‹ Mémoires du cardinal DuboisChapitre 8 sur 10 · MÉVOIRES · texte numérisé non relu

MÉVOIRES

' .y. ^t dans mon ambassade : aussi^ de désespoir, ài-je £siUii.me jeter dans le cana:! de Mardîck. » • * .

JËDfîn, apr^s des contrariétés de tontes sortes, 1â convention particulière entre^ la F]:aDce et

1! Angleterre, contenant le projet d'alliance .à con- ,.*■'» *• ' - • • * ' ■ '

dure avec la Hollande, fut signée le a8 novembre

a mmuit. • -

, (^ Messiehra, dis-jé alors à Cadhogan et à

Walpole, si jedeviens roi de Fi'ance, je me sod-

•viendrai de vos bons offices.

;-^ En.attendîibt mieux, répondit Waïpole,

M.Tab^bé, donne»-nous*J'absokilion. »

Le, plus grand obstacle à cette signature avait

été la dénominatioif de regém J^anciœ que lord

Câdhogaa s'obstinait ^ ajouter dahs l'exemplaire

îatin du. traité ad titre du roi xl* Angleterre. Cette

mîîiutie de sa part venait de lafrayeur qu'il avait

d'être mis en jugement |)ar la parlement guv le

plus léger prcte^lîé./La Holla^idi^ allait nous

.écli^pper, tant les agens, de l'Empereur disposaient à Içur gré des\Etats généraux. Impatient de ces leûteurs interminables, le Régent écrivit à' M. de-'Châteauneufde cesser toutes démarcbes

si le goavernefuent hollandais ne se d^erniin^it pas à fixer le jour de la signature. Le maréchal d'Huxelles se 'flattait de me dégoûter en donnait par cette lettre à l'ambassadeur ordinaire , l'initiative de la négociation. Je répondis de. mon chef ji ijue le 4 janvier tout serait signé, et j'arrivai à ce résultat à force de prières, d'^importuaités et de finesses^ Son Altesse royale reçut la nouvj&lle delà signature en même temps qu'une (ie'pêche où ce. pauvre M. de Châteauneuf * lui marquait que tout était rompu. H né me l'a pas

pardonné, ce pauvre M. de QiâleàuneuP. . ' *** *

Lé 1* janvier 1715^, dès six heures an matin, ■• * • ** ' .

Lavergne^ assez cl aif voyant pour <leViner l'issue

de ma'négociation^ vint m'ofTrir ses félicitations et des vers dè'sa façon avec 'un emblème représentant le vaisseau de la FrâncQ vogaanl a pleiinés voiles sous l'influence de mou étoile. Cette lé^enàe : Ifôc'ducé tute ! fixjAimvàit l'intention de l'auteur. Il commença d'une Voix emphatique à me réciter ses vers/ qui commençaient ainsi :

lUustre ambassadeur, dont le vaste génie Fait mouvoir les ressorte de notre monarbhle,

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Toi qa^uD sage Ré^eot par soa très-digae choix Bendle dispensateur et l'arbitre des lois, ^ Je ne veux pas ici qu'un encens ridicule

Compare tes travaux à ceux d'un vain Hercule...

« Malpeste ! dis-je en rinlcrrompant , la flatterie est un peu forte pour un pauvre homme affligé d'une rétention d'urine. J'aurais. accepté l'élogeil y a vingt ans, mais aujourd'hui je n'en .iKittX'pas.

— Vous l'entendez mal; Monsieur^*» reprît Lavergne tout cunfus.

Je .tipai ma "bouree parVun hçau mouvement de généf osité;j mais qui ne tint pas contre la réfle:^ion|,je^ pensai qu'il était pernicieux â'encourager un secrétaire à faire de- râécbans vers, et jefigjsemblant de jouer avec les cordons de cette bourse si tantaute : u Herçulel » répétai-jè ert ricanant au hez dé mon poéto. ^ort attentif à tbus mes mouvemens et au son de l'or.

a Mon cher Lavergne^ lui dis- je enfin^ voili six louis...

— Merci mille fois, Monseigneur.

— Tu les remettras de ma part à M"* Du-

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noyer^ qui me viendra complimenter ce matin : ne l'oublie pas^. mon ami. )»

Il fut plus d!un ^onr à revenir de sa surprise ; mais je ne l'y repris plus.

La signatuf e définitive eut lien le lundi 4 jan^ vier avec toutes les formalités d'usage : ma joie se signalait par mille foires^ et j'embrassais, le^ krmes à l'œil, les {ilus minces valets. J'étais j^yé au centuple de toutes mes perplexités , et je me comparais, à Thésée vainqueur du Minotaure* L'£nipei:Bur.se f&t scandalisé de la comparaison comme moi dç cçlle d'Hercule. En vérité, cette triple alliante n'était pasua )eu d'enfans, et je doute qu'un «utre en fût venu à bout. Le Régent m'çn complimenta par deux lettres, l'une politique , l'autre particulière- Cette dernière est de sa main.

M Mon cher abbé, vous aveî; sauvé la^France^ ».le duc d'Orléans vous embrasse, le Régent ne » sait coinment'vous récompenser ^ j'ai fait part » au Roi du service éclatant que vous venez de n lui rendre j. il m'a répondu avec une naïveté de M son âgç : Je ne croyais pas que les abbés fus-

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» sentau^si utiles. Hâtez-vous de jouir de voli'c • n triomphe, car je m'aperçois de Votre -absence » au f*alais-RoyaK Faites à* pVésent une longue » alliance 'avec la santé et la vie. h

» Philippe d'Oaléans. ^ ■

Le maréchal d'Hùxelles etmes zoîles détourné' .rbQt ces nobles intentions, je fûft sacrifié. Cep'endaht le pauvre M. de CbâteauneuF, qui se faisait honneur du traité, donna un splendid^ dîhcî'aux Etats de Hollande et aux agens .de TAnglelerre. Sa cuisiné était plus habile que toute sa diplo* matic. Lord Gadhogan avait ia place d'honneur: les sept députés des Etats généraux à ses cotés, et moi vis à vis eiïtre le marquis de Châ|^auneuf et Castagnèrè. Le repas fut plus gai que ceux de ce genre : je donnai l'élan à la conversation, qui

se perdit en drôleries et en gentillesses. Ces lour-

des madiines hollandaises riaient de ma gaîté expansive, et lord Gadhogan ne s'arrêta pas en se. gorgeant de fromage. Le lendemain de ce jour de fête, je fus écrasé par un rude coup auquel je ne m'attendais pas. Le pauvre M. dé Châteauneuf qui, au dîner de la veille avait recommencé

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JQsqu^à soViété Thbtpire d\i Cliâteauoeuf, rivai de Richeliea^ reçut un orjcfre p/trirculief du Rëgent pour aller ûégocièr un «traité d'amitié ôt d'anioni avec le czar Piç!rrel%qui Retrouvait à,Anistër.* dam. Ce fut pour moi' un jifFront dont je poAai raDcuné à Son Altesse* royale eltertpéme; maisrj'ai su depuis que d'Huxelles.et de ïcyçy àv^ent tout fait^ tant ils craignaient qu^ je^'^éussisse ^ans cette seconde ambassade si facile^ quelle pauvre M. de Cbafeauneufy^pr^s avoir eu Thoiiaeiar dé régajer le Gzar^ $içna Te traité âVoc 1« comté'de Geloskin, le baron ilèScafBrofFet et M. Tolstqy. Il est vrai que cette signature n'eut li€^u'qu!au oiols d'ao&t suivuût, après que Ja négociation eut été ébauchée à Paris pendant le séjour du Czar. l'avoue que je ne supportai pa$ cetaffronipatiemr luent. Dans l'explosioii de mon i^idignation', j'écrivis asse£ brutalement à Son Altesse royale.

»Vous ^pe savez ni ce que vous voulez ni ce »que vous faite»: ne devriez-vous gas être coa- »lei;Lt de la. triple, alliatice qui vous assure vo^ ^ droits à la succession? Pourquoi vx)ns amuser à

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» des vétilles.et à*dc pareilles J;>aga telles? A quoi » boti ralliance de rcmpereur dç toute» lés Ras- »$ie&^ uD'grojs pied^ plat de charpeDtt^, qui a )) pour §ceptre la cognée de «laitce .Pi(2|;re I Par » uta fij je sui^ ra^yi aue le pauvre M. de Cbâ- » teauneuf ait été seuf cliarge de pette grande » entreprise., fen serais mort . de honte^ tnieux » vaudrait mjçnvoyfer' en Chine ou cli^ le roi de » Siam: eo tous cas, je ne.veux pour moi d'autre » récotppense que d'avoir ét^ exeçipt de celte » corvée, e)c.» • - . ,

Cette lettre amusa beaucoup le Priace, qiii la montra dommeigie bonnç plaiwnterie. Je scn-» tis mes/torts, et je récrivis à Son Alte6se royale •que je languinais comme le pojssop hors de l'eau jusqu'à ce que je fusse rendu au Palaîs-Royal, La comparaison du poîssoa hors de Fcaû, que j'avais faite sans malice, servit d'aliment aux cent voix de la satire : on allait jusqu'à nommer le poisson,

Cependant je donnai quelques jours an repos et au plaisir; j'allai à Amsterdam avec M ^ Wassenaer d'Obdem et d'autres personnes cli&tinguées, pour assister aux fêtes qui se donnèrent

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en rixopoeup ditCzar. Je prëfénd le r6le ùe spectateur à celui d^act^ury et jjs. ne tou1u« pas êtve préaetité à- Pierre X^S qui avait demMidé à voir le négociateur delà triple allianee. J'achetai dan$ cette ville. tommerçante du thé^ des pôrcelaiiie3 et sept chevaux -de irait. A vaut d'en partir pour retourner à la' Haye, je reçus pour lapr^odèrefoisauie lettre du r^i ^Angletei^re , que voici : ' .* \ .

« Ce séraft bion Sait à vbud/ M.* Dubois, de » TOUS trouver le lo du courant à £tellevoât<âluys^ »ou \0 dois passer en allant à liondrer. Outré » FagrQment de vous voir, je me prqpQse de vous » entretenir «Ar pIuMeircs objets: Stabbûpe vous H dUa lasatisfistctioD que j^éproov^ du cofisenle^ » ment ifpanimc^ dés Sept^-Proyincesl Si fiisàs » régent de France >« j® ^^ ^ous laisserais pas Idhg^ nteosps conseiller d'Etat En Angleterre, voue » séries ibinistre'a vanj^ trois .jours ^^ic!«

;/ . . ' 'Georôss^ roi. >

J'eus peine à contenir .Ufia joie so^^ ma dignité de négociateur^ j'eus toi accès de £erté ^e niQ

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