moi-même fait le choix.

» Ayant dans mon testament, écrit tout entier de ma propre main et daté de ce même jour, nommé et institué mon héritier fiduciaire, Mgr Alexandre Buttaoni, promoteur de la foi, avec charge de remettre en temps et lieu l'héritage à mon héritier propriétaire, je déclare par ce feuillet, (jui fait' pai'tie de mon testament, ne rien posséder qui, en vigueur du motu proprio du 6 juillet de l'année 1 81 6 , ne soit parfaitement libre de toute charge et de tout fidéicommis; et je nomme, institue, déclare mon héritier universel de tous et de chacun de mes biens, créances, droits , la Sacrée Congrégation de la Propagande de la foi , à laquelle néanmoins j'interdis formellement et de la manière la plus expresse la détraction de la quatrième Falcidia, de quelque manière et à quelque titre que ce soit.

» J'entends, je veux, je déclare que, tant que vivra un seul de mes serviteurs gratifiés par mon testament , ou de ceux qui ont reçu un legs annuel à vie , la Sacrée Congrégation ci-dessus nommée ne puisse jouir (excepté de ce qui sera indiqué plus bas)

de mon héritage , ni en prendre en aucune manière Ta^lminist ration 9 voulant que cette administration soit laissée entière et libre aux màiift de mon héritier fiduciaire, Mgr Alexandre Buttaoni (ainsi qu'aux mains de celui ou de ceux qui lui succéderont dans son administration). Non-seulement je le dispense de faire un inventaire légal , mais , pour éviter les frais voulus pour cela, je le lui défends; il suffit qu'il dresse une simple liste des biens tant immeubles que meubles (quoique pourtant ces derniers doivent être aliénés et convertis en espèces , pour satisfaire aux charges indiquées au feuillet, lettre E, annexé à mon testament, ou dans mon testament même), liste qui, vu la probité reconnue dudit héritier fiduciaire, devra faire pleine foi,

» Afin que la susdite Congrégation de la Propagande commence dès ma mort à ressentir quelque effet de mon héritage , je veux qu'à partir de mon décès elle jouisse d'une somme annuelle de 600 écus, qui lui seront payés par mon héritier fiduciaire, administrateur de mon héritage , par échéance mensuelle ou tous les trois mois , si le manque de fonds ne lui permettait pas d'effectuer les payements mensuels aux serviteurs légataires et d'acquitter les 50 écus par mois, correspondant à la somme de 600 écus assignés plus haut à la Sacrée Congrégation.

» Quand, par la mort successive de la majeure partie de mes serviteurs et légataires annuels, les fonds de mon héritage permettront d'accroître la

somme de 600 écus déterminée plus haut, mon héritier fiduciaire pourra (sans pourtant y être positivement obligé) verger dans la caisse de la Sawée Congrégation la nouvelle augmentation qu'il jugera pouvoir remettre, après avoir satisfait aux charges accessoires et aux dispositions reçues de vive voix.

» Après la mort de tous ceux qui dans mon testament ont été gratifiés et des annuels légataires , mon héritier fiduciaire devra consigner à la Sacrée Congrégation l'héritage alors existant.

» Je déclare en outre que la susdite Congrégation ne pourra jamais obliger T héritier fiduciaire, ou celui qui lui succédera, à donner la fidéjussion; comme aussi elle ne pourra le contraindre à rendre compte de sa gestion, ni à révéler les dispositions reçues de vive voix ou par écrit de moi, confirmant même dans ce feuillet ce que j'ai plus amplement dit sur ce sujet dans mon testament.

» A peine entré en possession de son titre , mon héritier fiduciaire, pour prévenir le cas possible (puisse Dieu conserver longtemps ses jours!) d'une mort qui ne lui laisserait pas le temps de nommer son successeur dans l'administration de mon héritage, devra, en vertu du mandat reçu, nommer son successeur dans un écrit qui sera déposé clos et scellé . dans un office caméral, pour être ouvert après sa mort ; et j'entends imposer successivement la même obligation aux autres administrateurs. Si les premiers venaient à manquer avant la mort de mes serviteurs

et autres légataires , et dans le cas où quelqu'un de ces administrateurs eût négligé ou eût oublié de faire la nomination de son successeur, prescrite plus haut, je prie le doyen du tribunal de la Rote, dont j'ai eu riionneur d'être membre, de prendre luimême cette administration, et d'accepter l'annuelle rétribution destinée à l'administrateur, et ainsi successivement jusqu'à l'époque indiquée plus haut,

» Je ne crois pas pouvoir mieux disposer des tabatières précieuses qui, durant le cours de mon ministère, m'ont été données par divers souverains, et que j'ai conservées par respect et reconnaissance envers les augustes donateurs, qu'en en faisant autant de legs en faveur des maisons et établissements qui sont le plus dans la nécessitéi Je suis à chercher une meilleure distribution de ces objets; mais dans le cas où je viendrais à mourir avant de l'avoir définitivement arrêtée , je maintiens celle-ci , qui , dans le moment, me parait la plus convenable.

)) Je laisse à l'hospice catholique de Saint -Michel a Ripa la tabatière précieuse h"* 2, avec portrait de Sa Majesté le roi de Prusse, entouré de brillants;

» Au couvent des religieuses capucines de Monte- Cavallo la tabatière précieuse n** 8 , avec portrait de Sa Majesté le roi d'Angleterre, entouré de brillants;

» Au couvent de Saint-Urbain la tabatière précieuse n"* 1 1 , avec portrait de Sa Majesté, l'empereur de Russie, entouré de brillants;

» Au monastère des religieuses capucines, à la

Madona dei Montiy la tabatière précieuse n** 10, avec portrait de sa Majesté T empereur de Russie, entouré de brillants;

» Au monastère de Saint-Égide in Tramtevere la tabatière précieuse n*" 7 , avec portrait de Sa Majesté l'empereur d'Autriche, entouré de brillants;

» Au monastère des Ursulines la tabatière précieuse n"* 9 , avec portrait de Sa Majesté le roi de Bavière , entouré de brillants ;

» Au monastère de l'Enfant-Jésus la tabatière précieuse n" 4, avec portrait du roi d'Angleterre entouré de brillants ;

» Au monastère de la Madeleine, à Monte-CavallOy la tabatière précieuse n* 12, avec portrait de Sa Majesté le roi de Prusse , entouré de brillants ;

» Au monastère des Baptistines, à Saint-Nicolas de Tolentino, la tabatière précieuse n* 1 4, avec portrait de Sa Majesté le roi de Wurtemberg, entouré de brillants;

» Je laisse au monastère des Ginnasi la tabatière précieuse n** 1 3, avec portrait de Sa Majesté le roi de Bavière, entouré de brillants;

j) Au monastère de Saint-Bernardin de Sienne aux Monts la tabatière précieuse n* 1 5 , avec les initiales E. V. de Sa Majesté le roi de Sardaigne, entouré de brillants.

» Pour que mon héritier fiduciaire fasse construire la façade de VAra-Cœli^ lant pour l'ornement de l'église que du Capitole, je laisse la tabatière pré-

cieuse n* 1 , avec portrait de Sa Majesté le roi des Deux-Siciles , entouré de brillaats.

» Pour que mon héritier fiduciaire fasse construire la façade de l'église de Saint- André délie Fratte, je laisse la tabatière précieuse n"" 3, avec portrait de Sa Majesté Fempereur d'Autriche, entouré de brillants.

» Pour que mon héritier fiduciaire fasse achever la façade de l'église de la Consolation, je laisse la tabatière précieuse n° 5,. avec portrait de Sa Majesté Très-Chrétienne, entouré de brillants, et la tabatière précieuse n"" 6, avec portrait de Sa Majesté l'empereur d'Autriche, entouré également de brillants.

» Tant pour le legs destiné à l'achèvement de la façade de l'église de la Consolation que pour les deux legs précédents destinés à la construction des façades de l'église de VAra-Cœli et de l'église de Saint- André délie Fratte, je déclare expressément que si, pour quelque motif et de quelque part que ce soit, on vient à déroger en quelque point à ma volonté et à changer en tout ou partie mes dispositions , les trois legs ci-dessus seront par le fait même abolis, cassés, abrogés et annulés, et mon héritier fiduciaire devra, dans ce cas , employer la valeur du legs ou des legs abolis, cassés, abrogés et annulés en secours et aumônes en faveur des pauvres et honnêtes familles, et des pauvres hospices désignés dans les instructions que je lui ai laissées. Je prie que, dans les mo-

nastères et les couvents, on récite tous les soirs les litanies de la bienheureuse Vierge , et deux De profundisy un pour le repos de mon âme , et l'autre pour le repos de l'âme de mon frère André, et je prie encore que l'on fasse la sainte Communion les jours anniversaires de ma mort et de la sienne , qui arriva le 6 septembre de l'an 1807.

» Je prie très-humblement Sa Sainteté de daigner accepter , comme un faible témoignage de mon dévouement et de ma reconnaissance, le tableau de la Chananéenne *.

)) Je laisse à Son Éminence le cardinal Délia Somaglia le tableau peint par Canova, avec la somme requise pour l'achat d'un cadre convenable;

» A Son Éminence le cardinal Spina l'anneau à un rubis entouré de brillants ;

» A Madame la comtesse d'Albany l'anneau avec diamant paille ;

» A Monseigneur l'ancien évèque de Senez (M. de

^ Pie VU ayant précédé dans la tombe son secrétaire d'État , le cardinal Consalvi, pour témoigner de son heureuse réconciliation avec le nouveau pape Léon XU, lui transmet en ces termes le même tableau , œuvre de Guido Reni :

(( Au feuillet lettre N , en date du i^^ août 4822, qui fait partie de mon testament de même date, j'avais laissé au Souverain Pontife Pie Vn le tableau de la Chananéenne. Comme Pie Vil est mort, je prie humblement Sa Sainteté Léon XII de daigner accepter ce tableau , que j'ose lui offrir, comme témoignage de mon respect et de mon dévouement.

» E. Gard. Consalvi.

«Rome, 6 octobre 1823. »

INTRODUCTION. ÎOd

Bonneval) 200 onces d'argent et le tableau des trois cathédrales de Paris , Londres , Vienne ;

» A Dom Pio Braschi une pendule de salon en bronze doré, et, après sa minorité, mon jardin de Ponte-Rotlo^ dont prendra soin, en attendant, mon héritier fiduciaire ;

» A Monseigneur Alexandre Buttaoni , trois cents onces d'argent et le portrait de Pie VII peint par le célèbre Lawrence ; .

» A Monsieur le général de brigade comte Parisani , mon cousin , une pendule de salon en bronze doré , deux petites pyramides de jaune antique et une médaille commémorative des batailles du duc de Wellington ;

» A Madame la comtesse Claudia Aluffi Carandini , ma cousine , la tabatière d'or GridelUno et ma montre ;

» A Monsieur le comte Félix Aluffi, son mari, une tasse avec la soucoupe de porcelaine de Sèvres ;

y) A Monsieur le marquis Joseph Carandini , mon cousin , une pendule de salon en bronze doré ;

» A Monsieur le marquis Paul Carandini , mon cousin, une pendule de salon en bronze doré.

» Je laisse à Madame la marquise Porzia Patrizi Montoro Tanneau d'émeraude avec brillants ;

» A Madame la marquise Marie Crispolti, sa fille, un souvenir;

» A Donna Virginie Chigi Grimani, la boîte à mur

sique en écaille de tortue et un camée antique ; I. . u

» A Monsiear Michel Grimani, son fils, le service en porcelaine de Sèvres et un sceau fait d'une topaze d'Angleterre ;

» A Madame la princesse de Téano , née Chigi , le tableau de saint FrançcHs;

)) A Madame la princesse de Piombino , née Odescalchi, la dentelle qui me fut donnée à Paris eo i801 y et que je n'ai jamais portée ;

» A Madame la princesse Chigi, née Barberini, une cassette anglaise avec divers objets d'argent, cristal et d'écailie de tortue;

)) A Madame la marquise Artémise de Brignole Sale , la dentelle à point d'Angleterre ;

» A Madame la princesse Thérèse Gaetani, un petit temple avec huit colonnes d'agate orientale;

» A Madame la duchesse de Devonshire, une tabatière de pierre dure de Florence ;

» A Madame la marquise de la Rianderie, à Paris, un camée nacré de jaspe couleur de sang ;

M A Mademoiselle Alexandrine, sa fille, un médaillon en camée;

» A Madame la baronne de Guignicourt , à Reims , une écritoire en écaille de tortue , avec arabesques d'argent doré, et divers objets d'or contenus dans l'intérieur;

» A Madame la comtesse Sandwich, à Londres, l'obélisque sculpté en bronze doré ;

» A Lady Mathilde Ward , la colonne Trajane historiée en bronze doré ;

» A Monsieur le chevalier Charles de Thuîsy, à Paris , la tabatière couleur pourpre , avec camée , et un sceau fait d'une topaze d'Angleterre ;

» A Monsieur le marquis Antoine Canova, une pendule de salon en bronze doré ;

» A Madame Joséphine Lion, à Reims, un souvenir;

» A Monsieur le comte Celano, une pendule de salon et deux grands chandeliers d'argent; .

» A Monsieur Pierre Filippanî,, 150 onces d'argent;

» A Dom Joseph Gesarini , le rochet des demisolennités et une tasse avec soucoupe de porcelaine de Sèvres ;

» A Monsieur le chevalier Mamo , 1 00 onces d'argent et le petit portrait de mon frère peint par lui;

» A Monsieur Dominique FiRppetti, 200 onces d'argent ;

» A Monsieur le chanoine Graziani, 60 onces d'argent;

» A Monsieur l'avocat Gîorgi, 100 onces d'argent;

» A Monsieur le docteur Bomba, 60 onces d'argent et 40 onces pour les soins donnés dans la dernière maladie ;

» A Monsieur l'abbé Capaccini, une pendule de salon en bronze doré et 200 onces d'argent;

» A la famille Parisani , le capital de 3,000 écus dû par le comte Fabrizi de Terni ;

» A Monsieur Tabbé Boncard (de Béziers), la taba-

tière d'or émaillée et deux petits chandeliers de marbre avec figurines de bronze doré ;

» A Monsieur l'avocat Corradini , 200 onces d'argent et le buste en plâtre de mon frère André ;

» A Monsieur Jean Giorgi, 150 onces d'argent et la' pendule en marbre blanc avec deux colonnettes de marbre roux antique ;

» A la religieuse Cimarosa, au monastère de l'Enfant Jésus, 100 onces d'argent et la tabatière avec portrait de son père; de plus, la rente annuelle de 40 écus portée à 80 dont il est question dans le testament ;

» A Pauline Cimarosa, 1 00 onces d'argent et toute la musique de son père , avec son grand portrait , le tout franc de port jusqu'à Naples; de plus, une rente viagère de 72 écus par an ;

» A mon confesseur , 60 onces d'argent et 40 livres de chocolat;

» Au maître de musique Angelini , le piano allemand à plusieurs registres et la tabatière dont se servait Cimarosa dans sa jeunesse;

» A Monsieur Joachim Provenzali , mon maestro di caméra^ 200 onces d'argent et un ouvrage théologique de ma bibliothèque , au choix de mon héritier fiduciaire , et ma montre d'or à répétition avec chaîne d'or;

» A Monsieur Jean Montechini, mon caudataire, 1 00 onces d'argent et mon autre montre d'or avec chaîne d'or;

» A Madame Victoire Astolfi , 200 onces d'argent, déjà inscrites dans le testament, et le petit anneau de pâte bleue avec petits brillants; de plus, le legs annuel de 36 écus par mois;

)) A Monsieur Jean Luelli , les douze paysages de Locatelli, le réveille-matin avec caisse de bois, le grand cadre avec portrait de mon frère André ; de plus, le legs de 1 ,000 écus inscrit dans le testament, et l'autre legs de 30^écus par mois;

» A Laurent Rotondo, mon valet de chambre, 200 onces d'argent et le réveille-matin à boîte d'argent; de plus, le legs annuel, de 20 écus par mois inscrit dans le testament.

» Considérant qu'il serait grandement inconvenant qu'un Pontife de tant de célébrité, qui a si bien mérité de l'Église et de l'État , comme Pie VII , n'eût point après sa mort (puisse Dieu prolonger ses jours !) un tombeau dans la basilique Vaticane, comme semble l'indiquer la médiocrité des revenus qu'il laisse à ses neveux; mû par mon dévouement et mon attachement à sa Personne Sacrée, inspiré par la reconnaissance que je lui dois comme premier cardinal de sa création , <:omblé des bienfaits de sa souveraine bonté , j'ai résolu de lui faire ériger un mausolée à mes frais dans la susdite basilique.

» Dans ce but, j'ai tâché de faire des économies suf les dépenses annuelles destinées à mon entretien, et de réunir une somme de 20,000 écus romains. Si je mourais avant Sa Sainteté , comme je le désire ,

mon héritier fiduciaire reste chargé de consacrer la somme fixée à Férection de ce tombeau , dont l'exécution sera confiée au ciseau du célèbre marquis Canova, et, à son défaut, au célèbre chevalier Thorwaldsen, et, sL celui-ci ne pouvait l'exécuter, à un des meilleurs sculpteurs de Rome.

» L'inscription suivante sera gravée sur le tombeau :

PIO VII, CHâRâMONTIO, CCESENâTI, PONTIFIGI MAXIMO, HERCULES, CARDmALlS GONSALVI , ROMANUS ,

AB ILLO CREATDS.

» Le tombeau aura trois statues : sur Fume celle du Pape, aux deux côtés celles des deux vertus, la Force et ta Sagesse.

«Rome, 4<»- août 482S.

» Signé: E. Cardinal Gonsalvi. »

L'homme est connu , et bien connu , par ses correspondances et par son testament. Laissons-le maintenant nous initier par ses récits aux principaux événements de sa vie.

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