CHAPITRE ni
Dubois amoitreux. — La veuve Annette. '^ Dubois et le duc d'OrK?ans rivaux. — ^ La vitre cassée. — Portrait d'Annelte. — Samuel Bernard; sa? laideur. — Les iSeux chalands. — iPropositiou de mariage. -■- Les demoiselles Loysoifs. — Lo%faux mariagç. -^ Bigamie. — Le souper des tioces. — ^ Les droits du mari. -^ Le remplaçant. — Le lendejnain matin. ^^ Firmes engagées. — Le ifiari et ramant. -^ Annu^tte à^Surêoes.* — Tentative dç Samuel Bernard. — IWort de h veuve. — Lettre de'M™* Dubois. — Vanité d*un })anquter.
Je -mè croyais capafbledetput^ exeepté de devenir amoureux*; c'est une aV^entureque^e me i*eprocherai toute nia vie, quaBd*jè vivrais ceot ans. Cependant j'ai agi comme je^evais dans cette affaire; ceintes la fauten'eaestpasàlabisi je me suis passionné pour une femme ^ui tïe m'appartenait que par procuration, et qui me haïssait autant qu'elle en aimait un autre. Il est Vtai* qti'à cette
DU CABBINAL DUBOIS. 67
époque je n^étais encore queFabbé Dnbois tout court^L'amour n'était alors qu^une folie pcrnr moi, anjoBrdMiQÎ ce serait une fauté très^grave.: eu devenant iôajpdinal^ ]^y ai mis bon ordre.
J'avais, stndieiisement exploité le Palais-Marchand €iu profit du duc d'Orléau!^ pas de fille ou dilemmes 6rilelles^ excepté uD6|)ourtant^ nommée Annetie, b)*odeuS6 de son état; elle était veuve; du vivant dU son mari j'avais perdu moji téhips et mes peines auprès de cette v^tû Imprenable; mais le mari mort^ je cbmBjèncai mes poursuites dé ma-* nière a lui prouvef que j'aHenaais lin jfx^sultat non équivoque. Plus je rencobtrais de difficultés^ plus je songeais à £f)ire bonneur au Prince de cette glorieuse déffliite. il faut lé dire pour la gloipe des femmes^ elle n'écoutait pas mes belles phrases^ refasait mes cadeaux , et m» décourageait par des paroles fort dùrés.Elle s'embarrassait peu que je loi acbetasse oi\ non ses marcliandiâes, et ne se croyait pas pour cela mon obligée.
« Parbleu^ me dit un jour 1^ duc d'Orléans, que je tympanisais'des attraits de 'ma veuve^ l'envie m'estve0tie ^e la voira force de f entendre parler
d'elle.-
6$ MÉMoiasa
• — Eoi^rvu, Monseigneur, qu'une envie n'en amène ^as une £^itrè. - ' • /
— ]Ën..attendant^ mène-môi chez celte merveille du Palais ; Dieu fasse que ce ne soiVpBsiiqe vertu de la force de nôtre quioc^iillière!
. — ^Noij, Mon^eigmsur^ )e Taime trop pôwr vous la cé(Jer. ■. . . ' • / ^ ^ . ^ i
« «—Je ne*demande pas que tu me la cèdosi puisque tu ne Tas pas. . »
— Pas encore, MMseigneur.' ' — ^ Alors^ lu me -permettras de me mellre sur les rangs. * * . - * ■ ■ ^ \ —•Je preveis.que vofts me mettrez b'ieHlôt à Fécart» "^ .
*— . Tu as Pair tmiotir eux , j'en frémisr » — Et moi danc, j'en frémis bien davantage, m !Nous endossâmes encore une fois les nOncis et les habits de Dutrotet de Lucas; 1^ quincaillier avait quitté le Palstis-Marchand avec sa femme e% sa quincaillerie; nous ne craignions pasrd'étre re J connus. D'après le i)lan qye j'avais imaginé^ U Prince, enpassafit devant la boutique d'Annettei brisa une vitre à dessein: il entra bjmsqueBaexxt avec un faux air de désespéré:
DU CARDINAL DUBOIS. Cg
t( Mon Dieu! madaïAe^ dH-U en se couvrant les yeux, je suis un'grandxnal^dtoit*
«r-^Vminent oui, ajoutai-je, monAUii, qui déiiarque du coch e 3e Ljfon^ n'a pas exfcore les belles manièm e^rhabitade de Paris.
•>— M^demoiseUe, je tous prie de faire réparer le dégat^ interrompit le Pjrmce en fui présentant S9, boîiKe^ '
— Ne VQjis étonnez pas, répli((uai*je; s'il vous traite de mademoiselle', il ne sait ce qre c^est qu'une veuve. \
— Messieurs^ reprit-elle d'un froid à glacer le cfa^iud galaot, il saiBt que ce petit malheur soit arrivé par mégàrde pour que je vous en tienne quitte^ vous remerciant de vos ezcpses.
— Le mal e$tfait, il faut le réparer, continuait le Dnc en tendant sa bourse pleine d'or.
— • Êtes- V.OUS fou? lui disrjc pour l'cm pêcher de se découvrir; Â combien de louis estimez-vous an vitrage? envoyez plutôt quelqu'un pour le remçttre; vous le permettez^ MT Annette?
— De grand cœur^ s'il ne tient qu'à cela pour vous rendre contens. »
J'entraînai Son Altesse Royale, qui, dans l'é-